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La violence ne se trouve pas qu’en ZEP (Interview d’un médecin scolaire)

27 octobre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Parisien » du 26.10.04 : La violence existe ailleurs qu’en ZEP

« La violence à l’école a empiré »
- Avez-vous été choquée par l’histoire d’Altkirch ?

Dr Gisèle George :
- « Malheureusement non, car elle n’a rien d’exceptionnel. Pour moi, c’est même du quotidien. Je vois arriver très régulièrement des petits bouts de chou qui disent tous leur peur d’aller à l’école. Pendant très longtemps, on s’est focalisé sur les ZEP.

Mais la violence, physique ou morale, concerne désormais tous les âges, toutes les écoles, tous les milieux sociaux. Qu’est-ce qui a changé ? La guerre des boutons a toujours existé dans les cours de récréation. Mais, depuis quelques années, les choses ont empiré de trois façons : par l’intensité, la perversité et la précocité. Ce n’est pas que les enfants sont plus méchants qu’avant. Ce sont leurs références, donc les moyens qu’ils utilisent, qui ont changé. Les degrés de violence sont devenus inadmissibles et ne touchent pas que les collégiens.

En primaire et même dans les grandes sections de maternelle, on voit des choses terribles : des bagarres à trois ou quatre contre un, des jeux de tabassage contre un plus faible, des stratagèmes de vengeance particulièrement retors, du racket pour un jouet plus beau, voire pour voler un simple goûter. L’enfance, c’est clair, est moins protégée qu’avant à l’école.

Que peuvent faire les parents ? Le plus préoccupant, c’est que les adultes ne parviennent pas à mettre de frein, car ils ne prennent pas la mesure des problèmes. Ils ne s’imaginent pas que leur petit ange puisse être un racketteur. Pourtant, un bambin ne devient pas agressif par hasard. Cela ne m’étonnerait pas que, dans cette histoire, les enfants en cause soient, à la maison, des petits tyrans ou des opposants qui ne supportent pas la moindre frustration. Comment endiguer le phénomène ? Il faudrait déjà commencer par retrouver le sens de l’autorité parentale à la maison, ainsi qu’une surveillance plus marquée dans les cours de récréation. Très important aussi : prendre en charge, avec un vrai suivi psychologique, les enfants victimes, mais aussi les petits agresseurs.

* Auteur des « Enfants malades du stress », Editions Anne Carrière (2002), réédité cette année en Pocket Poche, 5,50 euros .

Propos recueillis par Charles de Saint Sauveur.

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