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Le tourisme associatif en zones rurales fragiles

26 avril 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site du Conseil économique et social, le 26.04.06 : Le tourisme associatif en milieu rural, source de développement local et de cohésion sociale

5 extraits du rapport de Jean-Pierre Marcon

Une attention particulière aux populations et sites d’accueil

Véritable enjeu économique, le tourisme associatif a rapidement retenu l’intérêt des élus locaux qui, reconnaissant les bienfaits de ce tourisme, tant en termes d’économie locale que d’aménagement du territoire, ont souhaité valoriser son implication dans les territoires.
Ce concept s’est manifesté en France lorsque les migrations de la campagne vers les grandes villes entraînaient la désertification de certaines régions et notamment les régions montagneuses où l’agriculture était la moins rentable (une image : Paris et le désert français).

Le tourisme intérieur, qui se développait avec l’accroissement du pouvoir d’achat et l’attrait du retour à la nature (chez les citadins), est devenu donc un moteur possible pour revitaliser les zones fragiles. Même si le tourisme ne peut pas tout car il est saisonnier (rythmé par les saisons et les vacances scolaires), il s’avérait être avec l’agriculture un pôle de création de flux économique non négligeable (exemple de Vacances Auvergne Limousin (VAL) : 8 000 lits créés entre 1970 et 1980 dans le Massif central).

(...)

On doit cependant reconnaître que certains équipements, situés dans des zones difficiles, à faible attractivité touristique ne sont pas économiquement rentables, malgré les aides publiques et sociales. Sans attractivité, difficilement accessibles, très éloignés des grandes agglomérations, sans services de proximité, ils auraient dû être abandonnés par les associations si celles-ci n’avaient considéré que leurs résultats économiques.
Fidèles à leurs engagements à l’égard des collectivités locales qui les ont accueillies et soucieuses de participer elles aussi au maintien d’une vie locale, les associations restent présentes dans ces sites grâce à un système solidaire de gestion entre les différents établissements gérés par une même association.

Ainsi, un système de péréquation - au sein d’un même opérateur touristique - permet aux sites non-rentables de bénéficier des excédents des structures plus favorisées et de poursuivre leur activité, activité qui souvent contribue à maintenir en vie une localité isolée.

(...)

Face à ce constat le Conseil économique et social demande que le ministère de l’Éducation nationale fixe désormais son calendrier scolaire après consultation de l’ensemble des professionnels du tourisme. On pourrait envisager un zonage pour la première et la dernière semaine des vacances d’été et même des départs anticipés pour les collégiens et lycéens qui n’ont plus cours à partir du 15 juin.

(...)

Le développement de l’activité du tourisme associatif passe aussi par la prise en compte de nouveaux bénéficiaires. Dans ce cadre, un intérêt particulier devrait être porté aux publics qui ne sont pas spécifiquement identifiés comme clientèle touristique et qui pourtant jouent un rôle important dans l’économie locale. Il s’agit en particulier des vacances collectives d’enfants et d’adolescents et surtout d’enfants en classes de découverte. Ces derniers sont au nombre de 700 000 et fréquentent les territoires en dehors des vacances scolaires. L’impact social et économique de ces activités périscolaires est très largement sous évalué.

Une politique volontariste, en lien avec l’Éducation nationale devrait être mise en place pour favoriser les départs en classes de découverte et plus particulièrement à l’automne. Cela suppose donc une concertation interministérielle dans le but notamment d’assouplir certains aspects réglementaires.

(...)

L’attention à la personne, l’aide au plus grand nombre
Le tourisme social et associatif s’est toujours considéré comme un acteur incontournable de démocratisation du tourisme et un vecteur essentiel de mixité sociale et d’éducation à la citoyenneté. Il a, en quelque sorte, devancé la législation qui a considéré, en 1998, que l’accès aux vacances et aux loisirs permettrait de lutter contre les exclusions10.

Porté par les mouvements d’éducation populaire, les associations, les comités d’entreprise, sans oublier les collectivités territoriales et les pouvoirs publics, il a été conçu avec l’objectif principal d’assurer l’accès du plus grand nombre à des vacances épanouissantes, il se conjugue également sous les formes suivantes :

- les exclus du travail ne doivent pas non plus être des exclus des vacances ;

- un tourisme ouvert aux populations défavorisées ;

- un tourisme ouvert et solidaire : une plus généreuse idée des vacances.

Le non-départ en vacances est dans la plupart des cas liés à une insuffisance de revenus de la famille. La mise en place d’un système d’aides était donc nécessaire. Sans que l’on puisse parler de politique concertée, on peut dire qu’il y a eu des efforts de l’État et des organismes sociaux, des syndicats, des associations de tourisme pour progresser dans ce sens.

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