> EDUCATION. Généralités (hors EP) > Education. Généralités (Rapports officiels) > Le Conseil national de la productivité (France Stratégie) analyse les effets (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Le Conseil national de la productivité (France Stratégie) analyse les effets économiques du confinement et du faible niveau scolaire des milieux défavorisés en France

15 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Les effets de la crise Covid-19 sur la productivité et la compétitivité

Le deuxième rapport du Conseil national de productivité (CNP) se concentre sur les conséquences de la crise économique et sociale sans précédent générée par la Covid-19 sur la productivité et la compétitivité de la France. Cette crise ne frappe pas que la France et c’est pourquoi ce rapport compare les évolutions dans les différents pays européens.

Conseil national de la productivité. (France-Stratégie)
janvier 2021, 62 p.

EXTRAIT
[...] (page 18)
Compétences et productivité
Dans un troisième et dernier chapitre, ce rapport aborde la question d’une performance médiocre de la France en matière de formation initiale et continue. La France se distingue des autres pays européens comparables par un moindre niveau de compétences de la population active, par la prévalence d’un niveau inférieur de compétences chez les moins diplômés et par des inégalités en termes de capital humain qui sont moins réduites par le système scolaire. Si la productivité des personnes en emploi est à un niveau élevé en France, ces performances médiocres en matière de formation influencent négativement la participation au marché du travail.

En retour, le fort taux de chômage structurel se traduit par une perte de compétences des personnes éloignées du marché du travail, car jusqu’à une période récente la formation professionnelle n’était pas particulièrement ciblée sur les chômeurs et les personnes les moins qualifiées.

Le capital humain étant le principal moteur des gains de productivité, les enjeux majeurs pour le pays passent par une réduction des inégalités scolaires dès le plus jeune âge et par le renforcement du recours à la formation tout au long de la vie, avec un ciblage sur les moins diplômés. Des réformes récentes ont été engagées en ce sens, mais il est trop tôt pour en mesurer les effets. L’agilité du système de formation va être fortement sollicitée pour accompagner les mutations industrielles résultant de la crise et des mesures prises en réaction. Par exemple, la rénovation énergétique des bâtiments activement soutenue par le plan de relance va nécessiter de nouvelles compétences.

L’analyse pointe également le risque conséquent de perte de capital humain liée à la fermeture des écoles pendant le premier confinement et aux difficultés d’insertion sur le marché du travail des jeunes après leur formation. Le confinement du printemps s’est traduit par un retard dans l’acquisition des compétences par les élèves, en particulier chez les plus fragiles socialement.
Du point de vue des résultats scolaires, les expériences de crises précédentes montrent que le retard pris ne sera pas rattrapé si des mesures spécifiques ne sont pas mises en place dans ce but en direction des plus défavorisés. De la même manière, les difficultés d’insertion sur le marché du travail, la réduction des opportunités, le chômage de longue durée auront des effets à long terme sur la productivité et donc sur la croissance et les niveaux de vie si des mesures correctives ne sont pas mises en œuvre.

Voir aussi
- (pp. 85-117) le chapitre 3. Compétences et productivité
- (p. 163) l’annexe 4 : Dispersion des compétences des adultes

Extrait de strategie.fr de janvier 2021

 

En bas à gauche les mots-clés de l’article
et ci-dessous les 10 derniers articles de la rubrique Education. Généralités (Rapports officiels) (chemin en haut de la page 🏠)

Répondre à cet article