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Loi séparatisme : Jean-Pierre Obin, devant le Sénat, met en cause les certificats de complaisance et la responsabilité syndicale, notamment en EPS (ToutEduc)

11 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Certificats de complaisance : Jean-Pierre Obin met en cause la responsabilité des syndicats enseignants (Commission des affaires culturelles, Sénat)

"Chaque jour, de nouvelles enquêtes, de nouveaux travaux montrent que les choses s’aggravent dans l’école, et dans la société sans doute. Je pense que nous avons perdu une bataille, la laïcité a perdu une bataille vis à vis de la jeunesse musulmane qui montre aujourd’hui qu’elle est de plus en plus et très largement pénétrée par l’idéologie islamiste...". Auditionné au Sénat par la Commission des affaires culturelles, ce mercredi 10 mars, avant de rendre ses conclusions sur la mission que lui a confiée Jean-Michel Blanquer autour de la formation des enseignants à la laïcité, Jean-Pierre Obin a déclaré que "ce dont on s’aperçoit c’est, du côté des professeurs (..) un grand désarroi face à cette question, le sentiment de ne pas être soutenu du tout par la hiérarchie. Ca paraît dans les sondages aujourd’hui très clairement, lorsqu’on connaît des incidents, on n’en parle pas ou on en parle à ses collègues, c’est d’eux dont on attend un soutien de proximité, peu au chef d’établissement parce qu’on le soupçonne d’être dans l’idéologie du ’pas de vague’, ce qu’on appelle aujourd’hui le ’pas de vaguisme’ et qui est bien répandu dans cette catégorie de responsables..."

Stéphane Piednoir, rapporteur (LR) du projet de loi confortant le respect des principes de la République l’interroge sur les supposés certificats de complaisance et il évoque un "grand écart avec ce que nous disent là-dessus les syndicats d’enseignants d’EPS" et ce que rapporte l’inspecteur général honoraire : "On est à l’opposé, total opposé". Il demande à Jean-Pierre Obin quels sont les "éléments probants" dont il dispose. Celui-ci répond qu’il a "personnellement reçu beaucoup de témoignages de chefs d’établissements sur ces certificats de complaisance et par divers canaux". Il sait que Jean-Michel Blanquer et Marlène Schiappa ont diligenté une mission d’inspection sur les certificats d’allergie au chlore pour la piscine (voir ToutEduc ici), qui ne représentent qu’une partie des certificats de complaisance, mais qui, comme il a pu lui-même l’observer "dans un lycée il y a 2-3 ans" peut concerner une majorité d’élèves musulmanes. Celles-ci refusent d’aller à la piscine et s’abritent derrière ces certificats de complaisance. "Attendons le résultat de cette mission pour voir la réalité des faits", mais selon les sondages, l’EPS (éducation physique et sportive) est, d’après les enseignants, "la discipline la plus concernée par ces manquements à la laïcité". Il ajoute : "les syndicats, si j’ai bien compris dénient cette réalité" et "ça ne m’étonne pas vu que ces syndicats sont affiliés à la FSU, une fédération qui est plutôt dans la négation, le déni ou l’atténuation de ce phénomène, en tout cas qui ne veut pas en faire une question qui doit être traitée comme telle. En fait, il y a des divisions à l’intérieur de cette fédération mais la majorité est traditionnellement d’extrême gauche et dans la complaisance par rapport à ces idéologies."

A la question récurrente des sénateurs concernant la formation des professeurs à la laïcité, Jean-Pierre Obin préconise l’institution d’un système de formation. Il faut "reprendre les choses à la base, et la base c’est la formation des formateurs". Il faut donc "concevoir au niveau national un système de formation de formateurs contrôlé entièrement par l’institution, avec un certificat au bout du compte (...), quelque chose qui marque que la personne qui ensuite va former ses collègues en académie ou dans les départements pour le premier degré est quelqu’un qui a suivi une formation garantie par l’Etat".

Il ajoute qu’il y a "un énorme effort de formation à faire en direction des directeurs d’école" confrontés à certains parents d’élèves responsables de la majorité des incidents. Mais, s’inquiète-t-il, "comment faire lorsqu’on ne comprend pas ce qui se passe autour de la religion de ces parents ? Qu’on ignore tout de l’Islam, qu’on en connaît des bribes comme ça par culture personnelle, et qu’on connaît encore moins quelque chose d’autre qui s’appelle l’islamisme, qui n’est pas l’Islam, et qui est l’idéologie que manifestent souvent ces parents."

La vidéo ici

Extrait de touteduc.fr du 10.03.21

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