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Lors de la Nuit européenne des musées le 14 mai, les élèves du collège REP+ Gustave Courbet à Romainville (93) ont présenté au Louvre leur travail d’un an sur le fantastique à travers des tableaux historiques

20 mai

Si le Louvre m’était conté… par les élèves de l’académie de Créteil
À l’occasion de la Nuit européenne des musées le samedi 14 mai, les élèves du collège Gustave-Courbet à Romainville (93) se sont produits au Louvre. Au cœur de leur représentation : un travail dédié au fantastique.

Les œuvres du Louvre à l’épreuve de l’imagination de nos élèves

Dans le cadre des ateliers « De la classe au Louvre » – partenariat entre le musée et les académies de Paris, Créteil et Versailles – la classe de 4e F du collège Gustave-Courbet s’est lancée dans un travail colossal autour du fantastique. Point de départ de leur aventure : cinq tableaux historiques des « salles rouges » du musée parisien. « À l’issue d’une visite découverte du musée en novembre dernier avec les professeurs du projet, Mme Fert, professeure d’arts plastiques, et M. Darloy, professeur d’histoire-géographie, j’ai laissé les élèves choisir le tableau qu’ils préféraient. Ensuite, par groupe de deux ou trois, ils en ont étudié le contexte historique. »
Émilie Restoueix, enseignante de lettres, a peaufiné son projet « Si le Louvre m’était conté » pendant une année entière avec ses élèves. Les collégiens ont commencé par travailler les registres réaliste et fantastique en début d’année, pour faciliter le travail d’imagination ; puis ils ont intégré les codes narratifs propres au genre de la nouvelle. Ils se sont ensuite servi de leur travail sur le contexte historique des cinq tableaux du Louvre pour imaginer le premier paragraphe de leurs huit nouvelles fantastiques : « J’étais convaincue que l’image est le meilleur des points de départ pour imaginer une histoire. »

Passer l’Histoire au filtre de l’imaginaire

Et si l’Histoire s’était passée autrement ? « Les élèves étaient libres de choisir l’élément surnaturel qui allait faire basculer la scène historique en moment surnaturel. Ils avaient cependant deux contraintes d’écriture : le récit devait être effrayant, et le lecteur devait douter à la fin de l’histoire. » Et si les vampires, les morts-vivants, les fantômes et les monstres marins avaient vraiment eu un rôle dans l’Histoire ? Les collégiens ont choisi un personnage dans chaque tableau, et celui-ci est devenu leur narrateur, celui à qui ils allaient prêter leur voix ultérieurement lors de la restitution orale du projet.
Dernière étape, la « mise en mots » de leur imaginaire : « Ils ont découvert le travail primordial du brouillon, la difficulté de travailler en groupe et de se mettre tous d’accord, mais aussi la nécessité de respecter les codes narratifs de la nouvelle sur lesquels ils avaient travaillé. »

Écriture, reliure, enluminure… et lecture
En parallèle, ils ont participé à un atelier sur les formes du livre à la Bibliothèque nationale de France et ont travaillé à la mise en page numérique de leurs textes, dans le but de « publier » leur recueil. Et dans le cadre d’une autre visite au Louvre, ils ont aussi pris le temps de s’imprégner de « leur » tableau pour fabriquer une planche de bande dessinée avec leur professeur d’arts plastiques : « C’était une amorce de l’élaboration assez longue de l’illustration de leur histoire. »
Textes écrits et finalisés, mise en page numérique définie et effectuée, illustrations réalisées et peaufinées : le recueil était créé. Restait encore la partie la plus délicate et la plus difficile du projet : la mise en voix des huit nouvelles. « Pendant huit semaines, ils ont perfectionné la mise en voix de leur récit avec le metteur en scène du projet, Aurélie Rochman de la Compagnie Sans Édulcorant. C’était un exercice difficile pour des élèves qui ont peu confiance en eux, et pour qui parler à haute voix devant la classe est déjà un défi. Il a fallu de la patience et du temps pour qu’ils prennent conscience du talent qu’ils pouvaient avoir, en travaillant sans relâche. »

La mise à l’épreuve dans le « Studio » du Louvre, le samedi 14 mai
« Les élèves ont été impressionnants de concentration et de détermination au Louvre lors de la restitution. Nous attendons donc maintenant avec impatience la version plus ‘scénique’ du projet sous forme de spectacle au Pavillon. » Un spectacle basé sur le travail des élèves aura en effet lieu le jeudi 9 juin au théâtre Le Pavillon à Romainville : « Silence complet, semi-obscurité et musique angoissante… Les fantômes de l’Histoire devraient pouvoir faire frissonner le public ! » Point d’orgue de ce travail monumental, l’impression du recueil de leurs huit nouvelles par la mairie de Romainville au mois de juin.
« Je voulais qu’une classe de 4e sans option puisse présenter un parcours d’éducation artistique et culturelle (PEAC) l’année suivante à l’oral du brevet. Je souhaitais également leur ouvrir les portes d’un des plus grands et des plus extraordinaires musées du monde. J’espérais aussi qu’ils s’y sentent un peu chez eux, au fur et à mesure de nos visites pendant l’année. »
Gageons que Mme Restoueix, ses collègues et les élèves de la 4e F auront gagné leur pari haut la main au mois de juin…

Extrait de ac-creteil.fr du

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