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Une tribune pour une éducation populaire d’urgence, des "vacances solidaires" et un recours aux acteurs divers de l’éducation (Ouest-France)

14 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

POINT DE VUE. Déconfinement : urgence éducative
À l’heure du retour à l’école, les signataires de cette tribune appellent à une éducation populaire d’urgence.

Nous, signataires de cet appel, nous voulons parler de celles et ceux qui risquent de ne pas reprendre le chemin de l’école.

[...] Les conséquences sociales, économiques et humaines d’un tel décrochage seront sans aucun doute lourdes pour ces enfants.

Nous souhaitons que l’État prenne ses responsabilités, comme nous prenons les nôtres, afin de construire ensemble une éducation populaire d’urgence. Associations de quartiers, parents d’élèves, collectivités, comités d’entreprise, toutes et tous ont leurs compétences pour construire un projet ambitieux et raccrocher nos jeunes.

Des vacances solidaires
Pour cela :

- Il faut tout d’abord que le constat soit partagé, et que la confiance revienne : nous demandons la transparence des informations entre acteurs responsables pour identifier les jeunes en décrochage ou qui risquent de l’être. Trop souvent les acteurs agissent en ordre dispersé à un moment où les forces doivent être unies.

- Un programme massif de vacances solidaires doit être pensé qui respecte les consignes sanitaires, afin que pendant l’été, des jeunes privés de vacances pour raisons économiques, puissent bénéficier d’un accompagnement sportif, ludique mais aussi pédagogique pour celles et ceux qui auront besoin d’un rattrapage. Nous parlons ici de colonies de vacances éducatives destinées aux élèves les plus éloignés de l’école et issus des familles vulnérables. Elles proposeraient ainsi d’apprendre autrement par le sport, le théâtre, la poésie et le slam, la vie dans la nature ou encore l’apprentissage du code informatique.

Pour cela, nous solliciterons la mobilisation des ressources multiples qui irriguent nos territoires : les collectivités, qui possèdent parfois des centres de vacances ; les entreprises qui par l’intermédiaire des comités d’entreprise ont des ressources qu’ils peuvent mettre à disposition.

Reprendre contact avec ces jeunes
Pour appuyer ces acteurs, nous demandons que l’État et notamment l’Éducation Nationale apportent le complément financier et logistique nécessaire pour le transport et l’encadrement des jeunes. Nous avons estimé les besoins financiers à 100 € par enfant et par jour.

- Parce que notre action ne doit pas attendre l’été, mais s’articuler au plus vite avec le déconfinement, nous voulons que ces mêmes acteurs s’engagent, en fonction des possibilités sanitaires, à se rendre dans les quartiers pour reprendre contact avec ces jeunes et ces enfants, leur proposer à nouveau d’apprendre différemment. Pour ces élèves il s’agit moins de préparer une reprise immédiate que la rentrée scolaire de septembre 2020. Il s’agit surtout de les réintroduire dans un parcours scolaire qui leur ouvre un avenir.

- Nous demandons enfin que l’année scolaire 2020-2021 soit particulièrement investie en matière d’accompagnement éducatif et pédagogique pour permettre à chaque élève de se remettre dans les apprentissages, cela demande des moyens à la hauteur des besoins pour multiplier les cours en petit groupe, la pédagogie différenciée, le recours aux acteurs divers de l’Éducation.

Premiers signataires :

Stéphane TROUSSEL, Président du Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis ; Louis GALLOIS, Président de la Fédération des Acteurs de la Solidarité ; Patrick BLOCHE, Adjoint à la Maire de Paris en charge de l’Éducation, de la Petite Enfance et des Familles, Député honoraire ; Annie LEVY-MOZZICONACCI, Médecin Généticien (Hôpital Nord), Conseillère Municipale et Métropolitaine, Marseille ; Patrick WEIL, Historien, président de Bibliothèques sans Frontières ; Cécile SPORTIS, Conseillère honoraire des Affaires Étrangères

Extrait de ouest-france.fr du 13.05.20

 

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