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Un prof de ZEP à Saint-Denis (93) contre la « constante macabre »

21 juin 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « VousNousIls », le 20.06.06 : Bien noter pour mieux réussir : des profs le prouvent avec un nouveau système

Des enseignants testent depuis deux ans dans certains établissements un tout nouveau système de notation qui rehausse le niveau des élèves, leur apprend à mieux travailler et à reprendre confiance en eux comme en témoignent les premiers résultats.

Ce nouveau système intitulé "Système d’évaluation par contrat de confiance" (EPCC) a été créé il y a deux ans par André Antibi, professeur à l’université Paul-Sabatier à Toulouse et chercheur en sciences de l’éducation.
André Antibi s’est fait connaître dès 2003 à travers un livre, "La constante macabre", dans lequel il dénonçait déjà le poids excessif de la note au sein d’un système qui sélectionne par l’échec et finit par décourager beaucoup d’élèves.
La "constante macabre" qualifie ainsi cette fourchette de mauvaises notes donnée systématiquement après une interrogation écrite, car l’enseignant estime — presque de façon inconsciente — qu’il ne peut y avoir uniquement des bonnes notes par peur de paraître trop laxiste.
"L’EPCC est une réponse à la « constante macabre ».
C’est une méthode simple basée sur du bon sens", a expliqué André Antibi lors de la présentation de ce système mardi à Paris. Il fonctionne sur un principe clair : une semaine avant un test en cours, l’enseignant donne le programme de l’examen à l’élève en choisissant une liste d’exercices déjà corrigés en classe. L’élève n’a plus qu’à refaire les exercices le jour du contrôle.

Il reste à l’élève lors du contrôle une question "non préparée" de quatre points sur 20.

"Ma moyenne en maths a augmenté, je travaille plus à la maison pour préparer les contrôles, ma confiance en moi s’est aussi améliorée", témoigne Romain, 16 ans, en seconde au lycée Prévert à Pont-Audemer dans l’Eure.
André Antibi estime ainsi à plus d’un milliers le nombre de profs "expérimentateurs" de l’EPCC en France.
"J’ai adopté cette notation depuis deux ans dans mon collège, la différence a été flagrante : avec des meilleures notes, les élèves sont davantage motivés, ils participent plus en classe et reprennent confiance en eux.
On ne s’imagine pas à quel point la mauvaise note est destructrice chez un enfant", raconte Mohamed Choubane, professeur de mathématiques au collège De-Geyter classé ZEP et sensible à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis.
Un autre enseignant de Bruxelles, Philippe Langenaken, constate de son côté que "les étudiants travaillent beaucoup plus, avec des résultats nettement plus équilibrés et une moyenne générale qui passe de 12,5 à 15,3".

"On a tendance a tout ramener à l’évaluation alors qu’elle représente 1/15e du temps scolaire ! estime ainsi André Antibi qui "préfère s’assurer que les élèves sachent faire certaines choses plutôt que les piéger".

Cette expérience commence petit à petit à séduire au ministère de l’Education nationale, assure encore André Antibi. Ce pédagogue sortira un livre dès la rentrée sur ce sujet, basé sur un questionnaire auprès de 1.200 profs, intitulé : "Les notes : la fin du cauchemar".

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