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Une relance des internats avec un financement des entreprises ?

27/10/05 - « Mobilité sociale » au lieu de « intégration » pour Sarkozy

27 octobre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Figaro » du 25.10.05 : Sarkozy teste sa nouvelle vision de la discrimination positive

Egalité : Le ministre de l’Intérieur prône désormais la mobilité sociale et entend donner l’exemple au sein de sa propre administration.

Ne pas se renier. Ne pas user sa popularité. Entre ces deux contraintes, Nicolas Sarkozy a hésité, pour finalement s’engager dans une discrimination positive « à la française », dont il devrait exposer les grandes lignes cet après-midi, à l’issue de deux tables rondes organisées au ministère de l’Intérieur. Depuis la nomination d’un préfet musulman qui avait fait grincer des dents, et les passes d’armes avec Dominique de Villepin sur le modèle républicain (voir le lexique ci-contre), Nicolas Sarkozy a affiné son projet.
Certes, il s’agit toujours d’aider les plus défavorisés, et notamment les minorités, mais il estime dorénavant que des mesures spécifiques pour les enfants de l’immigration « ne feraient que nourrir le ressentiment, assure un conseiller. Car toute la société est bloquée. » Le ministre a donc troqué le terme d’intégration pour celui, plus général, de « mobilité sociale » et promeut dorénavant depuis son ministère, un « rêve français ».

Nicolas Sarkozy semble donc revenu à un modèle où l’Etat intervient en fonction de critères économiques et sociaux tels qu’ils sont définis par les zones d’éducation prioritaires (ZEP). Mais pour éviter la dilution des moyens, il propose d’individualiser les aides en multipliant les bourses au mérite.

Cofinancements privé-public

Concrètement, il entend promouvoir les cofinancements privé-public pour développer des internats et des soutiens financiers aux meilleurs élèves. Les préfets seraient, avec l’Education nationale, chargés de coordonner ces fonds.

A ce jour, de grandes entreprises offrent déjà des bourses aux bacheliers reçus avec mention. Cette fois, l’effort porterait plutôt sur les collégiens. La fondation Telemaque finance depuis quatre ans des élèves repérés dès le collège avec une bourse de 2 300 euros par an qui permet de payer l’internat, une carte de transport pour revenir le week-end, des cours de langues... Ces jeunes espoirs sont encadrés par un professeur et un tuteur venu de l’entreprise.
Lancée par Pinault-Printemps-La Redoute (PPR) et le groupe Kesa (qui possède entre autres But et Darty), l’initiative intéresse d’autres grandes entreprises. L’implication de Nicolas Sarkozy pourrait doper ces cofinancements et donner vie à des projets d’internats en plan depuis des années, faute de moyens. Car ces structures coûtent cher.
Les conseils régionaux qui les entretiennent renâclent, et beaucoup sont à moitié vides car situées en zones rurales. Enfin, cette relance des internats ne pourra fonctionner qu’avec une coopération déterminée de l’Education nationale « toujours réticente », reconnaît-on à l’Intérieur.

Prépas intégrées aux écoles de police

Au sein de son propre ministère, Nicolas Sarkozy entend donner l’exemple. Le ministre devrait proposer des prépas intégrées aux écoles de police, de gendarmerie et de sapeurs-pompiers pour les candidats qui veulent tenter les concours pour entrer dans l’encadrement. L’administration sera également chargée de promouvoir l’égalité des chances. Une délégation ad hoc, probablement conduite par le préfet Henry Hurand, sera chargée de conduire des évaluations en vue de promotions au mérite que l’inertie du système ne permet pas toujours.

Avec ces annonces consensuelles, Nicolas Sarkozy entend garder la main sur ces questions qu’il juge cruciales. Au passage, il prend à contre-pied Azouz Begag, le ministre délégué à l’Egalité des chances nommé par Dominique de Villepin, qui travaille, de son côté, sur de très controversées statistiques ethniques, pour promouvoir la diversité dans les entreprises et l’administration

Cécilia Gabizon

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