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Nicolas Sarkozy prêt à renoncer au terme de "discrimination positive" pour introduire "le respect de la diversité" dans la fonction publique et également dans la Constitution.
Les conventions ZEP-Sciences Po une fois de plus citées en exemple

14 janvier 2008 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du Monde.fr du 12.01.08 : Nicolas Sarkozy veut ouvrir la fonction publique à la "diversité"

La fonction publique doit servir de modèle et de leader." Devant le gouvernement quasiment au grand complet, les représentants des "corps constitués", les responsables de l’administration et les élus locaux réunis pour la cérémonie des voeux, vendredi 11 janvier à Lille, Nicolas
Sarkozy a formulé un nouvel engagement : "Avant la fin de l’année, nous aurons pris des mesures effectives pour qu’en cinq ans, la fonction publique s’ouvre à la diversité." Cette promesse, ilcompte bien la tenir en s’inspirant des travaux de la mission qu’il a confiée à Simone Veil.

L’ancienne ministre de la santé est chargée de rédiger un projet de texte visant à inscrire la diversité dans le préambule de la Constitution.

Sans être issu de ses rangs, le président de la République déplore que "la fonction publique n’ait pas su intégrer et promouvoir les enfants issus de l’immigration", comme elle l’a fait "autrefois avec les femmes et les enfants des classes populaires". Or, a-t-il précisé,"l’intégration des enfants de l’immigration dans toutes les strates de
la société est l’une des questions les plus importantes posées à notre
pays".

Tout en citant l’exemple de la voie de recrutement spécifique de Sciences Po dans les ZEP, M. Sarkozy s’est bien gardé de trancher parmi les critères, quotas ou toute autre forme de "discrimination positive" adaptée à la fonction publique, dont les règles de recrutement restent
régies par le principe du concours, garant de l’égalité républicaine d’accès.

L’ouverture à la diversité n’est qu’un des volets de la réforme de l’administration de l’Etat et du statut de la fonction publique que le chef de l’Etat avait esquissée à Nantes, en septembre 2007. Il a de nouveau envisagé de modifier les modalités d’intégration dans la
carrière, de mobilité mais aussi d’affectation en supprimant le classement de sortie, de l’ENA comme des autres écoles, "qui rigidifient l’entrée dans la carrière", pour le remplacer par des "listes d’aptitude".

S’il entend bousculer l’organisation des quelque 5,2 millions de fonctionnaires de l’administration, des hôpitaux et des collectivités locales, le chef de l’Etat est resté inflexible sur les moyens qui leur
seront alloués. Il a ainsi justifié son objectif de "ramener les effectifs de l’administration à de plus justes proportions". En contrepartie, la moitié des gains réalisés seront consacrés à la hausse
des rémunérations.

Alors que toutes les fédérations syndicales ont prévu une journée de grève le 24 janvier sur le pouvoir d’achat et l’emploi, le chef de l’Etat, hostile aux augmentations collectives, veut instituer un mécanisme de "garantie de pouvoir d’achat". Pour tenter de désamorcer la
grogne sociale, il a aussi promis de solder les heures supplémentaires et les jours de RTT accumulés. "Elles seront négociées, progressives, mais je prends l’engagement formel que nous trouverons les solutions",
a-t-il assuré.
Michel Delberghe
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Article paru dans l’édition du 13.01.08.

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Extrait du Monde.fr du 09.01.08 : Sarkozy veut compléter le préambule de la Constitution pour défendre la diversité

Nicolas Sarkozy veut faire inscrire l’égalité entre hommes et femmes, le respect de la diversité, l’intégration et la bioéthique dans le préambule de la Constitution, a-t-il déclaré mardi devant la presse.

"Je souhaite que le préambule de notre Constitution soit complété pour garantir l’égalité de l’homme et de la femme, pour assurer le respect de la diversité et ses moyens, pour rendre possible de véritables politiques d’intégration, pour répondre au défi de la bioéthique", a lancé le président de la République dans le propos liminaire de sa conférence de presse.

Le chef de l’Etat a indiqué avoir demandé à Simone Veil, qui l’a accepté, de présider la Commission qui sera chargée de rédiger un projet de texte.

"Il s’agit que sur les problèmes philosophiques, moraux, éthiques posés par la modernité, notre Constitution soit en avance sur notre temps et non pas en retard", a-t-il expliqué.

"La réalité c’est que quand on a une couleur qui n’est pas majoritaire (...) on a plus de difficultés que les autres", a-t-il dit plus tard en réponse à la question d’une journaliste sur la discrimination positive.

Le chef de l’Etat s’est dit "volontiers" prêt à ne pas employer l’expression "discrimination positive", si l’on "reprend le fond", c’est-à-dire si l’on assure la "diversité dans notre pays".

"La diversité ne s’exprime pas assez dans notre société", a-t-il martelé, évoquant notamment la composition du corps judiciaire, préfectoral, celui des commissaires de police ou encore des "élites", qui portent le "même costume" et fréquentent les "mêmes écoles".

"Ce que je veux c’est que chaque Français, d’où qu’il vienne, se dise qu’il a une chance de s’en sortir (...), que la promotion sociale devienne une réalité", a-t-il ajouté.
Source AFP du 08.01.08

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