> EDUCATION PRIORITAIRE > Educ Prior. Ile Maurice > Des travailleurs sociaux dans les ZEP de l’Ile Maurice licenciés

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Des travailleurs sociaux dans les ZEP de l’Ile Maurice licenciés

7 mai 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « L’Express.mu » du 06.05.06 : Des « field workers » licenciés à l’attaque

« Mes mains se sont mises à trembler en lisant ma lettre de licenciement. Aujourd’hui je suis tombée plus bas que les défavorisés que j’avais pour tâche d’encadrer », déclare Zaahirah Muthy, travailleur social et mère de famille. Comme vingt-neuf autres field workers, cette Portlouisienne qui travaillait pour le Trust Fund for the Social Intergration of Vulnerable Groups vient de recevoir sa feuille de route. Ces licenciés se proposent d’unir leurs forces et d’entamer une campagne de sensibilisation à travers le pays dès mardi prochain. Une manifestation devant le Parlement est ainsi prévue, entre autres.

Les ex-field workers veulent aussi organiser des rassemblements à Tranquebar et à Souillac ainsi qu’une campagne de dénonciations par le biais d’affiches. Les contrats de travail d’un certain nombre d’entre eux, qui comptent cinq années de services, sont arrivés à terme le 1er mai dernier. Ils n’ont pas été renouvelés par la suite.

Anil Nookadee, un des travailleurs sociaux licenciés explique que les field workers avaient été embauchés le 2 mai 2001 par le Trust Fund for the Social Intergration of Vulnerable Groups. Leur travail consistait à identifier les poches de pauvreté à travers le pays afin de mieux axer leur action. Le Trust Fund a pu ainsi aider financièrement les familles défavorisées à scolariser leurs enfants, à construire des maisons pour les plus démunis et à lancer des projets d’élevage.

Une étude effectuée par les services sociaux démontre que 30 % des enfants défavorisés se situant en dehors de la Zone d’éducation prioritaire ne réussissent pas aux examens du Certificate of Primary Education (CPE). La dernière étude menée par les travailleurs sociaux concerne le nombre de squatters qui avaient investi les appartements de la National Housing Development Company situés à Camp Levieux et Cité-La-Cure.

Zaahirah Muthy juge son licenciement traumatisant. Et injustifié, car elle a beaucoup investi dans le travail social à Plaine-Verte et Vallée-Pitôt. « Ce n’est pas la politique de Putting people first que pratique le gouvernement. Mais sacking people first ! » Finn ras nu dignite. Se enn sufrans extraordinaire antan ki mère de famille », lâche cette travailleuse sociale. Et d’affirmer que le travail du Trust Fund est maintenant paralysé car ce sont ces personnes licenciées qui connaissent la réalité du terrain.

Hedley Jaymangal, autre field worker licencié, réfute pour sa part un argument avancé par un membre du conseil d’administration selon lequel les travailleurs sociaux licenciés n’étaient pas assez présents sur le terrain. Il déclare avoir porté plainte auprès de la commission des droits de l’homme à propos de ces licenciements.

Les licenciés ont retenu les services de Rodney Rama, conseil légal. Selon ce dernier, les ex-field workers peuvent réclamer des indemnités de licenciement car il y a eu « continuité d’emploi dans leur contrat de travail ». Les licenciés rejettent aussi toute tentative de faire accroire qu’ils avaient été embauchés pour des raisons politiques par l’ancien régime.

Répondre à cet article