> POLITIQUE DE LA VILLE > POLITIQUE DE LA VILLE. Types de documents > Politique Ville (Rapports officiels) > Le 1er rapport de l’Observatoire des Zus (Le Monde)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Le 1er rapport de l’Observatoire des Zus (Le Monde)

24 novembre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Monde » du 23.11.04 : moins de formation dans les ZUS

Les zones urbaines sensibles sont enlisées dans la précarité

Situation de l’emploi "préoccupante", retard scolaire, vie culturelle limitée, le premier rapport de l’Observatoire des zones urbaines sensibles (ZUS), rendu public mardi 23 novembre, dresse un constat sévère de l’évolution de ces quartiers, dotés cependant d’un "réel dynamisme économique".

Le rapport de l’Observatoire, créé par la loi de rénovation urbaine du 1er août 2003 pour donner une photographie sur le long terme de ces 751 quartiers, donne du poids à la volonté exprimée mardi 23 novembre par les patrons d’entreprise, menés par Claude Bébéar (Axa), de lutter contre les discriminations raciales ou territoriales.

La situation de l’emploi dans ces quartiers est "particulièrement préoccupante", selon l’Observatoire. En 2003, environ 20 % de leur population active était au chômage, le double du taux national. Et ce taux a augmenté de manière significative entre 1990 et 1999. Les étrangers sont plus touchés que les Français. A situation comparable, leur risque d’être au chômage est majoré de 15 à 17 points.

Un réel dynamisme économique

Une des caractéristiques des zones urbaines sensibles (ZUS) reste, selon l’Observatoire, l’écart de niveau de formation de leurs habitants, en comparaison avec la moyenne nationale. Cet écart a persisté, et la proportion de non-diplômés était, en 1990, 1,5 fois plus élevée en ZUS, elle était de 1,8 % supérieure en 1999.

La qualité de vie dans ces quartiers ne s’est pas non plus améliorée. Si les équipements de sport, culture et loisirs sont plus nombreux que dans les autres quartiers, leur fréquentation ne concerne qu’une part relativement faible de la population. La faiblesse des revenus est une explication, mais pas la seule, car, à revenus égaux, les habitants d’autres quartiers ont plus d’activités. En fait, ces quartiers souffrent d’un "vrai déficit d’animation urbaine" et l’ambiance y est peu favorable aux sorties, aux pratiques ludiques ou festives. Plus de 30 % des habitants jugent d’ailleurs que leur quartier n’est pas agréable à vivre. Les points noirs sont le bruit, du fait de la proximité de ces quartiers avec les voies ferrées ou routières, le risque industriel et l’insécurité.

L’Observatoire note cependant un espoir, car les niveaux de formation des demandeurs d’emploi s’élèvent rapidement, comme d’ailleurs à l’échelle nationale.

De plus, les zones urbaines sensibles connaissent un "réel dynamisme économique" grâce aux zones franches urbaines, où les entreprises créatrices d’emploi sont exonérées de charges sociales et taxes. Entre 1999 et 2002, le nombre d’établissements a cru de près de 40 % dans les 38 zones franches urbaines créées en janvier 1997.

Au dernier recensement, 4,67 millions d’habitants vivaient en ZUS (268 000 de moins qu’en 1990), soit moins de 8 % de la population nationale. Les familles nombreuses ou monoparentales y progressent plus vite qu’ailleurs, et la population étrangère reste sur-représentée. Enfin, les ZUS comptent 27 % de ménages pauvres, trois fois plus que le reste de l’espace urbain.

Avec l’AFP.

Répondre à cet article