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Le système éducatif en Finlande : les raisons d’un succès (3 articles)

17 novembre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Focus sur le système éducatif en Finlande

Le système éducatif finlandais est vu comme l’un des meilleurs au monde. Décryptage avec Aija-Leena Nurminen, native finlandaise et enseignante de finnois à l’INALCO.

La Finlande bénéficie de l’un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. En effet, selon le classement PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves), la Finlande est dans le Top 5 (sur 70 pays) des meilleurs élèves performants en sciences, en compréhension de l’écrit et en mathématiques et la première en Europe. Depuis plus de quarante ans maintenant, le pays a développé l’école publique unique, accessible à tous les enfants. Plusieurs particularités du système éducatif finlandais font qu’il fonctionne très bien et qu’il est présenté comme un modèle à suivre. Aija-Leena Nurminen, native finlandaise et enseignante de finnois à l’INALCO nous l’explique.

La scolarité à sept ans
En mars dernier, le président Emmanuel Macron annonçait l’abaissement de la scolarité obligatoire de six à trois ans. Depuis 1959, la scolarité est obligatoire en France de 6 à 16 ans. En réalité, la mesure vise plutôt la reconnaissance de l’école maternelle, puisque 97% des enfants sont déjà scolarisés à l’âge de trois ans. Contrairement à la France, les Finlandais commencent l’école à l’âge de sept ans. Aija-Leena Nurimen explique qu’en Finlande les écoles maternelles n’existent pas, et qu’il s’agit plutôt de jardins d’enfants préscolaires où l’enfant va apprendre à vivre avec les autres enfants. « C’est très ludique, c’est justement pour que les parents puissent travailler et c’est ouvert à tout le monde » explique-t-elle. « Avant d’aller à l’école, on apprend aux enfants à travailler en petits groupes, de sorte que quand les enfants arrivent à l’école ils savent déjà comment se déroulent les travaux en groupe. »

En Finlande, on estime que jouer est très important pour un enfant. « Même si je comprends le point de vue du gouvernement français, commencer l’école à 3 ans en Finlande ça ne marcherait pas, pour les enfants le plus important c’est de jouer, pas de travailler trop tôt » raconte Aija-Leena. A noter aussi que les enfants sont à l’école 19h par semaine, ce qui leur laisse beaucoup de temps libre pour faire des activités extra-scolaires.

Le redoublement n’existe pas
Autre cas particulier de la Finlande : il n’y a pas de redoublement. La professeure de finnois précise que cela a existé pendant un moment : « On a constaté que cela ne servait à rien en Finlande, que les enfants qui redoublaient n’apprenaient pas plus et étaient plutôt démotivés. On a donc créé un système de soutien pédagogique pour éviter le redoublement » affirme-t-elle. Ainsi, si un enfant venait à échouer, l’échec est considéré comme un échec pédagogique de l’enseignement et pas de l’élève.

La Finlande a mis en œuvre dans l’éducation une aide personnalisée aux élèves qui en ont besoin. Il y a des spécialistes à disposition dans les écoles pour aider les enfants en difficulté. C’est à l’enseignant de penser avec une équipe comment contourner les difficultés d’un enfant afin d’éviter le découragement. « La formation est centrée sur la pédagogie plutôt que sur les savoirs » admet Aija-Leena.

La contribution financière de l’Etat est très importante
En Finlande, l’école est totalement gratuite. Les cours, mais aussi les cantines scolaires, les transports pour venir à l’école et les manuels scolaires sont pris en charge par l’Etat. Ce dernier finance même les études des futurs enseignants pour obtenir le diplôme exigé. Aija-Leena Nurminen explique qu’il n’y a pas d’écoles privées et que les cours se terminent aux alentours de 14h pour pratiquer des activités sportives et/ou artistiques. Elle affirme aussi qu’être enseignant est un métier très exigeant : « On continue d’avoir une formation continue toutes les semaines une fois notre diplôme en poche et même quand on enseigne ». Enfin, le nombre d’élèves par classe est restreint : ils sont entre 15 et 20. Bien que les effectifs soient restreints, l’enseignant aide et assiste chaque élève dans son apprentissage. Il y a un véritable soutien pédagogique.

Extrait de vousnousils.fr du 05.11.18 : Focus sur le système éducatif en Finlande

 

Finlande : quand les enseignants définissent et gèrent eux-mêmes les programmes scolaires

Les enseignants finlandais sont fortement impliqués dans la construction des contenus enseignés à l’échelle de leur établissement à partir des programmes scolaires nationaux. Les contenus scolaires conçus à l’échelle de l’établissement permettent de fournir un cadre commun et d’orienter le travail pratique par la définition des objectifs, contenus et méthodes d’enseignement et d’apprentissage. Ce curriculum à l’échelle de l’établissement permet aux enseignants d’organiser leurs activités de classe de manière très libre et de choisir les méthodes et ressources pédagogiques les mieux adaptées, ainsi que les techniques d’évaluation des apprentissages des élèves.
Les enseignants peuvent agir sur le groupement des élèves et sur leurs emplois du temps de façon à optimiser leur action pédagogique. Les enseignants interviennent dans les matières scolaires pour lesquelles ils se sont spécialisés pendant leurs années de formation mais ils utilisent aussi leurs connaissances et compétences pour choisir les méthodes qu’ils jugent les mieux adaptées à leur classe. Certains enseignants cherchent à promouvoir des enseignements et des méthodes d’apprentissage innovants notamment en utilisant abondamment les technologies digitales, mais beaucoup d’entre eux sont relativement traditionnels dans leur enseignement. Cette forme de conservatisme pédagogique relève d’un équilibre entre progrès et tradition exprimé dans la formule « apprendre du passé et enseigner pour l’avenir ».
Les enseignants finlandais sont encouragés à collaborer entre eux sur le plan pédagogique et ils ont des opportunités de le faire sur leurs heures de travail. Ils organisent des temps partagés pour l’enseignement, préparent ensemble les ressources pédagogiques et éventuellement interviennent ensemble dans les classes. La fête des écoles et les événements liés comme les week-end nature, les projets scientifiques, les événements sportifs, sont autant d’occasions de s’organiser collectivement et d’impliquer fortement les parents d’élèves comme les partenaires de l’école. […]

Extrait de cfcpe-edu.orf du 13.11.18 : Finlande : quand les enseignants définissent et gèrent eux-mêmes les programmes scolaires

 

Voir aussi (novembre 2017)
Education : et si on arrêtait la compétition ?

Les pays nordiques et anglo-saxons [Québec] ont adopté une pédagogie fondée sur le travail collectif. L’idée émerge à peine en France

[…] En Finlande, la palette d’activités manuelles et intellectuelles permet à chacun d’être valorisé dans un domaine
L’organisation et les atouts de ces pratiques, parmi lesquelles le travail de groupe et le tutorat, sont au cœur d’Enseigner sans exclure, le dernier ouvrage de l’enseignant-chercheur Sylvain Connac (ESF éditeur, 224 p., 24 €). « Le travail de groupe permet [aux élèves] de communiquer leurs idées personnelles, d’entendre celles des autres, de les confronter et de chercher “qui a raison”, de ne pas parvenir à se mettre d’accord et, au final, de se poser tellement de questions que les explications de l’enseignant répondent à une faim avide de savoir », explique-t-il. Les compétences ainsi développées favorisent l’acquisition de la culture écrite. Quant au tutorat, le chercheur le juge non seulement « intéressant en termes de développement de l’altruisme » mais aussi susceptible de « faire progresser chaque élève dans les apprentissages, s’il est tour à tour tuteur et tutoré », comme l’ont également montré les travaux de Claire Héber-Suffrin, docteure en sciences de l’éducation. « La meilleure façon d’apprendre, c’est d’enseigner. Avec la pluralité des savoirs scolaires, c’est possible. Il n’y a pas d’élève nul partout », ­affirme Sylvain Connac.

Extrait de mobile.lemonde.fr du 15.11.17 : Education : et si on arrêtait la compétition ?

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