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Le "syndrome de la salle des profs" et l’esprit d’équipe (Le Monde de l’éducation)

4 mai

Le « syndrome de la salle des profs » est-il un mythe ?
A quelques jours du premier tour, Emmanuel Macron avait déclenché la colère des enseignants sur les réseaux sociaux en évoquant ce supposé syndrome, selon lequel les professeurs les moins investis décourageraient les plus motivés.

Le métier d’enseignant, réputé plutôt solitaire, serait soumis aux dynamiques de groupe – et plutôt pour le pire que pour le meilleur. C’est en tout cas ce qu’a sous-entendu Emmanuel Macron, le 6 avril, en campagne pour sa propre réélection à l’Elysée, dans les colonnes du Figaro, lorsqu’il a déclaré vouloir « répondre au syndrome de la salle des profs, où celui qui se démène est parfois moqué par celui qui fait le minimum syndical ».

Des propos jugés blessants par de nombreux professeurs – quand d’autres, moins nombreux, assuraient avoir déjà fait l’expérience de salles des profs figées dans des habitudes anciennes qui les empêchaient d’avancer.

Le « syndrome de la salle des profs » est-il un mythe ou une réalité ? Et dans quelle mesure les dynamiques collectives influent-elles sur le travail dans chaque classe ?

[...] Une enseignante d’école primaire parisienne raconte, par exemple, le contraste entre deux établissements fréquentés l’un après l’autre. Dans le premier, une salle des maîtres peuplée de collègues « en fin de carrière, qui en ont un peu marre » et « passent leur temps à tout critiquer : le système, les parents, les élèves… » Dans le second, une équipe dynamique – et pas particulièrement plus jeune – constamment à la recherche de nouveaux projets, qui partage tout et laisse les portes ouvertes « pour que les autres maîtres puissent voir les projets affichés sur les murs, s’en inspirer, mettre en commun ».

A toutes les échelles de la vie quotidienne, « l’esprit d’équipe » – ou son absence – transforme la vie des enseignants, juge cette professeure des écoles. Arrivée quasiment débutante dans sa précédente école, elle avoue y avoir « dépéri », privée d’échanges avec des enseignants plus âgés dont elle aurait apprécié l’aide et les conseils. « Bizarrement, plus j’étais en difficulté, plus ils m’appréciaient », s’amuse-t-elle aujourd’hui.

Une intégration parfois difficile
L’esprit d’équipe se loge dans de nombreux petits détails. Un bon exemple est celui de la pause repas, qui, dans certaines écoles, ne se fait pas dans la salle des maîtres mais chacun dans sa salle. « Ça paraît bête, mais quand vous passez toutes vos journées avec des enfants petits, se retrouver entre adultes à midi, c’est précieux », assure l’enseignante.

Ces petits riens font à la fois la qualité de la vie au travail, et la qualité de ce qui est proposé aux enfants. « Dans mon ancienne école, on ne partageait pas le matériel, par exemple », se souvient-elle encore. « Il fallait aller frapper à la porte d’un autre pour se faire prêter un album ou un manuel. Ici, on partage tout, et cela aide à avoir des idées et à enrichir en permanence les activités. »

Extrait de lemonde.fr du 02.05.22

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