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Maternelle. Une lettre ouverte d’organisations et partenaires. Selon le SNUipp, de nombreux postes seront supprimés à la rentrée 2018, y compris en éducation prioritaire

27 mars 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Alors que se tiennent les "assises de l’école maternelle", le SNUipp-FSU et neuf autres partenaires du monde éducatif réaffirment leur ambition pour l’école maternelle

Lettre ouverte au ministre de l’éducation nationale

Paris le 24 mars 2018

à M. Jean-Michel BLANQUER
ministre de l’Éducation nationale

Monsieur le ministre de l’Éducation,

Des assises de l’école maternelle sont organisées. Sans doute s’agit-il de faire un état des lieux de l’existant et présenter les leviers d’amélioration. C’est pourquoi, nous, représentants des personnels, de parents et d’associations qui constituons la communauté éducative, devons participer à la réflexion. Nous avons une analyse et un projet pour l’école maternelle qui repose sur les réalités de terrain. L’école n’est pas un sujet qui doit être traité dans l’entre soi mais qui doit prendre en compte les approches plurielles et être mis en débat avec celles et ceux qui la font vivre. Pour nous l’école maternelle, est une école à part entière, école première où l’on apprend ensemble !

L’école maternelle doit être une école bienveillante et exigeante. Souvent lieu de la première socialisation hors de la famille et lieu de la première rencontre des familles avec l’institution scolaire, elle est avant tout un milieu où l’on grandit en apprenant avec les autres... Les apprentissages y sont multiples et complexes, permettant le développement de chaque enfant. Les enseignantes et enseignants, les ATSEM, les AESH et l’ensemble des interventions des personnels qualifiés et experts prennent en compte les multiples dimensions du développement de l’enfant et mettent en place des modalités spécifiques d’apprentissage. Les enseignants s’assurent de la construction des savoirs par une évaluation des acquisitions fondée sur une observation continue et attentive des réussites et des progrès de chaque élève. Le langage, dont la place essentielle a été réaffirmée dans le programme de 2015, est à la fois le produit et la source de ces apprentissages. C’est bien à l’école maternelle que les élèves sont amenés à construire un nouveau rapport au langage, pour communiquer mais aussi parler et penser le monde.

Les parents ne s’y trompent pas, ils manifestent à l’école maternelle soutien et confiance et y scolarisent massivement leurs enfants. Entre la crèche et l’école élémentaire, l’école maternelle doit prendre toute sa place et défendre sa spécificité. Pour cela elle doit offrir un cadre sécurisant à tous les enfants, leur renvoyer un regard positif, créer les conditions d’une égalité d’accès au savoir, permettre l’activité intellectuelle grâce à l’action et au langage pour élaborer leur pensée.

Le rôle de l’école maternelle est fondamental pour garantir la réussite de tous les élèves.

Tout au long du cycle 1 se construisent des savoir être et savoir-faire essentiels pour un développement harmonieux de chaque enfant et de ses capacités à entrer dans les apprentissages de l’école maternelle et de la suite de leur scolarité. L’école s’appuie sur le principe fondamental que tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser.

Des recherches nationales montrent la corrélation entre scolarisation précoce et réussite future. La scolarisation à 2 ans est un facteur de réussite notamment pour les enfants les plus éloignés de la culture scolaire. Mais cela suppose des adaptations matérielles et temporelles, des moyens et une pédagogie prenant en compte les besoins et le développement des très jeunes enfants. Les conditions d’accueil doivent donc répondre à ces exigences.

Gratuite, l’école maternelle bien que non obligatoire, exige une feuille de route ambitieuse. Elle a aussi besoin de stabilité pour confirmer son rôle essentiel dans la réussite de toutes et tous. Cela nécessite un investissement de l’état et des collectivités locales.

C’est en agissant sur les effectifs par classe, la formation de tous les personnels, l’aménagement des espaces et du temps, le maintien de contenus d’apprentissages exigeants dans tous les domaines, le développement de la relation aux familles, la présence effective des réseaux d’aide (RASED), la complémentarité des personnels que nous ferons grandir encore l’école maternelle.

C’est cette ambition partagée que nous souhaitons porter dans le cadre des assises de la maternelle.

Isabelle Racoffier, présidente de l’AGEEM
Roseline Prieur-Ndiaye, présidente du CRAP-Cahiers pédagogiques
Liliana Moyano, présidente de la FCPE
Isabelle Lardon, secrétaire du GFEN et Jacques Bernardin, président du GFEN
Agnès Joyeux, membre du CA collégial de l’ICEM-pédagogie Freinet
Claire Le Calonnec, secrétaire générale d’Interco-CFDT
Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa
Catherine Nave-Bekhti, secrétaire générale du Sgen-CFDT
Regis Metzger, Arnaud Malaisé, Francette Popineau, secrétaires généraux du SNUipp-FSU
Didier Bourgoin, secrétaire général du Snuter-FSU

Extrait de snuipp.fr du 24.03.18 : Une lettre ouverte

 

 

Primaire : Selon le Snuipp près de 1000 postes seront supprimés en maternelle à la rentrée

A la veille des Assises de la maternelle, les données révélées par le Snuipp Fsu apportent un nouvel éclairage sur la gestion ministérielle. Basé sur les remontées de tous les départements, le syndicat annonce que 5 442 postes sont nécessaires pour couvrir les dédoublements annoncés par JM Blanquer. Or le ministre n’en possède que 3 880. Il doit donc récupérer des moyens chez les "plus de maitres" (1300), les maternelles (842 postes) et le monde rural 808 postes.

" Comment parler de l’importance du langage en augmentant la taille des classes en maternelle ? Comment justifier que les effectifs allégés sont facteur de réussite sans que cela concerne tous les élèves ? Comment justifier l’attention aux conditions d’apprentissage quand en milieu rural on trouvera à la rentrée des cours multiples à 3 voire 4 niveaux à plus de 20 élèves ?" Les questions du Snuipp interpellent directement l’opinion sur la réalité des engagements du ministre.

Selon le premier syndicat du primaire, 6200 postes sont nécessaires à la rentrée pour faire face aux dédoublements annoncés par JM Blanquer, dont 531 pour les Cp de Rep+, 1835 pour les Ce1 de Rep+, 2910 pour les Cp de Rep. Or le ministre ne dispose que de 3880 postes. Il lui en manque 2320.

Ces postes là il les trouve en récupérant des moyens. D’abord auprès des maitres surnuméraires (maitres +) : 1300 postes, presque tous en éducation prioritaire, seront supprimés à la rentrée sur les 3000 encore existant. La maternelle apparait comme le second gisement où pioche le ministre avec 850 postes supprimés dont 235 en éducation prioritaire (où le solde est négatif de 74 postes). Le rural voit 289 ouvertures de classes mais 1097 fermetures, avec un solde négatif de 808 postes.

" Affirmer donner la priorité au primaire ne peut pas être qu’un slogan", déclare le Snuipp. "Cela doit se traduire concrètement. La baisse démographique aurait pu permettre ici ou là des allègements d’effectifs, alors que plus de 100 000 classes dépassent 25 élèves (RERS 2017), la taille des classes va encore augmenter en dehors des CP et CE1 en éducation prioritaire". Après une première rentrée 2017 faite d’expédients, la rentrée 2018 s’annonce difficile pour la plupart des écoliers.
F Jarraud

Le dossier du Snuipp

Extrait de cafepedagogique.net du 26.03.18 : http://www.cafepedagogique.net/LEXP...

 

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