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Scolarité jusqu’à 16 ans dans l’Ile Maurice, (Week-end)

2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « Week-end » du 04.07.04 : scolarité jusqu’à 16 ans dans l’Ile Maurice

Sur les bancs jusqu’à 16 ans...

Depuis plusieurs mois, et plus récemment lors de la dernière présentation budgétaire, les discours officiels axés sur l’éducation font davantage mention de la prochaine loi qui rendra celle-ci obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans dès janvier 2005. Si jusqu’ici rien d’explicite n’a été dit par le ministère de l’Éducation à propos de cette mesure, il revient que cette loi exigera, en quelque sorte, que tous les enfants inscrits au primaire, franchissent cette étape pour aller en secondaire. Et une fois dans le mainstream ou en prévocationnel, les collégiens ne pourront, non plus quitter l’école avant d’atteindre 16 ans.

Avec cette mesure, la majorité des 38 620 enfants inscrits actuellement en préprimaire et qui feront leur entrée en primaire en 2005, de même que les 125 500 écoliers des établissements d’État et catholiques, ainsi qu’une bonne partie des 107 642 collégiens, ne pourront envisager de quitter le circuit scolaire prématurément ! Cependant, le ministère de l’Éducation, qui ne cesse de rappeler l’urgence de cette loi, préfère attendre encore quelques semaines avant d’expliciter sur celle-ci ! Quoi qu’il en soit, pour s’assurer que presque 250 000 enfants et adolescents restent à l’école jusqu’à 16 ans, la mise en place d’un mécanisme en prévision de ce changement dans le paysage éducatif est impérative et doit être accélérée. Pour ce qui est des infrastructures, le ministère, semble-t-il, est tranquille de ce côté. Lors des différentes inaugurations des nouvelles State Secondary Schools, le ministre de l’Éducation, Steve Obeegadoo, souligne que ces structures sont aussi construites pour faciliter l’accueil du surplus d’élèves en prévision de l’éducation obligatoire. Le nombre de collèges d’Etat (67) passera dans quelques mois à 71. Quant aux écoles primaires, même si la construction de quatre nouveaux bâtiments est en chantier, les 230 bâtiments existant déjà, ne devraient pas poser problème puisque c’est dans le secondaire que seront canalisés tous les enfants scolarisés.

Pas forcément un rempart contre la non-scolarisation

À six mois de la promulgation de la nouvelle loi, il serait aussi impératif de sensibiliser les parents. Faute de statistiques précisant le nombre d’enfants non-scolarisés, il ne serait pas exagéré d’avancer que des milliers - y compris des adolescents - en sont concernés. En avril dernier, les éducateurs de rue parlaient, eux, de 1 207 enfants qui choisissent de passer leurs journées dans les rues. Dans plusieurs maisons des régions considérées défavorisées, des petites filles de moins de 12 ans font le ménage et du baby-sitting au lieu d’être en classe. Dans certains ateliers de mécanique, quand ce ne sont pas des petites entreprises des garçons à peine pubères sont employés comme apprentis. Avec une population infantile et d’adolescents avoisinant 400 000 âmes, Maurice devrait se pencher sur une campagne de sensibilisation intense pour la scolarisation des enfants. Dans cette optique, le projet de la Zone d’Education Prioritaire (ZEP) dans le primaire semble être une des solutions qui a pu encourager les parents à envoyer leurs enfants à l’école. La participation active des partenaires privés et des associations de parents a fait ses preuves. Une telle initiative au niveau du secondaire, encouragerait certes les parents en difficulté à assurer que leurs enfants bénéficient d’un encadrement scolaire. Les cas d’absentéisme dans les collèges ruraux relèvent souvent des difficultés financières et familiales des enfants. D’autre part la responsabilisation des parents est aussi nécessaire dans la mesure où l’absentéisme est un des problèmes auquel font face les écoles primaires dont le taux de pourcentage de réussite au Certificate of Primary Education ne dépasse pas les 40%. Car, un enfant inscrit à l’école mais régulièrement absent équivaut à un enfant non-scolarisé ! Si un système de monitoring n’est pas envisagé pour contrecarrer l’absentéisme, il est certain que la loi pour l’école obligatoire jusqu’à 16 ans, ne sera pas un rempart contre la non-scolarisation.

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