> 3 - Les Positions de l’OZP > 2 - Toutes les prises de position de l’OZP > Avant la Journée OZP du 2 juin, son président, Marc Douaire, définit pour (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Avant la Journée OZP du 2 juin, son président, Marc Douaire, définit pour Educpros les grandes lignes de ce qu’attend l’association pour l’éducation prioritaire

31 mai 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Marc Douaire (président de l’OZP) : "Les acteurs de l’éducation prioritaire ne veulent plus du chamboule-tout !"

Avant la Journée nationale de l’Observatoire des zones prioritaires le 2 juin 2012, Marc Douaire, président de l’association, définit les lignes de la politique d’éducation prioritaire qu’il devrait exposer avant fin juillet 2012 lors d’un rendez-vous au ministère de l’Education nationale.

Qu’attendez-vous du nouveau gouvernement pour l’éducation prioritaire ?
Que l’éducation prioritaire soit considérée pour ce qu’elle est et pas comme un artifice. Pour mémoire, Nicolas Sarkozy avait demandé le dépôt de bilan de l’éducation prioritaire en 2007. Et Jean-Michel Blanquer [DGESCO] avait osé écrire dans la circulaire de rentrée 2011 que les « internats d’excellence constituent l’avant-garde de l’éducation prioritaire », alors qu’ils tournent le dos à l’éducation prioritaire. La finalité de l’éducation prioritaire doit être la réussite de toute une classe d’âge et de l’ensemble des jeunes des quartiers défavorisés.

"L’éducation prioritaire a trente ans d’existence dont peut être huit efficaces"

ZEP, RAR, RRS, CLAIR, ECLAIR… Que pensent les acteurs de ces dispositifs qui se succèdent, voire s’empilent ?
Avec les dispositifs « millefeuilles », personne ne comprend rien et il n’y a pas d’action continue. Les acteurs de l’éducation prioritaire ne veulent plus de ce chamboule-tout ! Ils finissent par se dire que dans trois ou quatre ans, un nouveau ministre va venir mettre en place un nouveau dispositif et que leurs efforts ne seront pas reconnus. Il n’y a ni reconnaissance, ni politique de ressources humaines. C’est démobilisant. L’éducation prioritaire a trente ans d’existence dont peut être huit efficaces. Lorsque des réseaux fonctionnent bien, comme c’est le cas aujourd’hui et on sait les identifier, il est essentiel de ne pas y toucher. Il faut du temps pour gagner en confiance et pérenniser les actions. Au sein des RAR [Réseau ambition réussite], par exemple, les gens apprennent à se connaitre, à travailler ensemble, à se faire confiance, à mettre en place des choses.

Que préconisez-vous ?
Il faut articuler la relance de l’éducation prioritaire entre un pilotage national ferme et des comités de pilotage locaux impliquant les collectivités territoriales, le milieu associatif, la CAF,… Cela permet également de mieux articuler le travail de l’éducation nationale avec celui des autres acteurs éducatifs. L’action prioritaire repose sur l’engagement volontaire d’une minorité de professionnels qui doivent être confortés. Il faut un effort sur la reconnaissance de l’ensemble des fonctions constitutives du métier d’enseignant : le temps de concertation, le tutorat, l’aide individualisée, la concertation entre établissements… On ne peut plus considérer que l’enseignement est un métier solitaire. Il faut inciter à travailler collectivement.

Pérenniser les actions… Et les équipes ? Etes vous favorable au recrutement des enseignants par le chef d’établissement dans l’éducation prioritaire ?
Quand on postule en tant qu’enseignant, il est nécessaire qu’il y ait une prise de contact préalable avec le principal. Mais l’idée du recrutement par le chef d’établissement était surtout un affichage, un marqueur idéologique. Ce qui importe, c’est qu’une centaine de postes clefs dans l’éducation prioritaire soient des postes à profil : les principaux de collèges, les inspecteurs d’académies du premier degré, les coordonnateurs des réseaux d’éducation prioritaire – très importants et négligés par le précédent gouvernement - et les enseignants référents.
Par ailleurs, sachant que la plupart des postes en ECLAIR [Ecoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite] ne sont pas pourvus, pourquoi ne pas donner une priorité à des enseignants qui y ont été nommés à titre provisoire, s’accrochent, et veulent rester dans un établissement qui en dépend ?

Les 1000 postes d’enseignants créés pour la rentrée 2012 doivent-ils bénéficier à l’éducation prioritaire ?
Une partie doit aller à l’éducation prioritaire et une partie aux RASED (réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté), qui en ont bien besoin.

Propos recueillis par Isabelle Maradan

Extrait de educpros.fr du 31.05.12 : "Les acteurs de l’éducation prioritaire ne veulent plus du chamboule-tout !"

Répondre à cet article