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La crise sanitaire a contrarié l’amélioration de l’accès à l’emploi des jeunes de la génération 2017, surtout pour les moins diplômés (Céreq Bref, mai 2022)

11 mai

1ers résultats Génération. Des parcours contrastés, une insertion plus favorable, jusqu’à....

Plus diplômée que les précédentes, la Génération 2017 est aussi mieux lotie en termes d’insertion professionnelle. Taux d’emploi, accès au CDI, salaires, les indicateurs virent au vert jusqu’au coup d’arrêt, temporaire, imposé par la crise sanitaire. Pour autant, les parcours restent difficiles – voire chaotiques – pour plus d’un tiers des jeunes, et surtout pour les non-diplômés souvent cantonnés aux marges de l’emploi. Des conditions de la scolarité à la situation pendant et après le confinement du printemps 2020, en passant par leurs premiers pas sur le marché du travail, ce Céreq Bref offre un tour d’horizon des résultats fournis par l’enquête Génération 2017.

Au début des années 2010, le Céreq titrait sur l’élargissement du fossé entre niveaux de diplômes, dans un contexte détérioré par les crises financières. Dix ans plus tard, alors que la baisse du chômage et les créations d’emplois s’affirment, force est de constater que les non-diplômés rencontrent toujours de grandes difficultés d’insertion, à l’inverse des plus diplômés – par ailleurs de plus en plus nombreux. Pour autant, les conditions d’insertion de la Génération 2017 témoignent de spécificités notables. Ainsi, l’accès à l’emploi à durée indéterminée devient plus fréquent et rapide, tendance qui vaut pour tous. Les trajectoires des jeunes restent diverses et portent la trace des possibilités nouvelles d’engagement citoyen. Mais la période est aussi et surtout marquée par l’épidémie de la Covid-19 et ses conséquences, venues contrarier la tendance à l’amélioration de la situation des jeunes sur le marché du travail.

Extrait de cereq.fr du 10.05.22

 

Génération 2017 : Ils étaient bien partis...
Que sont devenus les jeunes sortis du système scolaire en 2017 ? Une enquête du CEREQ a suivi leur parcours. Premiers constats : cette génération est plus diplômée et s’insère mieux dans le monde du travail. Second constat : les inégalités sociales sont toujours là : les enfants de cadres ont presque dix fois plus de chances d’être diplômés du supérieur que les enfants d’ouvriers. Troisième constat : la crise sanitaire est venue bloquer l’insertion de ces jeunes, particulièrement des moins diplômés.

Des jeunes plus diplômés...

De 2010 à 2017, le Cereq note une hausse importante du taux de diplomation des jeunes. Dans la génération sortie du système scolaire en 2017, 78% des sortants sont détenteurs d’au moins un bac. L’objectif fixé en 1985 au système éducatif est enfin atteint. Près de la moitié (47%) ont un diplôme de l’enseignement supérieur. C’est 6 points de plus pour le bac par rapport à 2010. En même temps le pourcentage de non diplomés baisse de 4 points. "Les jeunes femmes sont particulièrement concernées par ce mouvement : le quart des sortantes sont diplômées du supérieur long (21 % dans le cas des hommes). Elles représentent 60 % des diplômés de master mais restent minoritaires à ce niveau dans les spécialités scientifiques et techniques (45 %) ainsi que dans les écoles d’ingénieurs (38 %) et parmi les docteurs hors santé (42 %). Si la tendance est à plus de mixité dans les choix de formation, certains bastions masculins et féminins se maintiennent", note le Cereq.

Avec de fortes inégalités sociales

Pour autant les inégalités sociales n’ont pas disparu. 57% des enfants de cadres on un diplôme du supérieur long et 79% ont un diplôme du supérieur. Seulement 8% des enfants d’ouvriers ont un diplôme du supérieur long (et 27% un diplôme du supérieur). Il n’est pas certain que ce défi soit vraiment une préoccupation de l’enseignement supérieur... "L’accès aux filières sélectives est encore plus inégalitaire : 19 % des enfants de cadres sortent diplômés d’une école de commerce ou d’ingénieur pour moins de 2 % des enfants d’ouvriers et 5 % des enfants d’employés".

"Les jeunes de la Génération 2017 ont donc quitté le système éducatif pour la vie active très inégalement dotés et préparés à la quête de l’emploi qui s’annonce, les exposant plus ou moins aux difficultés d’insertion", estime le Ceereq. De fait, ils vont avoir des parcours professionnels différents, le Cereq dégageant 3 grands types de trajectoire.

Un jeune sur trois reste à la marge de l’emploi

Pour deux jeunes sur trois leur parcours est dominé par l’emploi. Pour 30% des jeunes l’accès à l’emploi à durée indéterminée (EDI) est immédiat pour les autres l’accès est plus long (18 mois au lieu de 2). Evidemment les diplomés du supérieur long accèdent beaucoup plus vite à l’EDI alors que seulement 35% des diplomés du secondaire et 12% des non diplomés accèdent rapidement à l’EDI. Pour 15% des jeunes l’accès à l’emploi se fait à travers des statuts temporaires (CDD, intérim).

Un tiers des jeunes restent aux marges de l’emploi. Deux parcours s’apparentent à une forme d’exclusion de l’emploi et concernent 16 % des jeunes : parcours marqué par un chômage persistant ou récurrent (12 %) ou parcours durables hors du marché du travail (4 %). Près de 50 % des non-diplômés se retrouvent ici contre seulement 5 % des diplômés du supérieur long. Enfin quatre parcours rassemblant 20 % des jeunes regroupent des trajectoires associant une ou plusieurs bascules entre périodes d’inclusion et d’exclusion professionnelle. Pour 6 % c’est un parcours avec de la reprise d’études, pour 5 % des sorties de l’emploi vers le chômage, pour 3 % un retrait du marché du travail et enfin 6 % ont un accès tardif à l’activité.

A noter que le Ceereq met en avant l’insertion des jeunes ayant suivi la voie scolaire tout en ayant un emploi régulier. Leur taux d’insertion rapide est équivalent à celui des jeunes en alternance. Mais c’est évidemment au prix de l’abandon des projets de formation.

Le choc du covid

Tout allait donc mieux pour cette génération par rapport à celle de 2010. "La Génération 2017 cumule deux atouts sur le marché du travail, notamment au regard de celle de 2010", note le Cereq. "Elle est, d’une part, plus diplômée et, d’autre part, elle bénéficie jusqu’à la crise sanitaire d’une conjoncture plus favorable. Elle connaît ainsi un taux de chômage de 18 % en février 2020 contre 23 % en février 2013 pour la Génération 2010, baisse qui profite à presque tous les niveaux de diplôme, et particulièrement aux moins diplômés". De plus elle accède davantage à un emploi à durée indéterminée (72% des emplois en 2020).

Mais la crise sanitaire va provoquer un coup d’arrêt brutal et geler cet « atout emploi » de la Génération 2017, au point que son taux de chômage remonte, en octobre 2020, à 20 %. "Le premier confinement décidé par les pouvoirs publics en réponse à la crise sanitaire de la Covid-19, la chute d’activité induite et le filet de sécurité mis en place dans le même temps ont immédiatement infléchi les comportements des différents acteurs sur le marché du travail, laissant une marque tangible sur le parcours professionnel d’une partie des jeunes. Cet événement marque un coup d’arrêt brutal aux embauches et un coup de frein net aux mobilités professionnelles, note le Cereq. L’entrée en emploi se tarit (-44%) et cela se traduit par une baisse de 3% des jeunes de cette génération en emploi. Les jeunes les plus pénalisés sont les moins diplômés. Reste à voir quel sera le sort de ces jeunes après la crise sanitaire alors que la guerre en Ukraine annonce de nouvelles difficultés économiques et sociales.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 11.05.22

 

“Les inégalités sur le marché du travail restent très marquées par niveau de diplôme, voire tendent même à s’accroître“ (CEREQ, enquête Génération)
La génération 2017 est “plus diplômée que les précédentes“ et affiche “de meilleurs indicateurs d’insertion“ que celle de 2010, constate le CEREQ dans ses premiers résultats d’enquête Génération nouvelle version.

Ainsi, sur les 746 000 jeunes entrés dans la vie active cette année-là, 78 % sont à minima bacheliers, tandis que 10 % de ces jeunes ont un CAP, un BEP, une mention complémentaire ou un diplôme équivalent de niveau 3. Enfin, 12 % ne sont pas diplômés, soit 89 520 jeunes. Par rapport à 2010, ces derniers sont 4 points de moins, au contraire des BAC+ 3 et plus qui augmentent de 6 points. De même, “l’âge moyen à la sortie du système éducatif gagne un an par rapport à la génération 2010 pour s’établir à 22 ans.“

La génération 2017 se veut donc “à priori mieux armée sur le marché du travail“, estime Thomas Couppié, chef de département au Centre d’études et de recherches sur les qualifications, mais elle est cependant “toujours marquée par les inégalités sociales“. En effet, alors que 57 % des enfants de cadres sont diplomés du supérieur long, ils ne sont que 8 % d’enfants d’ouvriers dans ce cas.

L’étude distingue ensuite neuf parcours-types de jeunes de la génération 2017. Deux-tiers d’entre eux sont “insérés dans l’emploi“ (à durée déterminée, indéterminée..), dont une majorité de diplômés du supérieur long (83 %) et seulement un non-diplômé sur quatre. Pour le tiers restant, le CEREQ parle bien de “parcours difficiles, voire chaotiques“. 20 % des jeunes ont un “parcours en suspens“ (accès tardif à l’emploi, sortie vers le chômage..) et 16 % sont “exclus de l’emploi“. A noter que la moitié de ces exclus se compose de non-diplômés.

De même, avec un taux d’emploi des BAC+5 étant 2,3 fois plus élevé que celui des non-diplomés en 2017, alors qu’il ne l’était que 2 fois chez les jeunes de 2010, pour le centre de recherche “les inégalités sur le marché du travail restent très marquées par niveau de diplôme, voire tendent même à s’accroître.“

Pourtant la génération 2017 connaît une “conjoncture plus favorable“ et affiche en février 2020 un taux de chômage de 18 %, soit 5 points de moins que la génération 2010 (23 %), un écart qui se retrouve “à tous les niveaux de diplôme“.

De plus, l’accès à un emploi à durée inderterminée (EDI) est pour le CEREQ “plus rapide“ et “plus fréquent“ pour les jeunes de 2017. La part des EDI est égale à 72 % des emplois occupés, soit 6 points de plus que la génération 2010.

Inédite, la crise sanitaire a cependant “gelé le marché du travail“, et le confinement “enrayé“ les parcours de nombreux jeunes, plus exposés dans une période où “personne ne rentrait dans les entreprises“. Avec un CDD qui arrive à terme, de l’interim non renouvelé, les jeunes de 2017, dont le taux de chomage avoisinait les 18 % en février 2020 (contre 7,8 % pour la population active totale) ont davantage subi les conséquences de la pandémie, ce taux remontant à 20 % en octobre 2020.

Ce sont surtout les non-diplomés qui ont été les plus pénalisés dans leur parcours, avec une baisse de 3,6 points de leur taux d’emploi entre février et mai 2020. En revanche, cette effet a été effacé par le rebond estival de l’emploi qui s’en est suivi, leur taux connaissant alors une hausse de 3,8 points sur la période mai-octobre 2020.

Les diplômés du supérieur long, qui ont pour leur part vu leur taux d’emploi baisser seulement de 1,8 point pendant le confinement, n’ont connu qu’une augmentation de 0,4 point après celui-ci.

Le CEREQ indique au final que le choc de la crise sanitaire a été amorti par la génération 2017, mais note malgré tout que si celle-ci était mieux positionnée après sa sortie de scolarité que celle de 2010, elle “a perdu l’avance qu’elle avait acquise sur les trois premières années“.

Extrait de touteduc.fr du 10.05.22

 

Voir :
la sous-rubrique Insertion professionnelle (Généralités)
le mot-clé Insertion professionnelle (gr 5)/

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