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Les réactions à la déclaration de Manuel Valls sur l’"apartheid"

22 janvier 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 22.01.15

[...] Nicolas Sarkozy s’est dit "consterné" par la formule de Manuel Valls, qui a parlé mardi d’"un apartheid territorial, social, ethnique, qui s’est imposé à notre pays". "Comparer la République française à l’apartheid, c’est une faute", a lancé le président de l’UMP, mercredi sur France 2.

"Je ne sais pas ce qu’il voulait signifier, c’est à lui qu’il faudrait demander de s’expliquer", a ajouté Nicolas Sarkozy. "Nous avons fait un effort considérable d’investissement dans les banlieues, pour permettre une vie meilleure aux habitants de ces quartiers. Imaginez ce que peut penser aujourd’hui un habitant de la ruralité qui se sent si souvent abandonné, qui ne brûle pas d’abribus, qui ne casse pas les voitures, qui voit que le Premier ministre (...) compare la République française à l’apartheid ? Consternation".

Extrait de europe1.fr du 22.01.15 : Apartheid ; Sarkozy se dit consterné par les propos de Valls

 

L’éditorial de François Jarraud

En parlant "d’apartheid territorial, social, ethnique" pour désigner la situation que vivent certains jeunes des banlieues, le premier ministre récolte une avalanche de critiques aussi bien dans les milieux politiques que dans les médias. Pourtant le premier ministre a raison. Cet apartheid existe bien à l’école. Refuser de le voir c’est participer à son institution.

A vrai dire il est facile de démontrer l’existence de cet apartheid. On sait qu’il vaut mieux vaut s’appeler Augustin, Marin et Henri pour avoir le bac S. Ou Sixtine, Anouk et Capucine pour le bac ES. Alors que pour le Bac STG Ahmed, Amel, Nadia ou Youssef suffisent. On voit, quand on visite les lycées professionnels, des établissements où la grande majorité des élèves appartiennent à des "minorités visibles" comme on dit poliment dans l’éducation nationale. On retrouve la même ségrégation, inversée, dans certains lycées de l’ouest parisien.

[...] Alors les propos de Manuel Valls nous apportent un peu d’espoir. On pouvait craindre que l’Ecole réagisse à la mise en évidence de la fracture culturelle et ethnique seulement par un appui à l’enseignement moral et civique. Celui ci est indispensable et l’enseignement du fait religieux, déjà présent de la 6ème à la terminale, doit aussi être ravivé. Les propos de M Valls l’engagent à rendre les valeurs républicaines crédibles. C’est à dire à passer aux actes et à agir pour que l’école soit moins ségrégative.

Comment faire ? Les travaux de G Felouzis, ceux qui ont été menés à la demande de la région Ile de France sous la houlette d’Henriette Zoughébi mettent en évidence les mécanismes ségrégatifs. Il convient de s’attacher à les démonter par une politique volontariste de soutien à l’éducation prioritaire, de mixité sociale et de développement de l’offre scolaire dans les quartiers. Il faut arrêter d’apporter des moyens là où il y en a déjà beaucoup et les orienter là où ils manquent. Il faut que la promesse républicaine d’égalité et fraternité soit visible par les familles. Les propos de M Valls donnent à espérer que l’Etat se donne les moyens de cette politique.

Extrait de cafepedagogique.net du 21.01.15 : Merci Manuel Valls d’oser le mot d’apartheid

 

Manuel Valls avait déjà parlé de « ghetto » et de « ségrégation », voire d’« apartheid ». C’était en 2005, et il n’était alors que maire d’Evry (50 000 habitants) et socialiste en rupture idéologique avec son parti sur les enjeux d’intégration et de sécurité. Dix ans plus tard, à l’occasion de ses vœux à la presse, mardi 20 janvier, c’est le premier ministre qui parle.

Extrait de lemode.fr du 20.01.15 ; L’« apartheid » en France ? Pourquoi les mots de Manuel Valls marquent une rupture

 

Voir aussi

[...] Une déclaration qui n’a pas échappé au député UMP Pierre Lellouche. « Grigny ou Aulnay ne sont pas Soweto ! (un township sud-africain, ndlr) Et Kouachi n’est pas Mandela ! À moins que Manuel Valls ne se prenne pour de Klerk (du nom de l’ex-président sud-Africain qui a mis fin à l’apartheid, ndlr) », a réagi l’ex-ministre sur Twitter. Une indignation partagée par le député UDI François Sauvadet : « Les mots ont un sens. Lutter contre les ghettos, oui. Confondre notre État de droit avec ce qui se passait en Afrique du Sud, non. ».

Extrait de lefigaro.fr du 21.01.15 : L’allusion de Manuel Valls à l’apartheid social irrite la droite

 

C’est bien de dire la vérité au malade, d’employer les mots justes, et non, sous prétexte de ne blesser personne, de se cacher derrière les euphémismes dictés par le "politiquement correct". C’est même très bien, à condition de ne pas se tromper. Dans le discours qu’il a prononcé à l’occasion de ses voeux à la presse, mardi 20 janvier, Manuel Valls s’est attardé sur les "maux qui rongent notre pays".

Pour le Premier ministre, il existe en France "un apartheid territorial, social, ethnique". Très fier de lui, le chef du gouvernement a même rappelé qu’il avait employé ce terme d’apartheid dès 2005, comme pour exalter sa propre clairvoyance. Il n’a pas parlé de ségrégation, un vocable très fort et déjà provocant qui prêterait à discussion. Non, pour lui, en France, c’est encore bien pire. C’est le régime de l’apartheid qui prévaut.

Extrait de lepoint.fr du 21.01.15 : Le mauvais mot de Manuel Valls

 

Quelques heures plus tôt, mercredi matin, la plupart des personnalités politiques interrogées se détournaient de ce mot, quand elles ne l’ont pas condamné. « L’expression apartheid ethnique est irresponsable ! Comment un Premier ministre de la République peut-il dire cela ? », s’est interrogé très tôt mercredi, sur Europe 1, le maire communiste de Tremblay en France (Seine-Saint-Denis) François Asensi.

Extrait de leparisien.fr du 21.01.15 : « Apartheid » en France : les politiques toussent, Valls maintient

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