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08/02 - L’absentéisme des élèves dans le second degré en 2003-2004

8 février 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Monde » du 08.02.05 : l’absentéisme scolaire touche 5 % des élèves mais atteint 10 % en lycée professionnel

Une étude révèle que le nombre d’absences non justifiées est plus important que ce que les estimations antérieures laissaient croire. Les zones d’éducation prioritaire sont les plus touchées

L’éducation nationale dispose enfin d’une évaluation statistique complète sur l’ampleur de l’absentéisme des élèves. Selon une note d’information datée de février, la proportion moyenne d’élèves absentéistes (sans justification) est de 5 % du total des collégiens et des lycéens.

Ce taux, calculé à partir d’un seuil de quatre demi-journées d’absence par mois, apparaît plus élevé que toutes les estimations, partielles, réalisées jusque-là : celles-ci évoquaient des taux variant de 1 % à 2 %. L’étude a été réalisée pendant l’année scolaire 2003-2004 par la direction de l’évaluation et de la prospective (DEP) du ministère de l’éducation nationale à partir d’un échantillon de 1 000 collèges et lycées.

Le problème des lycées professionnels

La proportion d’élèves absentéistes est très différente selon les classes et les filières. Au collège, les élèves les plus jeunes "sèchent" plus rarement les cours (1,5 % en sixième ; 1,9 % en cinquième) que leurs aînés (3,1 % en quatrième ; 3,1 % en troisième).
Au lycée, la situation dans les sections professionnelles apparaît assez dégradée : plus de 10 % des élèves sont absents sans motifs, un taux qui illustre l’importance de l’"orientation par défaut" dans ces filières. Faute d’avoir obtenu une place en lycée général ou technologique, les élèves tendent à se désintéresser des enseignements. C’est aussi dans les lycées professionnels que les abandons en cours de formation sont les plus nombreux.
En lycée général, l’absentéisme touche 2,8 % des élèves, un chiffre probablement sous-estimé. Du fait de grèves administratives en 2003-2004, le ministère n’a, en effet, pas pu obtenir de données fiables sur les deux derniers mois de l’année (mai et juin) où une proportion importante des lycéens profite de la préparation du baccalauréat pour s’absenter. Dans les lycées technologiques, le taux d’absences non régularisées est de 6,5 %.

Un absentéisme saisonnier

Les absences non justifiées sont plus ou moins fréquentes selon les périodes de l’année. Au moment de la rentrée, le taux d’élèves s’absentant sans motif valable ne dépasse pas les 2 %. Cette proportion tourne autour de 5 % en novembre et décembre et atteint même 5,5 % en janvier, qui correspondent aux périodes les plus chargées de l’année scolaire.

Les proportions sont très variables selon les collèges et les lycées. "Une forte minorité d’établissements est sensiblement touchée : à partir de novembre, la proportion d’élèves absents non régularisés quatre demi-journées ou plus atteint, dans 10 % des établissements, 15 % ou plus", relève l’étude.

A l’inverse, dans 50 % des collèges et des lycées, le taux d’absents non régularisés est inférieur à 2 % des élèves. Comme pour les actes de violence, les problèmes liés à l’absentéisme sont donc principalement concentrés dans un nombre limité de collèges et de lycées. Les collèges en ZEP apparaissent plus touchés que les autres établissements. L’absentéisme lourd (plus de dix demi-journées par mois) concerne 1 % des jeunes scolarisés.

Le suivi des élèves
Selon les textes officiels, les absentéistes doivent faire l’objet d’une prise en charge par le chef d’établissement, le conseiller principal d’éducation, l’assistante sociale... Dans les cas où ces interventions ne suffisent pas, les élèves sont signalés à l’inspection d’académie.
Dans le premier degré, le pourcentage d’élèves signalés est très faible, compris entre 0,02 % et 0,04 % selon les périodes de l’année, soit de 1 300 à 2 600 élèves environ. Dans les collèges et lycées, le taux oscille entre 0,18 % et 0,32 %, soit 8 000 à 14 000 élèves.
Depuis février 2004, les parents d’enfants absentéistes sont passibles d’une amende de 750 euros (Le Monde du 25 février 2004) mais ne peuvent plus se voir supprimer les allocations familiales, comme c’était le cas auparavant.
En 2002, le ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, avait envisagé d’instaurer une amende de 2 000 euros pour les parents d’enfants absentéistes mais avait dû reculer sous la pression du monde éducatif.

Luc Bronner

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