Deux grandes écoles s’ouvrent aux ZEP (Le Monde)

24 septembre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Monde » du 24.09.04 : deux grandes écoles s’ouvrent aux ZEP

Les grandes écoles veulent diversifier leurs publics en s’ouvrant aux lycéens des ZEP. Les Mines et Centrale prêtes à suivre l’Essec

Comment démocratiser les grandes écoles quand on sait qu’aujourd’hui plus de 75 % des jeunes qui passent les concours pour les intégrer ont, au moins, un parent cadre ? Christian Margaria, président de la Conférence des grandes écoles (CGE), qui réunit 215 membres, voudrait faire avancer les choses. Mardi 21 septembre, il a annoncé qu’une convention est en cours d’élaboration entre les grandes écoles et le ministère de l’éducation nationale pour une extension du dispositif de l’Essec intitulé "Une prépa ? Une grande école ? Pourquoi pas moi ?".

Depuis janvier 2003, l’école de commerce propose à des lycéens volontaires de suivre pendant trois ans - de la seconde à la terminale - un programme de formation complémentaire. Tous les mercredis, pendant trois heures, ils vont à l’Essec où des étudiants et des enseignants les font travailler sur l’actualité, l’expression orale ou encore l’anglais. Par ailleurs, durant les vacances scolaires, ils suivent des ateliers avec des intervenants extérieurs qui les font étudier, par exemple, les codes sociaux. Et certains week-ends, ils partent en sorties culturelles (théâtre, expositions...). Aujourd’hui, l’Essec propose ce dispositif à six lycées classés en zone d’éducation prioritaire. 19 élèves de terminale et 25 élèves de première en bénéficient. En janvier 2005, une trentaine d’élèves de seconde devraient à leur tour entrer dans ce dispositif. Les premiers étudiants à en avoir bénéficié étant cette année en terminale, il faudra attendre 2005 pour voir combien d’entre eux choisissent d’intégrer des classes préparatoires.

Une cinquantaine d’écoles - dont certaines très prestigieuses comme les Mines de Paris ou Centrale - sont aujourd’hui prêtes à suivre le modèle de l’Essec. "L’objectif est qu’elles accueillent les lycéens de seconde en mars-avril 2005 et les suivent jusqu’à la terminale", explique M. Margaria.

L’UNEF, principal syndicat étudiant, s’est déclaré "sceptique" sur la volonté de la CGE de démocratiser l’accès aux grandes écoles. L’organisation étudiante s’était déjà opposée à l’initiative de Sciences-Po d’admettre, sans leur faire passer de concours, des candidats venus de zones d’éducation prioritaires. "Son seul mérite est d’avoir donné un coup de pied dans la fourmilière, estime Yassir Fichtali, président du syndicat. D’un côté comme de l’autre, ce ne sont que palliatifs, à la marge, effets d’affichage bénéficiant à quelques dizaines de jeunes qu’on fait parader plutôt qu’une vraie politique."
La Conférence des grandes écoles a également signé, en juin, une convention avec le réseau des "écoles de la deuxième chance", qui accueillent les élèves sortis du système éducatif sans diplôme. Avec comme objectif d’amener ces "décrocheurs" vers l’enseignement supérieur.

Virginie Malingre

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