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- Génération surdiplômée. Ces 20 % qui transforment la France", par Jean-Laurent Cassely et Monique Dagnaud, Odile Jacob, janvier 2021. Entretien dans le Monde - Fabrique des élites : l’introuvable diversité ? (Etre et savoir, France-Culture)

28 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

« Le diplôme détermine le destin des jeunes, et engendre de multiples clivages sociaux »
Les modes de vie et les aspirations des diplômés de l’enseignement supérieur, bien plus nombreux qu’il y a vingt ans, ont évolué.

La jeunesse française est loin d’être homogène, et le critère le plus pertinent pour appréhender cette diversité, c’est le niveau de diplôme. Un marqueur associé à des modes de vie, des aspirations, un rapport au travail ou des choix résidentiels spécifiques. Tel est le constat de Jean-Laurent Cassely, journaliste et essayiste, et Monique Dagnaud, sociologue, directrice de recherches au CNRS, qui publient, le 27 janvier, Génération surdiplômée. Ces 20 % qui transforment la France (Odile Jacob, 304 p., 22,90 €).

Les deux auteurs, qui se sont appuyés sur une enquête et de multiples entretiens, se sont intéressés aux « bac + 5 ». Un groupe social en pleine croissance, issu de la massification de l’enseignement supérieur, et qui représentent désormais 20 % des 25-40 ans.

S’il est pertinent d’étudier ces « super diplômés », estiment les auteurs, c’est qu’ils jouent un rôle politique et social majeur dans la société. Ni très riches ni assimilables aux classes moyennes, ils sont les producteurs des normes, des symboles et des modes de vie les plus visibles, qui se diffusent dans le reste de la société… Mais qui divergent parfois des aspirations d’une autre jeunesse, majoritaire, moins ou pas diplômée. Au risque d’alimenter certaines fractures.

Extrait de lemonde.fr/campus du 25.01.21

Voir aussi dans le même numéro :
« Une envie de se sentir utile » : une nouvelle génération de jeunes engagés
Soutien scolaire, collages féministes, aide aux migrants… Loin des partis traditionnels, la jeunesse française invente d’autres formes d’engagement. Une tendance renforcée par la crise due au Covid-19.

Extrait de lemonde.fr/campus du 25.01.21

 

AVOIR 20 ANS EN 2021 (4 ÉPISODES)
Épisode 4 : Fabrique des élites : l’introuvable diversité ?

ÉCOUTER (57 MIN)

À retrouver dans l’émission
ÊTRE ET SAVOIR par Louise Tourret

Alors qu’une vaste étude de l’École d’économie de Paris sur la démocratisation des grandes écoles depuis le milieu des années 2000 vient de paraître, Etre et savoir s’interroge : pourquoi la diversité sociale a-t-elle si peu progressé chez les surdiplômés ?

Dans la plupart des pays développés et particulièrement en France, décrocher un diplôme de niveau bac plus 5 s’avère un sésame de plus en plus nécessaire pour l’insertion professionnelle, la stabilité économique, la possibilité de vivre confortablement sa vie d’adulte et d’y être maître de ses choix. La crise économique post Covid qui s’annonce ne devrait pas remettre en cause cet état de fait… Loin devant la pierre, l’or ou les actions en bourses : le diplôme fait figure d’investissement d’avenir.

Or les enquêtes sur le recrutement des grandes écoles - la dernière, de l’Ecole d’économie de Paris, remonte à seulement quelques jours - montrent que l’ouverture sociale y est à la peine et ce malgré des politiques spécifiques menées depuis… 20 ans. Car oui, la convention éducation prioritaire de Science Po est née en 2001.

Alors bien sûr on ne parlera pas que de l’Institut d’étude politique de Paris ce soir, mais il nous servira de cas d’école et ce pour plusieurs raisons :

Premièrement, l’ancienneté de la convention éducation prioritaire.

Deuxièmement, les travaux qui y sont menés sur la sociologie scolaire et les inégalités, entre autres par notre invitée la sociologue Agnès van Zanten, chercheuse à l’Observatoire sociologique du changement (OSC), sont sans concession et posent la question de l’utilité des dispositifs dits d’ouverture.

Troisièmement, c’est l’école de prédilection des futurs politiques, des dirigeants et des journalistes, bref de ceux qui veulent prendre une part de la vie de la cité et de la parole publique, et que son fonctionnement est mis en cause, suite à l’affaire Duhamel….

Et puis nous parlerons de la difficulté de se sentir à sa place dans les filières dites d’excellence quand on n’y était pas destiné, avec la journaliste Nesrine Slaoui, autrice d’Illégitimes et ancienne de Science Po.

Enfin, que signifie faire partie des 20% de jeunes Français les plus diplômés ? C’est le sujet d’un très intéressant livre qui parait mercredi : Génération des surdiplômés : les 20 % qui transforment la France (Odile Jacob), ses auteurs le journaliste Jean-Laurent Cassely et la directrice de recherche au CNRS Monique Dagnaud, seront également avec nous ce soir.

LA QUESTION DU JOUR
Les grandes écoles se sont-elles vraiment démocratisées ?
Inégalité des chances
Selon Agnès van Zanten, il est très important de préciser que tout ne se joue pas au moment de l’entrée dans l’enseignement supérieur.

Il y a un monde entre les pratiques d’orientation dans les lycées favorisés et dans les lycées défavorisés. Agnès van Zanten

Pour nous le cumul des diplômes est impossible car il y a une urgence financière à entrer sur le marché de l’emploi. Nesrine Slaoui

Il y a une distance géographique qui s’ajoute à la distance sociale, car on quitte sa famille quand on ne vit pas à Paris. Nesrine Slaoui

Violence de classe
Le discours des grandes écoles n’est pas assez abouti, on réclame notre diversité mais en réalité on doit se renier, analyse Nesrine Slaoui.

On vous fait comprendre que votre accent du sud, votre manière de vivre, ne sont pas compatibles avec vos études. Nesrine Slaoui

Il y a un mimétisme et une forme de honte sociale qui s’installent, j’avais honte de la table en plastique dans le jardin chez mes parents. Nesrine Slaoui

C’est la sociologie qui m’a aidée, Bourdieu m’a sauvée. Pour moi les manuels de sociologie sont des manuels de survie. Nesrine Slaoui

Il y a souvent une divergence des imaginaires plutôt qu’une convergence des luttes entre les milieux populaires et cette catégorie sociale aisée. Jean-Laurent Cassely

A Sciences Po, le scandale mine la fabrique de l’élite
L’entre-soi
La vraie question aujourd’hui c’est : est-ce qu’on a vraiment besoin des grandes écoles, sont-elles nécessaires si elles ne servent que la reproduction des élites ? S’interroge Nesrine Slaoui.

Tout se joue déjà dans les jurys, les jurys sont encore très endogamiques. Nesrine Slaoui

A très haut niveau de diplôme on ne se mélange pas quand on se met en couple. On ne s’allie plus entre familles aujourd’hui, mais entre niveau de diplômes. Monique Dagnaud

Dans les familles aisées on vise dès la naissance a former des esprits dotés de connaissances, mais ayant aussi un rapport sacré au livre, qui savent manier l’ironie, où le numérique n’est pas tant valorisé, etc. Monique Dagnaud

Il y a une concentration territoriale de ces surdiplômés. Jean-Laurent Cassely

Ces 20% sont une population qui véhicule un certain mode de vie, qui font plus de sport, font attention à leur alimentation, avec une dimension éthique ou morale pour certains dans leur consommation. Jean-Laurent Cassely

À RÉÉCOUTER
Réécouter CEP à Sciences-Po (1)
28 MIN
LES PIEDS SUR TERRE
CEP à Sciences-Po (1)
Ouvrir à la diversité
Il faut toujours penser que le fatalisme est crée par l’absence réelle de politique pour changer la situation, explique Agnès van Zanten.

Tant qu’on ne modifie pas vraiment les modes de recrutement, on n’obtient pas d’effet et il y a un blocage structurel. Agnès van Zanten

Il y a beaucoup de discours en France, mais dans les faits très peu d’actions ont vraiment lutté contre les causes des inégalités de façon radicale. Agnès van Zanten

Georgia Thebault : Quelle démocratisation des grandes écoles depuis le milieu des années 2000 ? (janvier 2021).

Lien vers la page du Centre d’étude des mouvements sociaux, CEMS (EHESS/CNRS).

Retrouvez l’article de Eléa Pommiers dans le Monde du 19 janvier 2021 : Dans les grandes écoles, la diversité sociale n’a pas progressé en dix ans.

Lien vers l’article d’Alice Raybaud dans le Monde du 15 novembre 2020 : Le « club des recalés » des Sciences Po, entre amertume et nouveaux horizons.

Lien vers l’article d’Eléa Pommiers dans Le Monde du 19 novembre 2020 : Polytechnique, ENS, écoles de commerce : une très lente ouverture sociale.

Retrouvez l’article de Laurent Carpentier dans le Monde du 10/12/20 : Théâtre, danse, musique : quand les anciens de Normale-Sup brûlent les planches.

À RÉÉCOUTER

Extrait de franceculture.fr du 25.01.21

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