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Compte rendu des journées de formation organisées par la DGESCO les 5/6 décembre 2007 pour 300 acteurs de réseaux ambition réussite. (RAR)

13 décembre 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait d’une dépêche de l’AEF (Agence Education Formation) du 10.12.07 : Les acteurs des réseaux ambition réussite ont besoin d’être accompagnés par l’institution pour poursuivre les actions engagées

Les acteurs des réseaux ambition réussite expriment le besoin d’être accompagnés par les corps d’inspection pour poursuivre les actions engagées. Ce constat est l’un des principaux enseignements des journées de formation organisées par la DGESCO à Lille les 5 et 6 décembre 2007 sur le thème "Enseigner en réseau ambition réussite" (L’AEF n°88029), en présence de 300 enseignants, inspecteurs et chefs d’établissements des académies de Reims, Rouen, Amiens et Lille.

"L’attente à l’égard des corps d’inspection, exprimée fortement lors des ateliers de réflexion, a été entendue", indique à L’AEF Marie-Martine Boissinot, sous-directrice de la vie scolaire et des établissements à la DGESCO. "De nouvelles relations de confiance réciproques se mettent en place entre les enseignants et les inspecteurs pour clarifier les démarches pédagogiques", estime-t-elle.

Cette formation a aussi permis de réaffirmer la place centrale qu’occupent les enseignants référents dans les réseaux ambition réussite. "Ils sont au cœur des RAR mais chaque RAR a sa bonne façon d’utiliser son professeur-référent", souligne Marie-Martine Boissinot, pointant ainsi la diversité des fonctionnements locaux. "C’est parfaitement normal et souhaitable, car cela dépend des personnalités et des cultures professionnelles, des besoins des élèves, des cultures d’établissements : nous n’avons pas la volonté de proposer un moule unique, mais au contraire celle de laisser chaque équipe construire son projet."

EN PREMIÈRE LIGNE

Les enseignants des réseaux ambition réussite subissent "de plein fouet" les changements que connaît l’institution scolaire, estime Christiane Cavet, directrice du centre Alain-Savary de l’INRP, lorsqu’elle dresse la synthèse des ateliers. "La situation est telle qu’elle ne peut plus être gérée dans le format scolaire traditionnel : l’élève réel est entré dans l’école, alors que l’école est faite pour un élève type, supposé à l’aise dans cet environnement et aidé par les familles." Dès lors, "le dispositif classe est bousculé, les enseignants cherchent des solutions pour gérer le temps autrement". Les objectifs du système scolaire ne sont plus les mêmes : alors que l’École s’engageait à établir "l’égalité de traitement" entre les élèves, elle vise aujourd’hui "l’égalité des acquis" en promouvant le socle de compétences.

"On vous demande de garantir que tous les élèves vont réussir", souligne Christiane Cavet à l’adresse des enseignants. "Cela suppose d’être convaincu que tous les élèves ont des potentialités extensives." Dans ces conditions, le système doit "porter" chaque élève : la logique de remédiation par le redoublement ou le soutien scolaire laisse la place à l’organisation d’un suivi constant, à l’intérieur de la classe. Selon Christiane Cavet, "ce changement du format scolaire s’accompagne de changements dans les modes de travail". Le travail en équipe remplace le travail "cellulaire" de l’enseignant.

HÉRITIERS ET MUTANTS

"Nous sommes dans une double posture, d’héritier et de mutant", résume Jean-Pierre Barrué, inspecteur général de l’Éducation nationale. "Les équipes se mettent en marche et voient émerger de nécessaires nouvelles compétences, construites en même temps qu’elles avancent", confirme Odile Denier, IA-IPR, responsable académique ambition réussite pour l’académie de Rouen. "Les solutions qui sont encore tolérées ailleurs ne passent plus. Pour accompagner ce basculement, les enseignants ont besoin de l’étayage de l’institution. Pour les aider à mettre à plat leurs difficultés, il faut être dans le parler-vrai. Des relations plus directes doivent s’établir avec les inspecteurs."

"Depuis 25 ans, l’Éducation nationale est oublieuse de ses expérimentations", regrette cependant Jean-Pierre Barrué. Il s’adresse aux enseignants et aux chefs d’établissements présents dans la salle : "Vous ne disposez pas assez des travaux qui ont été menés au sujet des collèges expérimentaux et d’autres initiatives. Il faut mettre à votre disposition cette documentation pour vous aider à situer votre propre action. Ce que vous manipulez aujourd’hui ne vient pas d’une génération spontanée." De plus, "il faut garder en tête que toute expérience risque d’avoir des effets néfastes", prévient-il, filant la métaphore scientifique. "Il faut donc garder une grande modestie dans la réussite locale : on verra avec le temps ce qui peut être généralisé." Sentiment partagé par Marie-Martine Boissinot : "Qu’il y ait des tâtonnements, quoi de plus naturel ? Le travail pédagogique est nécessairement modeste et pragmatique : il est fait de tâtonnements et de réajustements."

Les acteurs des RAR expriment aussi "la nécessité absolue de veiller aux articulations entre les cycles et les degrés", selon Christian Wassenberg, IA-DSDEN de la Haute-Marne dans l’académie de Reims. "Cela permettra aux enseignants d’avoir un regard sur les effets à long terme de leur action et de savoir ce que deviennent les élèves", remarque-t-il. "Un tel suivi vise à éviter la fragmentation des responsabilités", approuve Marie-Martine Boissinot.

Sylvain Marcelli. Lille, Lundi 10 décembre 2007, 18:09:04
Ligne directe : 03 20 79 47 13

Dépêche n°88325 © Copyright L’AEF - 1998/2007 - 1171
Conformément au code sur la propriété intellectuelle, toute reproduction ou transmission, de cette dépêche est strictement interdite, sauf accord formel de l’AEF.

Note : Cette dépêche est reproduite avec l’aimable autorisation de l’AEF.

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5 Messages de forum

  • F.S.U.
    S o m m e
    Amiens le 14 décembre 2007,
    Michel Dubuis
    Secrétaire départemental
    à
    Mr le Recteur de l’Académie d’Amiens
    Chancelier des Universités
    Objet : Séminaire RAR
    Monsieur le Recteur,
    Comme vous le savez, les 6 et 7 décembre derniers s’est tenu à Lille un séminaire inter-académique
    (Lille - Reims - Rouen - Amiens) intitulé « Enseigner en Réseau Ambition Réussite ». Il a rassemblé des
    Inspecteurs de l’ Education Nationale, des Principaux de collège, des professeurs référents et des secrétaires
    de RAR, à l’exception toutefois de notre académie qui semble avoir été la seule à ne pas associer
    cette dernière catégorie de personnels.
    Cette situation a été pour le moins mal vécue par des enseignants très investis qui, de surcroît, pour
    nombre d’entre eux, coordonnateurs ZEP devenus - il est vrai - « secrétaires » de RAR, ont consacré une
    grande partie de leur carrière à l’Education prioritaire...
    Nous tenions à vous le faire savoir et souhaitons connaître les raisons qui ont motivé ce choix.
    Veuillez agréer, monsieur le Recteur, l’expression de mes salutations respectueuses.
    Pour les trois sections départementales de l’académie
    Michel Dubuis

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  • Réflexion d’un secrétaire RAR de l’Académie d’Amiens au texte présentant le séminaire national Ambition réussite de Lille.
    Lors de ce séminaire, les RAR des académies de Lille, Rouen, Reims étaient représentées par des IEN, Principaux, professeurs référents et secrétaires de RAR sauf l’Académie d’Amiens qui a décidé que chaque RAR serait représenté par le Principal, l’IEN et 2 professeurs référents. Académie d’Amiens qui a donc ignoré superbement tous les secrétaires RAR des départements de l’Oise, de l’Aisne et de la Somme
    Les coordonnateurs de l’Académie d’Amiens rebaptisés secrétaires de RAR et qui d’après le BO n° 14 du 6 avril 2006 sont chargés de préparer et de mettre en œuvre les décisions du comité exécutif sont en 1er lieu des enseignants, enseignants majoritairement du 1er degré reconnus pour leurs qualités pédagogiques et leurs capacités à être un des piliers fédérateurs de chaque réseau.
    Cette non invitation choisie par l’Académie d’Amiens les place dans une position subalterne de simple gratte papier, la pédagogie n’étant plus dans leurs champs de compétences... et étant devenues de la seule compétence des professeurs référents issus à 90 % du 2nd degré...
    Comment M. le Recteur dynamiser, impulser un projet de réseau inter degrés quand « les petits secrétaires » de l’Académie d’Amiens ne sont plus reconnus en haut lieu comme un des éléments moteurs du RAR, indignes de baigner dans les échanges de ce séminaire et obligés de mendier des miettes d’information au retour des émissaires officiels du RAR.
    Comment M. le Recteur dynamiser, impulser un projet de réseau inter degrés quand on privilégie dans le pilotage du RAR les enseignants du collège.
    C’est pour nous secrétaires de RAR un grand affront, une blessure professionnelle pour des enseignants qui pour beaucoup ont consacré une grande partie de leur modeste carrière de terrain à l’Education prioritaire...

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