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Le "métier d’élève" et les inégalités sociales en temps de pandémie (The Conversation)

5 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Le « métier d’élève » et ses transformations en temps de pandémie
Natalia Pino
Docteure en éducation. Chercheure associée au Laboratoire Cerlis et CREF, Université de Paris

Les épreuve du métier
[...] Comme le disait le pédagogue suisse Philippe Perrenoud le métier d’élève consiste à faire « juste ce qu’il faut » pour rester dans la course, et à ne pas « prendre au sérieux » tout ce que les professeurs demandent. Derrière cette stratégie, certains élèves cherchent à surmonter les épreuves de l’expérience scolaire (sens des études, autonomie face au travail, évaluations). En effet, tout comme les enseignants, les écoliers, collégiens et lycéens cherchent à trouver du sens aux activités routinières qui leur sont “proposées”, aux demandes des enseignants. Bref, l’enjeu est de savoir rester motivé au fil des épreuves quotidiennes.

Enfin, il faut comprendre le métier d’élève comme une sorte de « protection » pour l’enfant. Comme tout métier, celui-ci représente pour les individus une défense contre les attentes de l’organisation qui les emploie. L’institution scolaire exige des élèves d’être des acteurs de leur apprentissage, des constructeurs de leurs savoirs, parfois non sans une certaine « violence ».

Dans ce sens, être élève consiste alors à sauver les apparences, à étudier tout en rêvant, en bavardant, en s’amusant ou en trichant. Se met en place une sorte de mécanisme de défense pour protéger son identité et son estime de soi, mises à l’épreuve par l’évaluation constante des maîtres.

Les inégalités sociales
[...] En particulier, en France, les premières enquêtes laissent entendre l’inégale capacité des élèves à travailler en autonomie, mettant en lumière différences méthodes d’accompagnement parental selon les milieux sociaux.

L’enquête menée par Romain Deles et Filippo Piron à l’Université de Bordeaux montre, par exemple, que, si bien les parents d’élèves issus des classes populaires investissent plus de temps dans l’accompagnement scolaire, ils mobilisent des méthodes plus directes (comme la surveillance des devoirs) que les parents de classes favorisées. Ces derniers utilisent des méthodes d’accompagnement moins directes mais plus riches et complexes, en proposant par exemple à leurs enfants des activités complémentaires aux activités d’enseignement, comme des ateliers artistiques, de dessin ou de musique.

Extrait de theconversation.com du 04.05.21

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