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La baisse de niveau en histoire-géographie à la fin du collège depuis 6 ans est plus marquée dans les établissements les plus défavorisés (DEPP, Note d’information, juin 2013).
Une réflexion critique de Laurent Fillion (UNSA) sur le rôle des facteurs extérieurs à l’école

28 juin 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

Note d’information 13.11 juin

En six ans (2006-2012), les performances des élèves de fin de collège en histoire-géographie et éducation civique se dégradent sensiblement. On observe une
baisse de 11 points du score moyen des élèves. La part des élèves dans les groupes de faible niveau augmente : elle passe de 15 % en 2006 à 21 % en 2012.
Sur la même période, la proportion d’élèves dans le groupe de niveau le plus élevé diminue fortement : elle passe de 10 % à 6 %.
Tandis que les programmes et leurs préconisations pédagogiques n’ont pas changé
pour cette cohorte d’élèves, les réponses des élèves révèlent des apprentissages plus superficiels et des pratiques culturelles laissant une moindre place à ces centres d’intérêt.

[...] UNE BAISSE DES RÉSULTATS PLUS MARQUÉE DANS
LES ÉTABLISSEMENTS LES PLUS DÉFAVORISÉS
À partir des professions de leurs parents, les élèves peuvent être caractérisés par
un indice dit de position socio-scolaire, qui mesure la proximité entre le système
scolaire et le milieu familial de l’enfant.
Pour chaque établissement des échantillons de 2006 et 2012, la moyenne de cet indice permet d’appréhender de manière simple la composition sociale de l’établissement.
Quatre groupes d’établissements sont alors constitués selon l’indice moyen, des établissements les plus défavorisés aux établissements les plus favorisés.
L’analyse des scores moyens en histoire-géographie et éducation civique selon ces
quatre groupes d’établissements montre que la baisse est plus marquée pour les
établissements les plus défavorisés : - 18 points contre - 10 points pour les autres établissements

Extrait de education.gouv.fr : CEDRE 2012 histoire-géographie
et éducation civique : baisse des acquis des élèves de fin de collège depuis six ans

 

Emoi national en vu, Une du Monde, lamentation du Figaro, discussion passionnée sur les réseaux sociaux et forums : le niveau des collégiens s’effondre en histoire-géographie !

[...] Certains aspects de cette étude sont d’ailleurs intéressants : les résultats sont moins bons en ZEP qu’ailleurs (mais avait-on besoin d’une étude pour découvrir cela ?) notamment parce que les élèves de ces quartiers passent moins de temps à la maison consacré à l’histoire-géo. Une nouvelle confirmation que le travail à la maison est un facteur d’aggravation des inégalités. Dois-je préciser que cette conclusion a elle été passée sous silence par les déclinistes ?

Extrait de laurentfillion.wordpress.com du 26.06.13 : Des chiffres, des conclusions et des élèves

 

[...] Pour résumer, les facteurs explicatifs des faibles résultats d’un groupe d’élèves relèvent de pratiques culturelles extérieures à l’école. Pour bien mesurer si ces pratiques sont discriminantes ou pas, nous aurions souhaité pouvoir comparer ces pratiques avec les groupes d’élèves les plus forts par exemple. Autrement dit, ces pratiques culturelles extérieures sont-elles au final fondamentales pour la réussite des élèves en histoire-géographie ou sont-elles considérées par la DEPP comme fondamentales ?
En conséquence, est-il acceptable que l’acquisition des compétences en histoire-géographie relève tant de facteurs extérieurs à l’école ? Surtout, comment alors garantir que ces pratiques soient moins discriminantes ?

Pour conclure, nous ne souhaitons pas relativiser la validité et la nécessité de telles évaluations, mais les mettre en contexte. L’enquête Cedre marque des avancées dans la réflexion sur les compétences en Histoire-Géographie. Mais les explications fournies par la DEPP doivent aussi nous amener à nous interroger fortement sur les pratiques scolaires, sur la pédagogie en œuvre dans les classes, sur le temps de travail en classe des élèves, sur la nature et la diversité des activités proposées aux élèves, sur l’usage des Tice dans la discipline. L’action doit porter sur ce que l’école peut améliorer, et non seulement sur le fait d’accepter ou de reconnaître que des pratiques culturelles extérieures déterminent l’acquisition des compétences scolaires.

Extrait de ecolededemain.wordpress.com du 27.06.13 : Comment mesurer les acquis en fin de collège. Les autres enseignements de l’enquête CEDRE en histoire-géographie

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