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Carte scolaire : les réactions syndicales et parentales

12 novembre 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Additifs du 12.11.15
Alors que la ministre de l’Education nationale vient d’annoncer des expérimentations pour renforcer la mixité sociale dans des collèges pilotes dans une quinzaine de départements, la FCPE rappelle qu’elle a toujours revendiqué l’importance d’agir pour plus de mixité sociale à l’Ecole. Mais pour y parvenir, plusieurs conditions sont à réunir. Trop souvent délaissée au profit des intérêts individuels, la mixité sociale nécessite d’abord de faire primer l’intérêt général.

Les parents et leurs représentants exigent d’être associés aux expérimentations dans les départements. La FCPE sera particulièrement attentive à ce que l’intérêt des enfants soit bien la priorité.

La FCPE rappelle également que la liaison école-collège et le renforcement de la mixité sociale vont de pair dans la lutte contre l’échec scolaire. Les expérimentations sur la carte scolaire ne doivent pas être un frein au travail en commun des enseignants des écoles primaires et des collèges d’un même territoire.

La mixité sociale se construit également dans la classe. Il est donc urgent de mettre fin aux classes de niveau qui se sont multipliées dans les établissements. Par ailleurs, la mise en œuvre de la réforme du collège doit concrétiser cet objectif que la FCPE avait appelé de ses vœux.

La mixité sociale est une question urgente. Ces expérimentations ne peuvent pas être la seule mesure prise pour la renforcer au sein de l’Ecole.

Extrait de fcpe.asso.fr du 12.11.15 : Mixité : associer les parents aux expérimentations à venir

 

Le Sgen CFDT est favorable à toute démarche qui permettra de faire progresser la mixité sociale et l’hétérogénéité des publics scolaires dans les collèges. Celle-ci est une condition de réussite scolaire globale et de consolidation du lien social, il est bon de le réaffirmer. En ce sens, le Sgen-CFDT accueille favorablement les annonces ministérielles faites mardi 10 novembre.

Plus spécifiquement, le Sgen-CFDT apprécie que le scénario proposé le soit en terme d’expérimentation, parce que la boîte à outils de la mixité sociale a effectivement besoin d’être renouvelée. De même, le souci de faire du dialogue avec les familles et de l’implication des collectivités locales un levier de la mixité est un parti pris intéressant, mais qui nécessite un engagement politique résolu.

Le Sgen CFDT souligne cependant que la question de la mixité sociale dans les procédures d’affectation au collège ne doit pas occulter les questions de mixité sociale interne à l’établissement. Dans cette optique, les annonces sur des enseignements faits pour attirer les bons élèves nous inquiètent et semblent peu raccord avec les textes sur le collège. Il ne faut pas non plus oublier que les questions de mixité sociale se jouent aussi au lycée (général comme professionnel) et dans l’enseignement supérieur.

Enfin, cette question ne peut se limiter à l’école et il est de la responsabilité de tous les ministères de se poser cette question dans le cadre de la politique de la ville. Le Sgen-CFDT, avec la CFDT, a fait un certain nombre de propositions qui devraient permettre d’améliorer la mixité sociale sur le territoire.

Extrait de sgen.cfdt.fr du 12.11.15 : La mixité sociale, on a tous à y gagner

 

Des mesures encourageantes pour le SNPDEN-Unsa et ID-FO
Les syndicats de chefs d’établissement saluent globalement cette démarche. Le secrétaire général d’ID-FO Philippe Donatien salue la volonté « de travailler avec les familles en amont et pas seulement au moment de la décision d’affectation ». Il estime que cette réforme « est plutôt une bonne chose », en attendant d’en savoir plus sur sa « faisabilité », avant d’ajouter que « pour les chefs d’établissement, la mixité est un facteur de réussite et permet de lutter contre le décrochage scolaire et le déterminisme social. On ne peut que souhaiter des établissements moins homogènes. Nous sommes astreints à une mobilité et avons ainsi acquis une culture de la gestion de l’hétérogénéité des classes ». Interrogé par AEF, le secrétaire général du SNPDEN-Unsa Philippe Tournier a également salué la démarche du ministère, indiquant que « les territoires choisis ne sont pas caricaturaux. Le problème de la mixité n’est pas que l’affaire des extrêmes ».

Extrait de vousnousils.fr du 12.11.15 : Mixité sociale. Premières réactions suite aux annonces de la ministre

 

SE-UNSA
La Ministre vient d’officialiser son plan d’action pour lutter contre les établissements « ghettos ». Les mesures annoncées sont pour l’instant expérimentales et ont pour objectif de « renforcer la mixité sociale dans les collèges ».

A partir de la rentrée 2016, 17 départements volontaires seront accompagnés par un comité scientifique de 12 chercheurs dont Pierre Merle, Agnès Van Zanten ou encore Marie Duru Bellat. Dans chacun de ces départements pilotes, a été ciblé, un territoire restreint marqué par l’ écart significatif de la composition sociale qui existe entre les établissements qu’il regroupe. Sur les 7100 collèges (publics et privés) du pays, ce seront entre 30 et 50 collèges qui s’inscriront dans cette démarche de sectorisation élargie.

Cette volonté de vouloir avancer par étape semble plutôt judicieuse étant donné la difficulté du sujet. En effet, depuis des années, les politiques publiques qui s’engagent vers des réformes sur la carte scolaire font l’objet de vifs débats au sein de l’opinion publique.
Tout le monde est favorable au concept de mixité sociale à l’Ecole. Pour autant, avec le système actuel d’affectation des élèves : « une adresse, un collège »,les classements officieux entre les établissements et les stratégies de contournement qui en résultent, enferment dans un cercle vicieux ceux qui ont mauvaise « réputation ». Inscription dans le privé, jeu des options ou déménagement, tout le monde est favorable à la mixité scolaire, mais tout le monde veut le meilleur pour son enfant.

Pour autant, les derniers résultats PISA et la triste place de notre système éducatif comme étant l’un des plus inégalitaires de l’OCDE, nous rappelle combien il faut lutter contre les inégalités face à l’Education. Le rapport sur "la mixité sociale à l’école et collège" présenté par Jean Hébrad en 2002, évoque une situation qui « met à mal l’un des principes majeurs du service public d’enseignement dans un état démocratique : la possibilité, pour chaque enfant, d’accéder, quelles que soient ses origines, aux mêmes conditions de scolarisation.
Notre fédération a toujours dénoncé ces injustices face à l’Education.

Cela étant, cette question – qui au final est un enjeu de société- ne peut pas être strictement rapporté au choix des familles. La carte scolaire ne peut pas être le seul levier pour garantir une mixité sociale. Ce critère de proximité avec le domicile familial, peut d’ailleurs s’avérer contre-productif et entériner les ségrégations urbaines.
S’il convient d’expliquer à l’ensemble des citoyens que la mixité a un intérêt pour tous, les grandes inégalités qui existent entre les territoires, et bien évidemment le système dérogatoire de l’enseignement privé doivent tout autant faire l’objet d’une réflexion. L’UNSA continue d’appeler à ce que les milliards d’euros alloués aux établissements privés soient- pour le moins- soumis aux mêmes évaluations que l’Ecole de la République.

Après les dégâts produits par l’assouplissement de la carte scolaire par le précdent gouvernement, l’UNSA se félicite de l’ouverture d’une réflexion sur ce dossier. Nous saluons également la démarche expérimentale qui a été retenue car ce dossier sensible mais d’importance mérite d’être travaillé par étape et par l’ensemble de la communauté éducative. L’UNSA Education veillera donc à ce que l’ensemble des acteurs éducatifs soient tenus informés des résultats de cette expérimentation et soient associés à leur développement.

Extrait de unsa-education.fr du 10.11.15 : Mixité sociale à l’Ecole : un dossier difficile mais tellement important

 

SNALC
TRIBUNE - Alors qu’est relancée la question de la carte scolaire, Jean-Rémi Girard estime qu’au nom de la mixité, la suppression des enseignements d’excellence organisée par le ministère de l’Éducation nationale a accru la ségrégation par l’argent.

Jean-Rémi Girard est secrétaire national à la pédagogie du SNALC-FGAF.

Extrait de lefigaro.fr du 09.1.15 : Carte scolaire : le ministère de l’éducation nationale favorise la sélection par l’argent

 

SNPDEN

Depuis de nombreuses années, les personnels de direction alertent sur les processus de ségrégation en cours au sein du service public d’éducation. En mai 2010, le SNPDEN publiait la première grande enquête à ce sujet qui soulignait l’ampleur de la déstabilisation des établissements moyens. En mai 2014, face à l’inertie des pouvoirs publics, le SNPDEN a développé un ensemble de propositions réalistes et progressives, nommé PALME (plan d’aménagement local des mixités à l’école), dont il se félicite de retrouver l’essentiel des dispositions dans les annonces faites par la ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem.

Association des acteurs locaux, souplesse des réponses, progressivité et acceptabilité des mesures annoncent une démarche pragmatique et réaliste mais qui devra se prolonger sur de nombreuses années, sans dévier, pour que des résultats
positifs et pérennes puissent être enregistré

Extrait de snpden du 10.11.15 : COMMUNIQUÉ DE PRESSE Le SNPDEN se félicite de la démarche entreprise autour de la mixité.

 

SNES

COMMUNIQUE
Lutter pour plus de mixité sociale à l’école est un enjeu majeur. Proposer des dispositifs pour améliorer cette mixité et en finir avec l’existence d’établissements scolaires ghetto est une nécessité qui ne peut passer que par des politiques volontaristes. Il faut permettre aux élèves de se construire socialement, sans renvoyer aux familles la responsabilité de sortir de l’entre-soi. La mixité sociale est aussi un des moyens permettant de réduire les inégalités de réussite scolaire.

Alors que l’assouplissement de la carte scolaire en 2007 a contribué à l’aggravation des processus de ségrégation scolaire, le SNES-FSU est demandeur d’une réflexion de fond sur la carte scolaire, sur ce qui fait l’attractivité de tel ou tel collège, mais il rappelle qu’il est nécessaire de travailler aussi sur la politique de la ville pour sortir des quartiers ghettos, ainsi que sur l’implantation des établissements privés et les faveurs qui leur sont accordées par certaines collectivités et le ministère.

Si l’expérimentation proposée peut être intéressante, elle n’exonère pas le ministère de travailler aux autres leviers : l’amélioration des conditions de travail et de vie dans les établissements, ainsi que de la formation des personnels, la politique d’éducation prioritaire, la réflexion sur le rôle des options et des dispositifs dans le choix que les parents font des établissements, de l’enseignement public ou privé. De ce point de vue, la réforme du collège est mortifère à la fois pour la mixité sociale dans les collèges qu’elle conduira à mettre en concurrence, et pour la réussite des élèves des milieux populaires, que la conception des EPI va mettre encore davantage en difficulté.

La mixité sociale via la carte scolaire ne doit pas être l’écran de fumée des politiques contreproductives mise en œuvre par ailleurs. De ce point de vue, les annonces de la Ministre paraissent bien dérisoires face à l’ampleur des inégalités actuelles dans notre système éducatif.

Extrait de snes.edu du 10.11.15 : Mixité sociale.Encore du cosmétique

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