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Ségolène Royal parle des ZEP : dotations pour le travail en équipe, repenser la carte scolaire, expérimentation du busing...

20 mars 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extraits du site « Afrik.com », le 19.03.07 : Ségolène Royal : « Je suis pour l’égalité réelle »

La candidate socialiste était l’invitée de « Pas de quartier ! »

Dossier France élection présidentielle

Radio France interpelle les candidats à la présidentielle sur la question des quartiers populaires et des jeunes issus de l’immigration dans l’émission Pas de quartier !

Un concept multimédia original et novateur auquel Afrik.com s’est associé afin de vous le faire découvrir et partager. Ségolène Royal en était l’invitée ce lundi.
Pendant une heure, Ségolène Royal, l’invitée de pas de quartier a évoqué plusieurs thèmes parmi lesquels la VIe République, qu’elle a récemment appelé de ses voeux, les discriminations, la mixité scolaire, et l’encadrement militaire de la délinquance...

La VIe République

« La République nouvelle [doit créer] un équilibre différent des pouvoirs. [Il] devra s’appuyer sur une démocratie parlementaire rénovée, avec par exemple l’interdiction du cumul des mandats, la possibilité pour le Sénat de faire un blocage législatif, la suppression de l’article 49.3, qui met fin au débat parlementaire quand ça arrange le pouvoir exécutif, et l’introduction d’une certaine dose de proportionnelle. (..) Le second pilier concerne la démocratie sociale. Il faut faire un bond en avant sur la modernisation du dialogue social, en particulier dans l’entreprise (...) Le troisième pilier est la démocratie participative. Je crois qu’on ne peut plus diriger un pays sans écouter les citoyens, sans les prendre en considération, sans faire la transparence sur le diagnostic des situations et les différents solutions qui se posent aux pouvoirs publics... [Dans le volet de décision des pouvoirs publics et de l’Etat], il y aura la mise en place de jurys citoyens, à même de vérifier que les élus respectent leurs engagements, il y aura le référendum d’initiative populaire (...) Tout cela se traduit par la mise en place d’un Etat impartial. »

Discriminations raciales

« Aujourd’hui, si ces discriminations subsistent, je crois que c’est parce que la parole politique n’est pas suffisamment forte dans la dénonciation de ces comportements. Il va falloir renforcer l’application de la loi, parce que le drame est que les lois existent, mais qu’elles ne sont pas appliquées (...) Tous les critères de non discrimination (jeunes, femmes, travailleurs en situation de handicap...) devront être rendus public. Il va falloir écarter des marchés publiques les entreprises qui ne respectent pas la loi. Et vous verrez qu’il y aura rapidement un ordre économique et social juste qui se mettra en place. »

« Sur le pacte présidentiel, je ne mets pas en place des politiques communautaristes. Je suis pour l’égalité réelle. Mon principe c’est de donner plus à ceux qui ont le moins (...) Je ne suis pas pour la discrimination positive, je suis pour l’égalité réelle (...) Par exemple, je ne suis pas pour la suppression des Zones d’éducation prioritaires, comme le propose le candidat de la droite, je pense que çe serait catastrophique. Je ne suis pas pour la suppression des services publics, comme le propose le candidat de la droite. Je pense au contraire qu’il faut remettre des services publics dans les quartiers qui en ont le moins (...) Je suis pour un renforcement des pouvoirs de la Halde, qui aujourd’hui n’en a pas beaucoup. [Elle] devrait pouvoir saisir directement les tribunaux, sans que ce soit les victimes qui soient obligées de le faire. (...) Dans les réformes des institutions il y a aussi le droit de vote des étrangers aux élections municipales. »

Ecole et mixité

« Il y a des jeunes professeurs qui s’en sortent très bien dans les ZEP. Ca suffit d’entendre que les jeunes sont incompétents... tout dépend de la formation qu’on leur donne et de la motivation qu’ils reçoivent. Et je peux vous dire qu’aujourd’hui, il y a toute une génération d’enseignants qui volontairement choisissent d’aller en zone d’éducation prioritaire.

Et c’est pourquoi je veux encourager ce mouvement. Comment ? En donnant des dotations d’heures à ces établissements pour qu’ils puissent travailler en équipe. Car la clé de la réussite est que l’enseignant ne soit pas isolé face à sa classe (...) Je veux compenser dans ces établissements les inégalités d’accès à la culture. Il y a une soif désespérée de la culture dans les établissements qui en sont éloignés. C’est là qu’il faut mettre le paquet, les sections sport-étude, le théâtre, le sport, les langues étrangères, implanter les classes préparatoires aux Grandes écoles... Vous imaginez la révolution qu’il y a à accomplir ? »

« La mixité sociale de l’école est le reflet de la mixité sociale du quartier. Comme les quartiers sont devenus souvent des ghettos, l’école est à l’image de ces ghettos. Autrement dit, l’école ne pourra pas toute seule refaire de la mixité sociale. C’est la politique de la ville qui peut refaire de la mixité sociale. Deuxièmement, on peut repenser la carte scolaire, comme cela a été fait dans certaines villes (...) Dire aux gens que du jour au lendemain on va refaire de la mixité scolaire dans les quartiers, comme je l’entends dire par certains politiques, c’est un mensonge (...) »

« Je pense qu’il faut valoriser les écoles où aujourd’hui les familles ne veulent plus mettre leurs enfants (...) Je refuse qu’au CP, le destin scolaire d’un enfant soit déjà verrouillé (...) Le “busing” (des élèves de quartiers difficiles dans des écoles plus favorisées) a été expérimenté avec succès à Lyon. Certaines écoles délaissées par tous ont été carrément fermées et ce sont les écoles du centre ville qui ont été mixées. C’est une réussite. Mais ce qui réussit quelque part (...) ne peut systématiquement être transposé d’un quartier à un autre. »

Délinquance et encadrement militaire

« Je suis dure avec les causes du crime parce que je veux les prévenir et faire en sorte que les enfants ne deviennent pas des délinquants, que l’on puisse intervenir le plus tôt possible. »

« L’encadrement militaire, je crois que c’est une excellente solution. Ca n’est pas la seule, mais tout vaut mieux qu’un mineur en prison. Un mineur qui ressort de prison est dans 70% des cas récidiviste. Je considère que la République doit à ces enfants avant qu’ils n’aient atteint l’âge de la majorité toutes les solutions alternatives à la prison, sauf s’il y a des crimes de sang (...). »

« Je pense qu’il faut redonner confiance aux jeunes [délinquants]. On va les mettre dans des lieux stricts, qui ne sont pas des lieux militarisés, où ils auront l’occasion de passer le permis de conduire, de se remettre à niveau sur le plan scolaire, de se rendre utile, de se rendre dans les pays pauvres pour construire des écoles... bref de s’épanouir et de découvrir, alors qu’on les a laissé croire toute leur vie qu’ils sont bons à rien. Je suis sûre qu’avec des méthodes pédagogiques comme celles-ci qui sont à la fois humaines, généreuses et fermes, on leur évite la prison. »

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