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PISA à la loupe, "Les devoirs entretiennent-ils les inégalités en matière d’éducation ?"

12 décembre 2014

Les devoirs entretiennent-ils les inégalités en matière d’éducation ?

• Si après leur journée d’école, la plupart des élèves de 15 ans consacrent une partie
de leur temps à faire leurs devoirs, ce temps a néanmoins diminué entre 2003 et 2012.

• Les élèves issus d’un milieu socio-économique favorisé et ceux qui fréquentent
un établissement favorisé sur le plan socio-économique consacrent en général davantage de temps aux devoirs.

• La quantité de devoirs donnés aux élèves est associée à la performance en mathématiques des élèves et des établissements, mais d’autres facteurs influent davantage sur la performance globale des systèmes d’éducation.

[...] Toutefois, les devoirs peuvent s’avérer particulièrement difficiles pour
les élèves défavorisés, qui peuvent ne pas disposer d’un endroit calme où étudier chez eux ou d’autant de temps à consacrer à leurs devoirs en raison de responsabilités familiales ou parce qu’ils doivent travailler ; en outre, leurs parents peuvent ne pas se sentir autant en mesure de les guider, de les motiver et de les soutenir lorsqu’ils font leurs devoirs à cause de leurs obligations professionnelles, d’un manque de ressources ou d’autres facteurs. Les devoirs peuvent alors avoir pour conséquence involontaire de creuser l’écart de performance entre les élèves issus de milieux socio-économiques différents. [...]

Le niveau socio-économique des élèves et le type d’établissement qu’ils fréquentent sont liés au temps qu’ils consacrent aux devoirs…
Dans tous les pays et économies qui ont participé à l’enquête PISA 2012, les élèves issus d’un milieu socio-économique favorisé consacrent davantage de temps aux devoirs ou autres leçons donnés par leurs enseignants que les élèves issus d’un milieu défavorisé. Dans les pays de l’OCDE, un élève favorisé consacre en général aux devoirs 1.6 heure de plus par semaine qu’un élève défavorisé : en moyenne, les élèves favorisés y consacrent 5.7 heures par semaine, contre 4.1 heures pour les élèves défavorisés. La différence de temps consacré aux devoirs entre les élèves favorisés et les élèves défavorisés est particulièrement marquée – avec un écart
de 3.5 heures, voire davantage – en Bulgarie, en Italie, en Roumanie, à Shanghai (Chine) et au Taipei chinois.

Cette différence de temps consacré aux devoirs entre les élèves favorisés et les élèves défavorisés varie entre des systèmes d’éducation où les élèves consacrent
pourtant dans l’ensemble un temps similaire aux devoirs. Ainsi, parmi les systèmes dans lesquels les élèves consacrent, en moyenne, plus de 6 heures par semaine aux devoirs, en Estonie et en Pologne, la différence de temps consacré aux devoirs entre ces deux groupes d’élèves est relativement faible (inférieure ou égale à 1 heure), alors qu’aux États-Unis et en Irlande, cette différence est comparativement plus importante, avec un écart de respectivement 3 et 2 heures. Le fait que ces différences varient entre les pays laisse penser qu’il est possible de réduire les disparités socio-économiques dans le temps que les élèves consacrent aux devoirs.

Il ressort des résultats de précédentes études PISA que les élèves favorisés sont plus susceptibles que les élèves défavorisés de disposer d’un endroit adéquat pour étudier chez eux et d’avoir des parents impliqués, c’est-à-dire en mesure de leur transmettre des messages positifs sur l’école et l’importance de s’acquitter des tâches demandées par les enseignants, notamment de faire régulièrement ses devoirs. La relation entre la composition socio-économique de l’effectif d’élèves d’un établissement et le temps que les élèves consacrent aux devoirs peut refléter des différences dans les attentes des enseignants concernant le potentiel de leurs élèves
et leur capacité à étudier de façon autonome après la journée de classe.

[...] Ainsi, les élèves scolarisés dans un établissement dont l’effectif d’élèves est majoritairement favorisé et les élèves scolarisés dans un établissement situé en milieu urbain ont indiqué consacrer davantage de temps aux devoirs que les élèves scolarisés dans un établissement dont l’effectif d’élèves est plus défavorisé
ou dans un établissement situé en milieu rural. [...]

… et le fait de consacrer davantage de temps aux devoirs est, à son tour, lié à une meilleure performance des élèves et des établissements.
[...]

Mais PISA montre également que le nombre moyen d’heures que les élèves consacrent aux devoirs ou autres leçons donnés par leurs enseignants ne présente en
général aucun lien avec la performance des systèmes d’éducation dans leur ensemble. Par conséquent, ce sont d’autres facteurs, tels que la qualité de l’enseignement et le mode d’organisation des établissements, qui influent davantage sur la performance globale des systèmes d’éducation.

Pour conclure : Les devoirs représentent une possibilité supplémentaire d’apprentissage ; toutefois, ils sont susceptibles de creuser les inégalités socio-économiques dans les résultats des élèves. Les établissements d’enseignement et les enseignants devraient trouver les moyens d’encourager les élèves en difficulté et défavorisés à faire leurs devoirs. Ils pourraient, par exemple, proposer d’aider les parents à motiver leurs enfants pour qu’ils fassent leurs devoirs et offrir aux élèves défavorisés la possibilité de faire leurs devoirs dans un endroit calme lorsqu’ils
n’y ont pas accès à la maison.

PISA à la loupe, "Les devoirs entretiennent-ils les inégalités en matière d’éducation ?" (4 pages)

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