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La diminution du nombre de médecins scolaires affecte surtout les enfants de milieu populaire (le SNMSU Unsa)

10 novembre 2014

Avec un corps de médecins scolaires vieillissant et un recrutement en berne, la santé scolaire meurt à petits feux. C’est le constat du principal syndicat de ces médecins à part, le SNMSU Unsa. Le fossé se creuse entre des textes législatifs de plus en plus ambitieux et la réalité sur le terrain. En première ligne de cette situation, les enfants des milieux populaires. « On laisse filer les inégalités en matière de santé » affirme Jocelyne Grousset, secrétaire générale du syndicat et médecin scolaire en Seine Saint Denis.

La médecine scolaire est –elle en « extinction programmée » comme l’affirme le SNMSU ? Selon le SNMSU, En 10 ans, on est passé de 2150 médecins à temps plein à seulement 1100. Et là une simple division donne une idée de l’ampleur du problème : 1100 médecins pour 12 millions d’élèves, cela fait quand même 11 000 petits patients pour chaque médecin ! On estime les seuils maximaux à 5000 enfants en zone normale et 3000 en zep. Ces moyennes cachent de fortes inégalités . Ainsi en Ille et Vilaine, un département en croissance démographique, il n’y a plus que 12 médecins pour 200 000 élèves (un pour 17 000). La moitié des postes sont vacants. Dans l’Indre c’est plus simple : il n’y a plus aucun médecin scolaire.

[...] Plus grave, un nombre croissant d’obligations de santé ne sont plus assumées . La loi de refondation a inscrit pour la première fois un parcours de santé dans les objectifs de l’Ecole. « On en est très heureux », dit la secrétaire générale du Snmsu. « Mais on est dans l’impossibilité d’effectuer la visite obligatoire des enfants de 6 ans », explique-t-elle. Selon elle, seulement un enfant sur cinq en bénéficierait.

« On laisse filer les inégalités en matière de santé », affirme-t-elle. Exerçant dans le 93 elle constate l’abandon par l’Education nationale des enfants des quartiers. « Dans le 93, le bilan à 4 ans en PMI n’est plus effectué pour tous les enfants. Le bilan à 6 ans, qui relève de la médecine scolaire, est fait à 15%. Du coup les enseignants ont en primaire des enfants avec des troubles cognitifs, sensoriels ou de socialisation non diagnostiqués. Or beaucoup de ces enfants vivent dans des familles où on ne voit pas de médecin sauf aux urgences. Ces enfants là ont besoin d’un vrai accompagnement pour que leurs récupèrent la CMU et qu’ils bénéficient de soins médicaux. « La médecine scolaire sait les accompagner. Elle connait aussi les adaptations à effectuer vis-à-vis de l’école. Elle comprend les signes envoyés par les enseignants et elle sait comment les joindre et discuter avec eux. Mais nous n’avons plus les moyens de le faire ».

Extrait de cafepedaggoique.net du 06.11.14 : La santé scolaire est-elle en voie d’extinction ?

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