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Rapport d’évaluation 2006-2010 du Programme DISPO (Dynamiques de l’Innovation Sociale et POlitique) de Sciences Po Toulouse (mars 2011, 214 p.)

17 mai 2011 Version imprimable de cet article Version imprimable

Ce que « révéler et accompagner les ambitions » veut dire.
Evaluation du programme DISPO 2006-2010
Rapport du Groupe Recherche Formation remis à M. Olivier DUGRIP
Recteur de l’Académie de Toulouse, le 30 mars 2011.

 

Introduction de la Note de synthèse :
Labellisé Cordée de la Réussite en 2008, le programme DISPO – Dynamiques de l’Innovation Sociale et POlitique – entend révéler et accompagner les ambitions d’élèves issus de
milieux défavorisés vers la poursuite d’études longues et vers les filières d’excellence de
l’enseignement supérieur depuis 2006. Ce programme porté par Sciences Po Toulouse, établissement
signataire de la charte de la diversité, implique 16 lycées et 2 collèges répartis dans les 8 départements de la région Midi-Pyrénées. Il s’adresse à des élèves boursiers de la 3ème à la
terminale, soit 390 élèves pour cette année. Il s’organise en atelier dans les établissements partenaires,
qui permettent de réaliser des actions spécifiques à chaque niveau de classe.
Ces ateliers sont encadrés
par une cinquantaine de professeurs et une centaine d’étudiants tuteurs de Sciences Po.
[...]

Conclusion de la Note de Synthèse
Des résultats à mettre en perspective
Le programme bénéficie à tous les élèves. Pour autant les élèves DISPO ne constituent pas
une population homogène, ce que leur appartenance à la catégorie de boursier pourrait laisser
croire. Des différences significatives existent entre les élèves bénéficiaires.
Elles traduisent pour la
plupart des inégalités structurante de la société française.

Deux profils de la défaveur peuvent être déterminés

Profil 1 : les élèves issu de la ségrégation urbaine
Ces élèves se caractérisent en premier lieu par le fait d’habiter en ZUS et d’avoir des parents
originaires d’Afrique. Ils appartiennent à des familles nombreuses, dont les parents sont peu diplômés
et se trouvent dans une situation économique précaire. Ces élèves ont des résultats scolaires moyens,
et obtiennent le Bac.

Profil 2 : les élèves issus de la ségrégation territoriale
Ces élèves se caractérisent en premier lieu par le fait d’habiter en milieu rural et d’avoir des parents
français. Ils appartiennent à une famille plutôt nombreuse dont les parents sont assez diplômés et dont
la situation économique est assez défavorisée, mais moins que le premier profil. Ces élèves n’ont peu
voire pas d’ambition lorsqu’ils intègrent le programme et intègrent après le bac une CPGE.

Si le programme bénéficie à tous les élèves, il n’a cependant pas la même efficacité pour
tous, au regard des profils ci-dessus. Ces différences, à caractéristiques socio-économiques
équivalentes, se construisent et se structurent par rapport au lieu d’habitation et à l’origine.
Ainsi les élèves du programme, originaires d’Afrique du Nord, réussissent-ils mieux lorsqu’ils
habitent en dehors des quartiers ciblés par la politique de la ville. Ceci laisse entrevoir des
stratégies familiales d’évitement des quartiers perçus et vécus comme stigmatisés et stigmatisant.

Dans cette perspective comment l’action publique territorialisée peut-elle prendre en
considération des publics qui devraient être ciblés mais qui, de fait, ne résident pas tous dans les
territoires considérés et définis par les politiques publiques comme étant les plus en difficultés ?
L’évaluation de ce programme apporte une vision plus complexifiée et opérationnelle de ce
que sont la défaveur et les inégalités structurelles. Elle pose la question de la manière dont la politique
de la ville peut prendre en considération les inégalités propres au milieu rural et peut construire
une articulation avec l’aménagement du territoire régional ?

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