J’ai assisté à ce débat hier soir, qui était très intéressant.
Quelques interrogations me sont venues à écouter les uns et les autres...
Tout le monde parle des "élèves défavorisés" comme s’il s’agissait d’un bloc homogène, et comme s’il était acquis que le fait de venir d’une famille pauvre légitimait forcément le fait d’avoir des résultats scolaires médiocres. Pourtant le QI n’est que partiellement dépendant du milieu, et il est évolutif. Pourtant je viens d’une famille de très pauvres qui se sont élevés socialement grâce à l’école. Ma belle-famille aussi. Parmi nous il y a des enseignants, des commerçants, des chercheurs...
Mais effectivement, quand mon enfant est entré au CP, dans un charmant village favorisé, j’ai été étonnée de constater que, même là, contrairement à ce qui s’était passé en maternelle, les résultats des enfants se sont mis à coller à la courbe des revenus des parents. Il y avait un seul gosse de pauvres, il a tenu son rôle de gosse de pauvre.
On va alors parler du rôle des parents qui doivent soutenir l’enfant à la maison. Donc les devoirs à la maison sont facteurs d’inégalité scolaire, renforcent les inégalités sociales...
Pourquoi les familles pauvres sont-elles dites défavorisées dans le contexte scolaire ? Peut-être parce que la culture populaire n’est pas la culture de l’école. La culture populaire est riche, et de plus le fait d’être bilingue, de venir d’un autre pays est une immense richesse (d’ailleurs selon certaines études les enfants bilingues apprennent à lire plus vite que les autres). Mais ce n’est pas la culture de l’école. C’est pourquoi parfois quand j’entends parler de scolarisation précoce comme une chance qui n’est pas saisie dans les quartiers populaires, je me sens très gênée ; un enfant est toujours mieux avec sa maman avant trois ans, nous disent les pédiatres, et n’y-a-t-il pas là un soupçon de volonté d’aculturation ?
La culture de l’école n’est pas la seule Culture, mais elle n’a pas à avoir honte de ce qu’elle est. Gaston Kelman a écrit de belles pages contre la pédagogie couscous et pour l’exigence scolaire. L’école devrait à mon sens faire passer le message "je te respecte en tant qu’individu particulier avec une histoire particulière, mais je te demande, qui que tu sois, de faire l’effort de découvrir les plus grands textes d’une certaine culture". Il faudrait faire lire les grands textes à tous les enfants, beaucoup de textes. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’ils n’ont pas le vocabulaire requis ; où vont-ils l’acquérir si ce n’est en fréquentant les textes ? Pas en regardant la télé ou en faisant leurs courses !
Mais alors, puisque maintenant mes enfants sont en ZEP, je vois bien ce qui se passe dans les classes. Comment peut-on penser sérieusement qu’il suffit d’être un "professeur expérimenté" pour savoir comment parler à un groupe de 23 personnes qui contient peut-être 15 nationalités différentes ? Comment l’enseignant construit-il un élève idéal dans ces conditions ? Sur quelles références communes s’appuie-t-il ? C’est là que se pose le problème des représentations, très bien développé dans l’article de Mr Bier sur ce site. Puisque l’on se pose la question des moyens, ne faudrait-il pas plutôt utiliser les moyens à former tous les enseignants aux questions de l’interculturalité et des représentations personnelles ? Ne faudrait-il pas organiser des ateliers dans toutes les ZEP, au moins pour les enseignants et équipes de vie scolaire pour les aider à exprimer ce qu’ils ressentent à ce sujet ?
Et puis ne faudrait-il pas prendre en compte maintenant dans les classes le fait qu’environ 10% des enfants sont dyslexiques, et qu’il existe différents modes d’apprentissage et de mémorisation selon les individus ?
Souvent j’entends parler de volonté de former les parents, on souhaite leur apprendre comment être de « bons parents », comment exercer leur « parentalité ». C’est illusoire, car on ne peut pas former tant de personnes. De plus un bon parent ça n’existe pas. Un parent sufisemment bon, oui. C’est un des trois métiers impossible disait Freud (les deux autres étant enseignant et psy). C’est à l’enfant de juger si son parent est acceptable ou pas. Mon immigré de père gagne bien sa vie, il est très cultivé, mais il a toujours refusé d’aller à une rencontre parents-enseignants. En revanche il est toujours venu aux fêtes et cérémonies. J’ai pu observer récemment les visages des parents qui venaient à une remise de bulletins, même les parents de bons élèves visages pâles semblaient terrorrisés.
Finalement, je pense que les problèmes des ZEP, ce sont les problèmes de l’Ecole tout entière, mais qui se posent de façon plus aigüe qu’ailleurs... et nous avons une chance , grâce aux ZEP, de pouvoir contribuer à changer l’Ecole pour tous.
En tout cas, merci pour votre travail à tous, et pour ce site, vous apportez une grande bouffée d’oxygène et d’espoir dans un monde bien gris !
Cher collègue,
Permets-moi de te tutoyer : tu dois être, comme moi, un prof de ZEP adhérent de l’OZP.
Je trouve que tu es honnête et cohérent mais naïf.
Tout ce que tu dis me convient parfaitement, de même que les termes du communiqué de l’OZP. Je pense même qu’il a fallu du courage et de la cohérence à l’OZP pour dire publiquement que le ministre avait eu du courage et montré de la cohérence.
Alors, pourquoi ai-je parlé de naïveté ?
Parce que tu sembles oublier que ce ministre (homme estimable, certainement) appartient à un gouvernement réactionnaire qui conçoit les relations avec les parents de ZEP de la manière la plus brutale, qui organise la régression de l’obligation scolaire (ce qui n’avait jamais été imaginé depuis 125 ans) par la création d’une voie officielle de relégation à 14 ans, qui a supprimé des milliers de postes d’enseignants, d’aides-éducateurs, de personnels administratifs, etc. qui, par la bouche son seul Ministre d’Etat, injurie les jeunes de ZEP, qui est incapable de faire significativement baisser le chômage, qui multiplie les "boucliers" fiscaux pour éviter aux riches de payer (mais aussi, on n’en parle pas, aux entreprises via la taxe professionnelle)...
Tu vas me dire, cher collègue, que je tiens des propos politiciens de tribune, ou des phrases de bistro... ça en a tout l’air, il est vrai. Mais reste qu’un ministre peut faire toutes les annonces qu’il veut, il lui faut ensuite appliquer ses décisions. Or quelle majorité politique va le soutenir dans ce sens ? Aucune ! L’UMP n’a rien à faire des ZEP et son électorat s’en débarrasserait volontiers (voir Sarkozy), tout en versant des larmes de crocodile sur les pauvres.
Je pense donc que l’appui que tu apportes aux déclarations de Gilles de Robien est à mettre au crédit de ta cohérence, à celui de la fidélité à tes idées, à l’honnêteté devant un ministre qui reprend un certain nombre des propositions de l’OZP... mais que tu restes bien naïf devant la politique actuelle du gouvernement.
Nous verrons, en septembre prochain, si effectivement les mesures annoncées deviennent des réalités et, dans 5 ans, si elles ont produit des effets.
En 2011, tu m’écriras peut-être (je l’espère) que le "naïf" était en fait le "clairvoyant" et qu’envers et contre tous, le ministre de l’Education nationale de l’époque était bien parvenu à relancer les ZEP au profit des élèves qui avaient le plus besoin d’un service public d’éducation performant.
4 critères pour entrer en ZEP EP 1
– >le nombre des élèves qui ont deux ans de retard à l’entrée du collège.
Mais c’est interdit de faire redoubler les élèves plus d’une fois ? Comment peut-il y avoir des élèves qui ont deux ans de retard à l’entrée du collège ?
– >2/3 de CSP défavorisées : mais les CSP, qui détaillent très bien les catégories supérieures font entrer dans la catégorie employés ou ouvrier tous les gens, précaires ou non, à 1/2 temps de force ou non, travaillant de jour ou de nuit,...comme si tout cela n’avait pas d’importance.. l’intérim, les CES, les CDD,...surtout pour élever des enfants.
– >les élèves non francophones : mais ils ne sont référencés qu’une seule année. les années suivantes, injectés dans les classes "banales", passés au collège souvent (très souvent lorsqu’ils sont NSA) sans les acquis fondamentaux, ils n’apparaissent plus dans aucune statistique
– > l’évaluation 6ème : sauf qu’elle n’a plus de temps de passation et que le même résultat, selon qu’il est obtenu en 1/2 groupe, avec 2 heures de travail ou en classe entière en 1/2 heure n’a pas la même valeur
Bref : des critères dont je ne vois ni une construction sérieuse, ni une validation claire, et qui risquent de favoriser les quartiers des copains au détriment des villes plus éloignées politiquement. Par contre, pour les ZEP 3, on voit tout de suite bien que les collèges qui vont passer à la trappe sont déjà clairement menacés.
De là à penser que les moyens seront recentrés sans prise en compte des besoins, il ne reste qu’un pas, que je franchis sans honte ;..
« En contre partie, il peut être nécessaire de rappeler que les coordonnateurs doivent aligner leur service, horaires hebdomadaires et congés annuels sur celui des personnels qui ne sont en présence d’élèves ».
Alors, "qui sont en présence d’élèves" ou "qui ne sont pas en présence d’élèves"
Merci
J Clavaud
Voilà de bonnes nouvelles ! Espérons qu’elles seront suivies d’actes concrets...
Karim ZERIBI est un homme brillant. Jamais à cours de propositions et de solutions.
Soutenons le.
Bonjour.
Je ne suis pas adhérent à ce syndicat et ne cherche pas à le défendre, mais il me semble qu’il n’y a pas écrit qu’on "abandonnait" les ZEP qui n’étaient pas dans le petit groupe des territoires les plus difficiles, ni qu’on leur retirait tous les moyens.
A mon avis, il y a à faire 3 choses :
1°) repérer le petit nombre de lieux où l’Education nationale ne parvient pas à remplir le minimum de ses missions (il y en a peu, heureusement) car ce sont des situations intolérables. Là, il faut repenser les choses complètement et travailler d’arrache-pied avec des équipes volontaires, unies, formées et soutenues sur un projet de zone interdergé et partenarial adapté.
2°) redonner à l’éducation prioritaire une valeur qu’elle a perdue à cause de l’extension absurde de sa carte et de l’abandon des ministres successifs depuis 1999.
3°) sortir de l’éducation prioritaire les zones qui n’ont rien à y faire. J’imagine un tiers des ZEP et REP actuels. Comment les repérer ? Il suffit de demander à tous les profs (1er et 2d degrés) de la zone de dire s’ils connaissent le contrat de réussite et s’ils l’appliquent. Si les 3 quarts répondent "non", leur zone n’a rien à faire dans ce système soit- disant prioritaire. Faisons cela et on aura des (mauvaises) surprises !
Ainsi, les endroits en très difficulté devraient sortir de leur marasme, la majorité des ZEP restantes devraient être à nouveau prise au sérieux par le ministre, les recteurs, les IA et les autorités locales, enfin , on devrait (enfin !) être débarrassé de toutes ces fausses ZEP ou faux REP qui souffrent bien plus que les autres des effets pervers de cette classification.
cette proposition du SE UNSA montre que les permanents syndicaux ne connaissent absolument pas le terrain.
Concentrer sur les "territoires les plus dégradés" en abandonnant tous les autres établissements qui ont réussi durant toutes ces années à éviter que la situation se dégrade grâce aux moyens que donne le classement en ZEP. Toutes ces écoles sont dans un équilibre très instable et l’abandon de la politique des ZEP pour ces territoires un peu moins dégradés que les autres, va être une catastrophe pour l’école publique et va faire le bonheur de la ségrégation sociale . Peut-être est-ce l’effet recherché.
L’idée de mandater des professeurs de l’enseignement supérieur dans les ZEP me paraît être une très bonne manière d’apporter de la formation, de l’incitation à la réflexion civique et sociale, et surtout cela permettra à des personnes de niveau d’éducation différent de se cotoyer.
Les professeurs devraient alors s’engager à faire un mémoire d’activité qui devra être proposer à la lecture de tous nos enseignants pour formation professionnelle.
Le plan Borloo est un plan ambitieux, mais humain, certainement il a des défauts, mais en tous les cas il me paraît être mené par un homme de coeur,intelligent, efficace et puis il y croit.
Pour ce qui est du droit de vote, l’idée est humaine, mais ce n’est pas toujours ce qui donne les meilleurs résultats. La communauté des musulmans de France est composée de presque 10 millions de personnes je crois, et parmi eux, beaucoup n’ont comme référence sociale que les traditions de leur pays et la référence religieuse, qu’ils retrouvent aussi forte en France que dans les pays musulmans non démocratiques.
C’est à mon avis une des raisons de leurs difficultés à s’adapter aux régles fondamentales de la République, tel que le droit de chaque individu à la libre expression, à la liberté d’entreprendre, à la protection de sa personne morale et physique, à choisir son modèle de vie ect.. ; et surtout pour les femmes, pour celles qui veulent s’émanciper et qui pour cela doivent faire le choix de quitter leur entourage familial au risque de couper tous liens affectifs avec les leurs, et pour celles qui subissent le joug de la tradition, qui sont maintenues à la maison, sans éducation, ni scolaire, ni civique...., ni, ni, et qui se tournent vers la religion au risque de perreniser leur statut d’être inférieure, et puis ce sont elles qui éduquent les garçons dès leurs plus jeunes âges.
Alors l’éducation civique à 18 ans obligatoire pendant un an pour tout le monde, oui, 10 fois oui.
Mais donner le droit de vote aux étrangers, non, le risque de renforcer le communitarisme est bien trop grand.
Par contre les français d’origine étrangère, bien-sûr il doivent voter, ils sont français et doivent jouir de tous leurs droits de français.
Françoise Duinat.
Quelques réactions après lecture de l’article :
Dans votre paragraphe, "ce qu’il convient de réaffirmer", vous écrivez "statut" en parlant du coordonnateur. Il me semble que jusqu’à maintenant il n’y en a pas. Peut-être faudrait-il le préciser ?
Pour ce qui est du déroulement de carrière, concernant la rémunération il conviendrait d’ajouter que les coordonnateurs ( sauf ceux qui continuent d’être rémunérés comme directeurs d’école et il y en a, perçoivent 30 points de NBI ville. Ce qui me tracasse un peu, c’est que selon les départements les rémunérations sont différentes ( exemple dans l’académie où je suis). Peut-être serait-il bon que nous parvenions à une réelle cohérence dans les rémunérations ?
Par ailleurs, que pensez des lieux où les coordos exercent en tant que tel pour 1/4 de temps ?
Enfin, il faudrait évoquer aussi dans l’architecture générale, les postes de coordos départementaux qui là aussi sont "traités" de manière différente selon les lieux.
Si nous remettons les choses à plat , ce doit être l’occasion de parvenir à un réel cadrage national avec spécificité des fonctions , des déroulements de carrière, des précisions quant aux frais de déplacement qu’il est possible de percevoir, des modalités de recrutement, d’inspection.
Cordialement
Je trouve injuste le fait que les asssitants pédagogiques soient payés autant que les assitants d’éducations. Nous, assistants pédagogiques, sommes recrutés à partir de BAC+2 alors que les assistants d’éducation sont recrutés à partir d’un BAC.
Nous avons la responsabilité d’un groupe de classe et nous devons les aider scolairement dans notre discipline.
C’est vraiment injuste......
Il ne faut pas se tromper, npns, c’est du féminisme bcbg pour la bonne société. Totalement absente des banlieues, parceque toujours trés mal accueuillie, trés présente aux coté des parties politiques et des médias, elle participe a la stigmatisation des habitants des quartiers qui sont passés grace a elle du statut mediatique d’arabe délinquant a celui d’arabe délinquant et violeur, un petit coup de sos racisme et les voila devenu arabe delinquants violeurs antisemites, les 2 conjugais plus quelques autres, les voilas arabes delinquants violeurs antisémites extremistes religieux. Npns pronne l’exclusion pure et simple des musulmannes de la société, ne faits que observer pour denoncer tous les fauts pas avec un haut parleur, et ne propose rien ! c’est de la dictaure faschiste socialiste, le memri des cités.
j’espère que ce commentaire sera publié, derrière les bonnes intention et les belles phrase, il est plus que jamais urgent de remettre les peids par terre et de comprendre les réalités du terrain.
cordialement.
certains professeurs de ce collège mériteraient un doctorat honorifique en anesthésie ! ;-) et je m’en rends compte tout les jours que je passe dans le collège ; du lundi au vendredi ! :-)
Il faut arrêter de mettre tous les quartiers populaires en ZEP, de classer toute la Seine Saint Denis en "zone violence" et de travailler sur des indicateurs réels : Pour être ZEP, il faudrait que des indicateurs précis soit remplis. Et que trois sous de courage permettent de les définir...
Et il faut moduler entre l’aide à toutes les familles en difficulté (qu’elles soient en ZEP ou non) : aide à la cantine, à l’étude, aux colonies de vacances, aux séjours à l’étranger, ....et l’aide aux écoles : (matériel scolaire, projets, classes transplantées, arts et culture...)
Il y a le nombre d’élève par classe, mais il y a aussi de nombreux autres facteurs :
un médecin scolaire ET une aide médicale gratuite (lunettes, orthophoniste, ...), même pour les élèves sans CMU ou AME
un psychologue scolaire ET un centre médico psy qui ne donne pas des rendez vous dans 8 mois...
un enseignant de RASED pour 8 classes
un enseignant supplémentaire pour permettre les échanges, les formations, les coordinations....
Il y a la nécessité d’une politique qui ne change pas de nom, d’objectif, de moyen et de procédure chaque année...
Des aide éducateurs, assistants d’éducation, assistants de vie scolaire, ... qui restent un peu stable : nous n avons eu 1, puis 3, puis 2, plus plus aucun, à nouveau 2 1/2 et prochainement 3 1/2. L’an prochain : mystère...boule de gomme...
Moins de dispositifs (contrat de ville, zone sensible, REP, ZEP, ZRU, GPV, GUP, ) gourmants en papiers et compte rendus et avares en budgets clairs et perennes.
Moins de déclarations péremptoires (surtout sur les banlieues, de type : tous des racailles, tous des sauvageons, tous des dealers, tout est de la faute des polygames,...) plus d’écoute des nécessités que le terrain fait remonter.
Bon, la taille des classes aussi. Surtout si cela pouvait aider des équipes à rester, à s’impliquer...
Mais disons d’abord, le plus important, ce serait de la modestie de la part des chefs et du soutien pour les équipes qui restent.
Juste un exemple : dans ma ZEP, nous changeons d’inspecteur chaque année. Le nouvel arrivant n’a le temps que d’inspecter les débutants, car les enseignants aussi changent ....Bilan, ceux qui restent ne sont pas inspectés et ne peuvent montrer leur travail lorsqu’il le sont... Tous les échelons se grimpent donc au tout petit choix....pour ceux qui s’impliquent et qui s’accrochent au lieu de bénéficier des 45 points de "zone violence" pour partir...
Mais croire qu’un seul indicateur (la taille des classes) peut résumer toutes les difficultés, comme une seule expression pourrait englober la réalité complexe de l’ensemble des quartiers pauvres, c’est une vision déjà mal partie.
Il faudrait plus de démocratie pour écouter les besoins de la base : faire des cahiers de doléances..
Il faudrait plus de volonté et de courage pour y répondre par des actions claires et efficaces.
Je suis déçu par cette prise de position de Claude Thélot dont le rapport offrait, à mon avis, des perspectives bien plus riches que ce que l’on en a dit, à droite et à gauche, début 2004.
Aujourd’hui, il appuie cette décision de baisser l’obligation scolaire de 16 à 14 ans. Il aurait dû, auparavant, écouter le responsable national des PME à la radio samedi 12 matin : en substance, il indiquait que les PME ne voudraient pas de ces élèves, rejetés par l’école, qui arriveraient sans un bagage de formation générale suffisant, qui seraient rétifs aux instructions patronales et obligations des entreprises (venir chaque jour, être à l’heure, bien se comporter...). Il estimait que leur exclusion se ferait rapidement, d’abord par les autres travailleurs qui détestent voire arriver ce genre d’apprentis dénaturant la valeur du travail, puis par les petits patrons qui, de leur côté, se verraient contraints de dépenser beaucoup de temps pour l’apprentissage avec de tels enfants et, sauf minorité, les renverraient rapidement afin de conserver la rentabilté de leur entreprise...
Réfléchissons à quels élèves nous enverrions, nous les profs, dans cet apprentissage à 14 ans : les plus pauvres, les plus marginaux, les plus faibles, les plus instables, les plus absents, ceux qui arrivent en retard le matin, les plus gênants dans notre ron-ron pédagogique. Aucun pédagogue sérieux ne dirait que c’est une bonne solution (sauf exceptions bien entendu).
Comment Claude Thélot peut-il dire cela ? Que l’homme de la rue le dise, c’est compréhensible car il estime le collège comme une marche vers le lycée d’enseignement général, lui-même marche vers l’université. Avec cette représentation, évidemment, on se dit qu’il faut évincer ceux qui, à 14 ans, ne suivent pas et conserver les privilèges de ceux qui suivent. C’est une conception aristocratique et non républicaine de l’école. Hélas, beaucoup d’enseignants en restent à l’ancien régime et même parmi leurs représentants syndicaux on en trouve parfois qui en sont au matin du 4 août, ignorants que dans la nuit suivante, il y aura l’abolition des privilèges.
Claude Thélot, lui, le sait et l’a démontré par des passages entiers de son rapport.
Alors ? Je m’étonne de sa position. Il est capable de plus de clairvoyance.