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Selon la dernière enquête Synlab, une minorité d’enseignants croit en la méritocratie (ToutEduc)

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Pratiques pédagogiques et inégalités scolaires
Rapport de synthèse d’une enquête menée auprès de 826 enseignants

Synlab, 4 août 2021, 9 p.

Depuis des années, les enquêtes PISA ont révélé que le système éducatif français était champion des inégalités scolaires. Autrement dit, parmi tous les pays étudiés, c’est l’un des systèmes scolaires où l’origine sociale des élèves a le plus d’impact sur sa réussite (ou son échec) scolaire.
Au cours de l’été 2021, Synlab a donc mené une enquête d’envergure auprès de 826 enseignants pour approfondir un sujet essentiel : la question de l’influence des croyances sur les pratiques pédagogiques des enseignants et la réussite des élèves.

UNE MINORITÉ D’ENSEIGNANTS CROIT EN LA MÉRITOCRATIE
8,3% des enseignants pensent que les élèves ont les notes qu’ils méritent à l’école.
96,5% des enseignants pensent que tout le monde n’a pas les
mêmes chances de réussir à l’école.

Croire en la méritocratie scolaire consiste à attribuer la réussite ou l’échec principalement aux efforts de l’élève. Cette croyance présente le risque de sous-estimer le poids de l’environnement et du contexte social sur les résultats des élèves.
La faible croyance des enseignants à la méritocratie scolaire est en adéquation avec les résultats des études PISA qui montrent que la réussite des élèves en France est fortement liée à l’origine sociale des élèves.

Extrait de syn-lab.fr du 04.08.21

 

La méritocratie, fleur du mal des enseignants ? (enquête Synlab)

“Ce sont le travail personnel et les capacités individuelles des élèves qui comptent le plus dans la réussite des élèves“, disent les enseignants avec respectivement près de 29 et 28 % des réponses. C’est ce qu’explique l’association SynLab au travers de son enquête “pratiques pédagogiques et inégalités scolaires“, réalisée en 2021 auprès de 826 enseignants dans le but de “connaître les croyances et pratiques professionnelles des enseignants dans la lutte contre les inégalités scolaires“. Ainsi, ces derniers seraient seulement 30 % à penser que les élèves sont récompensés pour leurs efforts, et uniquement 3,5 % à déclarer que “tout le monde a les mêmes chances de réussir à l’école“.

Concernant les autres raisons possibles de la réussite et de l’échec des élèves, les enseignants évoqueraient des difficultés ponctuelles (mauvaise compréhension de la consigne), la santé ou encore des besoins éducatifs particuliers (trouble de l’apprentissage non détecté ou non reconnu durant l’évaluation). Mais ce sont surtout les “compétences non-cognitives“ qui ressortent de ce questionnement, avec 30 % des réponses données par les enseignants pour cet item, auquel correspondrait “le stress“, beaucoup d’élèves perdant leurs moyens lorsqu’ils se sentent évalués.

Pour réduire les écarts de niveau entre les élèves, près de 57 % des enseignants interrogés souhaiteraient être formés ou outillés pour gérer les comportements perturbateurs. Ils seraient également 45 % à vouloir différencier leur enseignement.

Et si seulement 8,35 % des sondés pensent que “tout le monde a les mêmes chances de réussir à l’école“, SynLab estime que plus les enseignants croient en la méritocratie, plus ils favorisent un climat de performance, au contraire d’un climat dit de maîtrise. La méritocratie est ici définie comme “une croyance associée dans l’étude à une sous-estimation des variables environnementales et contextuelles dans l’explication de la réussite et l’échec des élèves, et à l’adoption des pratiques pédagogiques qui valorisent les performances et non les progrès et qui sont, d’après la littérature scientifique, susceptibles de renforcer les inégalités scolaires“.

L’association ajoute que croire en la méritocratie scolaire “prédit l’utilisation de pratiques compétitives qui favorisent les inégalités scolaires“, et que celle-ci “est négativement reliée à la valorisation des erreurs“. Enfin, les résultats qu’elle apporte via son étude lui permettent d’affirmer que “plus les enseignants créent un climat de performance dans leurs classes, plus ils usent des pratiques compétitives et néfastes“ (comme montrer en exemple les meilleurs élèves de la classe, ndlr). A l’inverse, “plus les enseignants créent un climat de maîtrise de maitrise, plus ils usent de pratiques recommandées pour réduire les inégalités scolaires“ (par exemple : expliquer aux élèves que l’erreur est une étape nécessaire du processus d’apprentissage et le mettre en pratique dans son enseignement, ndlr).

Selon SynLab enfin, “cette enquête montre que croire en la méritocratie ne permet pas de réduire les inégalités, puisque la croyance en la méritocratie est corrélée avec des pratiques pédagogiques peu efficaces. Si l’Ecole ne peut pas à elle seule réduire des inégalités liées aux conditions économiques et sociales des élèves, elle peut contribuer à ne pas les augmenter“.

L’enquête a été menée sous la forme d’un questionnaire en ligne transmis via la plateforme et les réseaux sociaux d’ÊtrePROF (voir le site ici). 45% des répondants enseignent en primaire, 55% en secondaire. A noter que 21% enseignent en éducation prioritaire.

Extrait de touteduc.fr du 24.08.21

 

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