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"Cartographie des réseaux d’éducation prioritaire : ce qu’en pense le SE-Unsa" (Rouen)

5 décembre 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le gouvernement est actuellement en train de redéfinir la cartographie de l’éducation prioritaire. Beaucoup de choses sont dites, aussi nous semble-t-il important de rappeler quelques vérités et d’expliciter notre position.

Tout d’abord, contrairement à ce qu’on peut entendre ici ou là le budget de l’éducation prioritaire au niveau national est en augmentation de 350 millions d’euros (*). On peut considérer que ce n’est pas suffisant mais on ne peut pas parler de mépris ou d’austérité dans ce domaine.

Le ministère a décidé de réexaminer la carte scolaire de l’éducation prioritaire et de procéder tous les 4 ans à sa réactualisation. Nous y sommes favorables. Depuis longtemps, les classements et les dispositifs se sont empilés les uns sur les autres (ZEP, RSS, ECLAIR, ZS…). Il nous semble important de clarifier la situation. Il y aura désormais des établissements REP+ pour les populations les plus défavorisées et les REP pour les établissements en difficulté. Cette classification concerne à chaque fois un réseau constitué d’un collège et des écoles de son secteur.

Il est exact de dire que l’essentiel des moyens supplémentaires sont mis pour les REP+ (doublement de la prime, pondération des heures de cours, classes allégées, …). Le SE-UNSA est d’accord pour donner plus à ceux qui ont moins.

Le choix des établissements REP+ et REP a été fait par l’administration rectorale dans une certaine transparence (voir CR du groupe de travail), ce dont nous nous félicitons. Les critères principaux retenus sont le pourcentage de population défavorisée et le pourcentage de boursiers. Ces critères sont pertinents et n’ont été contestés par personne.

Le nombre de collèges classés en EP dans l’académie [de Rouen] est fixé au niveau ministériel (14 REP+ et 31 REP). Notre académie a été pourvue au regard de sa situation sociale complexe. La réactualisation de la carte de l’éducation prioritaire est une bonne chose car la géographie sociale de notre académie n’est pas figée. De nouvelles zones de difficultés sont apparues, d’autres se sont modifiées. Des collèges ont pu se ghettoïser et d’autres bénéficier du retour d’une certaine mixité sociale.

Néanmoins nous comprenons la crainte des collègues dont le collège va sortir du dispositif prioritaire. C’est pourquoi nous alertons le rectorat sur le fait que, si un collège sort du dispositif prioritaire parce que sa population est plus mixée socialement, cela ne signifie en rien que les difficultés ont disparu. C’est pourquoi nous revendiquons le fait que les inspections académiques aient une attention particulière pour ces derniers au niveau des DHG. Les collèges qui sortent du dispositif prioritaire doivent constituer une catégorie particulière au moment de la répartition des moyens.

De même la situation des lycées, oubliés pour l’instant par le ministère, est à travailler rapidement.

Dans cette redéfinition de la carte scolaire de l’éducation prioritaire, les collèges constituent la tête de réseau. Ils doivent fonctionner avec les écoles primaires. Nous sommes favorables à ce travail de liaison inter-degrés. Ainsi il est prévu que lorsqu’un collège sort du dispositif, les écoles qui en dépendent en sortent également. Cela nous paraît inacceptable et contre-productif.
On ne peut pas retirer les moyens d’une école primaire dont la population scolaire est très défavorisée au motif qu’au collège, les élèves se retrouveront dans un univers plus mixé socialement !!!! La lutte contre les inégalités scolaires commencent dès l’école maternelle. Nous avons dit que nous étions favorables au fait de donner plus de moyens à ceux qui en ont le plus besoin, nous ajoutons : le plus tôt possible.

C’est pourquoi nous soutenons partout les collègues des écoles primaires qui se battent pour conserver leurs moyens d’enseignements et nous attendons des réponses claires de l’administration.

Suite à nos demandes, des groupes de travail sont organisés au niveau départemental (le 8 décembre en Seine-Maritime et le 9 dans l’Eure). L’heure est donc à la concertation et à la négociation. Le rapport de force sera nécessaire si nous ne sommes pas entendus.

Il ne nous semble pas utile, à ce jour, de crier à la fin de l’éducation prioritaire puisqu’elle n’est pas remise en cause ni même appauvrie. Le moment n’est pas encore nécessairement venu pour appeler nos collègues à la grève immédiate tant que les décisions de l’administration ne sont pas totalement connues. Il nous apparaît totalement stérile, d’appeler à la fois, dans le même temps et dans le désordre, pour une remise en question de l’éducation prioritaire, pour lutter contre la sortie de certains collèges et demander la sortie d’autres collèges du dispositif REP+. Nous n’améliorerons pas la situation des collègues et des élèves par des mots d’ordre fourre-tout.

Nous nous battons depuis toujours pour une politique éducative ambitieuse et juste. Nous avons depuis toujours la même méthode, ne pas céder à la démagogie pour rester crédible dans la négociation et ne pas exclure le rapport de force sans en faire un préalable ou une fin en soi.

(*) [...] Pour l’Éducation nationale, la priorité est donnée au premier degré, afin d’amplifier notamment le dispositif "plus de maîtres que de classes", et à la montée en charge de la réforme de l’éducation prioritaire, pour laquelle un budget total de 350 millions d’euros est prévu sur le quinquennat. Par ailleurs, ils permettront l’amélioration du climat scolaire, grâce aux postes de santé-sociaux, de CPE et aux postes dédiés à l’accompagnement du handicap.
Extrait de education.gouv.fr du 02.09.14 cité par l’OZP

Extrait de se-unsa.org du 04.12.14 : Cartographie des réseaux d’éducation prioritaire : ce qu’en pense le SE-Unsa

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