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B. Enquêtes au muséum de Toulouse, travail interdisciplinaire d’élèves de 6e du collège REP Jean-Louis Etienne à Mazamet (entretien avec Le Café)

17 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

David Barbaste : Des 6èmes mènent l’enquête
Suspens et énigmes sont les clés de la vaste enquête proposée par 4 enseignants aux 6èmes du collège Jean-Louis Etienne de Mazamet (81) en lien avec le muséum de Toulouse. Colis cachés dans le collège et enveloppe mystérieuse, l’équipe d’enseignants emmène les collégiens dans une véritable chasse au trésor. David Barbaste, enseignant de SVT, décrit l’enthousiasme de ses élèves pour réaliser un herbier en biologie, rédiger un récit en français ou encore concevoir avec plusieurs matériaux une plante imaginaire en arts plastiques. Végétaux et graines du monde entier, herbier ancien et le fameux ouvrage « Enquête au muséum : à la recherche du nénuphar géant » sont fournis par le muséum.

D’où vient cette enquête menée en classe de 6ème ?

Le projet “Enquêtes au muséum”, proposé par le muséum de Toulouse, est construit à partir de la collection éponyme de petits romans illustrés “Enquêtes au muséum”. Pour notre projet, le livre choisi dans la collection s’intitule “A la recherche du nénuphar géant” écrit par Laurence Talairach.

La première séance a été digne d’une véritable enquête. En effet, pour lancer l’intrigue et mettre du suspens, une enveloppe a été mystérieusement glissée sous la porte de la salle de classe et a atterri, à vive allure, au milieu des élèves. Dans l’enveloppe se trouvait une énigme à décoder ce qui a permis aux élèves de trouver, après une sorte de “chasse au trésor” dans la cour du collège, deux colis surprises. Ces colis contenaient une lettre dans laquelle étaient relatées les étapes de “l’enquête” avec le travail à réaliser dans les différentes matières impliquées dans le projet : arts plastiques avec Patrick Lefevre-Bousquet, documentation avec Maud Mascret, français avec Agnès Dutourne et SVT avec David Barbaste. Il y a aussi des exemplaires du livre choisi ainsi que des graines atypiques du monde entier, un herbier ancien et le matériel pour en réaliser un.

Comment réagissent vos élèves face à ce travail ?

Lors de la première séance, ils ont été captivés par le scénario et se sont plongés, sans aucun problème, dans l’énigme avec beaucoup d’enthousiasme. Pour ce qui est de la création de la plante imaginaire en français, la plupart des élèves ont beaucoup d’idées. La difficulté consiste surtout dans la cohérence des éléments imaginés et dans la rédaction avec un vocabulaire approprié et précis de la description. L’écriture de l’épisode de la découverte pose davantage de problèmes pour trouver une idée originale. L’objectif d’un beau produit fini (feuille de journal du découvreur et cartel botanique de la plante) stimule cependant les élèves qui retravaillent plus volontiers.

Quelle est la contribution du muséum de Toulouse dans ce projet ?

Tout au long du projet, la classe bénéficie d’un échange privilégié avec une médiatrice du muséum (Clotilde De Maria), nourri par une correspondance régulière (colis surprises de la première séance ; une visioconférence d’une heure pendant laquelle les élèves lui posent des questions diverses sur le muséum, le livre étudié…et pour finir une intervention au collège de deux heures pour faire découvrir notamment les fonctions et objets du muséum). Il est clôturé par une visite encadrée du Muséum et de ses coulisses d’une journée.

C’est un projet évolutif et co-construit par le professeur et la médiatrice puis les élèves. Il nécessite une solide coopération entre les professeurs et le médiateur, pour définir ensemble les modalités d’organisation du projet, en fonction du niveau des élèves, du titre choisi, et du programme pédagogique abordé. Le Muséum met à disposition de la classe, pour la durée du projet, les livres (un exemplaire pour chaque élève) et une mallette de contenus supplémentaires adaptée à chacun des romans (végétaux et graines du monde entier ; herbier ancien ; matériel pour faire un herbier).

En quoi ce projet est-il interdisciplinaire ?

Il rentre dans le cadre d’un EPI auquel participent les quatre matières. Le point de départ est le livre étudié. Sans trop dévoiler l’histoire, trois enfants et un chinchilla partent en mission à la recherche de feuilles d’arbres pour réaliser un herbier demandé par leur maîtresse mais ils ne trouvent que très peu d’espèces végétales différentes dans leur environnement proche et vont donc se retrouver, en pleine nuit, dans un jardin botanique mystérieux d’un muséum qui renferme, lui, de très nombreuses plantes étranges…

En SVT, les élèves réalisent un herbier avec des végétaux locaux. En français et documentation, le livre est lu et étudié (questionnaires…) puis les élèves rédigent un récit de voyage au cours duquel ils trouvent une plante “imaginaire” qu’ils vont décrire précisément (taille, formes, couleurs, odeur..). Enfin, en arts plastiques, ils vont la réaliser en utilisant différents matériaux.

Ce travail interdisciplinaire a de multiples objectifs : en plus d’aborder des connaissances et des compétences dans les différentes disciplines (en lien avec les programmes scolaires) comme, par exemple, améliorer la maîtrise de la langue aussi bien écrite qu’orale cela permet aussi de développer le goût de la lecture et des sciences, d’apporter un éclairage sur les lieux culturels scientifiques comme le muséum mais aussi, d’aborder l’éducation au développement durable (EDD) sur les thèmes biodiversité. Par exemple la relation avec les abeilles car nous avons aussi au sein de notre établissement une ruche pédagogique.

Quel herbier est réalisé en cours de SVT ?

Il est réalisé à partir d’espèces végétales locales. Chaque élève réalise une planche avec le végétal de son choix de son environnement proche. Les objectifs sont multiples : savoir utiliser une clé de détermination (nom de la plante), organiser son travail personnel (une fiche de consignes est donné et le travail se fait à la maison, de façon autonome sur 3 semaines mais un bilan/questions/conseils est fait avec la classe à chaque séance) et utiliser des langages scientifiques.

Propos recueillis par Julien Cabioch

Le projet

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Extrait de cafepedagogique.net du 13.03.21

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