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« Les stéréotypes légitiment les inégalités sociales », entretien avec Virginie Bonnot, psychologue sociale

11 février 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Les stéréotypes contribuent à la production et au maintien des inégalités dans notre société. Comment influencent-ils nos comportements ? Entretien avec Virginie Bonnot, enseignante-chercheuse en psychologie sociale à l’Institut de Psychologie de l’Université Paris Descartes.

Les stéréotypes contribuent à la production et au maintien des inégalités dans notre société. Comment influencent-ils nos comportements ? Entretien avec Virginie Bonnot, enseignante-chercheuse en psychologie sociale à l’Institut de Psychologie de l’Université Paris Descartes.

Comment définissez-vous les stéréotypes ? Comment fonctionnent-ils ?
Un stéréotype, c’est une croyance qui est partagée par les personnes, les membres d’une société sur les attributs, les caractéristiques personnelles, les comportements que sont censés posséder ou produire les personnes qui appartiennent à un même groupe. On va attribuer aux membres de ce groupe cet ensemble de caractéristiques qui seront considérées comme typiques du groupe.

Les stéréotypes sont des croyances ? Ils ne reposent pas sur une part de réalité ?
Il y a toujours ce débat : est-ce la réalité qui produit ces croyances sur les caractéristiques des uns et des autres ou est-ce que ce sont ces croyances, ces représentations, qui façonnent la réalité ? Le fonctionnement « normal » d’un individu le conduit à catégoriser son environnement ce qui lui permet de le simplifier. Que ce soient les objets, les gens, n’importe quel élément auquel on est confronté, on va avoir tendance à chercher à les mettre dans des cases parce que ça nous permet tout simplement de fonctionner avec la réalité. Savoir qu’une chaise est une chaise nous permet de savoir comment réagir, comment on s’en sert. Cela marche de la même façon pour les personnes. Simplement, pour les personnes, on a tendance à rajouter des caractéristiques en termes de traits de personnalité, de comportements et à les considérer comme naturelles, alors qu’elles sont souvent le produit de ce que la société nous pousse à croire, à considérer.
Finalement, il n’est pas très important de savoir quelle est la cause et quel est l’effet : les recherches montrent que les stéréotypes influencent nos comportements et la façon dont nous nous percevons, mais également que l’on peut en contrer les effets, et c’est ça qui, à mon sens, est important.

Le stéréotype est donc quelque chose de très très ancré, et tout le monde a des stéréotypes (par exemple qui n’a pas de stéréotypes concernant les Belges ou les Anglais ?) ; seulement certains d’entre eux ont des conséquences dramatiques pour les membres des groupes qui en sont victimes. Les combattre n’est pas chose facile à partir du moment où on est dans une société qui véhicule un certain nombre de ces stéréotypes. C’est pourquoi ils ont un pouvoir particulièrement important.

Extrait de inégalités.fr du : « Les stéréotypes légitiment les inégalités sociales », entretien avec Virginie Bonnot, psychologue sociale.

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