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Des polytechniciens dans des ZEP de Seine-Saint-Denis

23 février 2006

Extrait du « Monde » du 22.02.06 : Un stage de sept à huit mois "dans la vie" pour les X

« Taupins vous étiez, taupins vous ne serez plus." C’est ce qu’entendent dire les 500 lauréats annuels du concours de Polytechnique. Usés par deux ou trois années de classes préparatoires dites "taupes", les jeunes cerveaux commencent leur expérience de la grande école par un stage de sept à huit mois "dans la vie" : à Polytechnique, on appelle cela "l’année de formation humaine et militaire". Elle a lieu d’octobre à Pâques.

La plupart effectuent un stage dans les forces armées, la voie naturelle pour ces étudiants sous tutelle du ministère de la défense. Près d’un quart (dont les 100 lauréats étrangers, qui eux n’ont pas le statut militaire) offrent leurs services dans le civil : stagiaires dans la police nationale, l’administration pénitentiaire, dans des ONG ou des associations caritatives, dans l’éducation nationale.

Les stages ont lieu en milieu défavorisé. Notamment dans des collèges ou lycées de zones d’éducation prioritaires (ZEP) des académies de Créteil, Versailles, Strasbourg, Toulouse.

En fin de stage, les élèves font un compte rendu écrit de leur activité et un exposé oral devant un jury composé de cadres militaires et de professeurs civils de l’école. A quoi s’ajoute l’appréciation du tuteur qui les a accompagnés. La notation prend en compte l’ardeur au travail, l’esprit d’équipe, le sens des responsabilités, la pratique de l’autorité. Elle tient une part non négligeable dans le classement final des polytechniciens.
"Une expérience unique »

D’autres sortes de partenariat existent entre les grandes écoles et les ZEP. Mais par la longueur du stage et la qualité de l’investissement des élèves, cette pratique est spécifique à l’Ecole polytechnique. "C’est surtout une expérience unique dans la vie des élèves, note le lieutenant-colonel d’Andlau, directeur de la formation humaine et militaire. Nous n’avons pas vocation à former de purs scientifiques mais des individus à part entière, à l’esprit ouvert."

Les effets réels de ces stages sont difficilement quantifiables. A l’Ecole polytechnique, on constate cependant que de plus en plus d’organismes administratifs envoient des demandes pour recevoir des stagiaires polytechniciens.

Quant aux stagiaires eux-mêmes, ils retournent généralement au cours de leur scolarité dans les formations où ils ont été accueillis. "Ils s’investissent d’une manière qui les dépasse", se réjouit le lieutenant-colonel d’Andlau. De quoi conforter les partisans d’un service civique obligatoire.

Marion Van Renterghem.

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