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Les questions à ne pas éviter pour constituer des classes de niveau, "insupportables en droit, tolérables en fait" (Maria Goyet)

2 juin 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

[...] Convictions et expérience
Mes convictions personnelles, morales, politiques, sont donc heurtées par de telles filières. Mon expérience tempère cependant mes convictions. Enfin, du moins en partie. Avant d’invoquer à tout bout de champ la mixité, de dénigrer les classes de niveau, il faudrait se poser quelques questions essentielles et peut-être, aussi, assister à l’exercice improbable de la constitution des classes, tâche réservée chaque année, le plus souvent, aux professeurs principaux, fin juin.

[...] Les grandes déclarations ne suffisent pas
Bref, la mixité des classes, à laquelle je crois, à laquelle j’aspire, ne s’improvise pas. Il ne suffit pas de mettre tout le monde ensemble. Elle suppose énormément d’attention, de travail, d’encadrement, de marges de manœuvre, de moyens, de sas, de réactivité, d’équilibre (mettre des élèves difficiles dans des bonnes classes peut marcher, j’ai souvent tenté de le faire), de réflexion.

Les convictions et les grandes déclarations, en ce domaine, ne suffisent pas. Et il ne suffit pas non plus de supprimer les filières d’élite pour que les collèges fonctionnent mieux. En faisant cela, on se donne certes bonne conscience mais on ne s’attaque pas vraiment au problème : celui des élèves les plus fragiles, les plus agités, les plus perdus.
Le combat contre les classes de niveau est donc une entreprise louable mais, en l’état, tout à fait superficielle : dans le fond, elle ne se préoccupe qu’en surface de l’échec ou de l’indiscipline.
C’est pourquoi les classes de niveau ne sont, pour l’instant, ni souhaitables, ni véritablement condamnables. Elles soulignent simplement, cruellement, combien le système scolaire n’a pas encore vraiment cherché à combattre les inégalités, à pacifier les établissements. Et ce combat, c’est lui qui doit le mener. Pas les parents (qui doivent éduquer, non sacrifier leur progéniture). Et encore moins les enfants.

Extrait de mariagoyet.blog.lemonde.fr du 14.05.15 : Classes d’élite, insupportables en droit, tolérables en fait

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