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Quinze élèves du 93 entrent à Sciences-Po (Le Parisien)

12 octobre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Parisien » du 07.10.04 : des élèves du « 93 » à Sciences-Po.

Les élèves du 93 investissent Sciences-po

Quinze élèves de sept établissements classés en zone d’éducation prioritaire (ZEP) ou sensible de Seine-Saint-Denis ont fait leur rentrée, lundi, dans le prestigieux Institut d’études politiques de la rue Saint-Guillaume à Paris. Ils constituent un tiers des élèves ZEP de la promotion de cette année. Au total, 132 étudiants ont déjà bénéficié de la convention signée entre leur établissement - vingt dans toute la France - et l’IEP.

Cet accord leur permet d’intégrer directement la première année sans passer le concours d’entrée. Parmi les dernières recrues, deux jeunes filles viennent du lycée Jean-Renoir à Bondy. Nadjia et Angèle (lire nos témoins du jour) ont été reçues, mardi soir, à l’hôtel de ville de Bondy. La municipalité leur a offert un ordinateur portable en guise d’encouragement dans leurs études.

Elus délégués de conférence

Nadjia et Angèle ainsi que leurs treize autres camarades ont peut-être échappé au concours d’entrée. Mais ça ne veut pas dire que ces étudiants n’auront pas à cravacher dur, voire plus que les autres. Pour eux comme pour les étudiants étrangers - deux Chinois, cette année - et les bacheliers mention très bien également suspendus du concours d’entrée, la rentrée a commencé il y a trois semaines par un stage intensif : exposés devant un public, entraînement au débat, cours d’anglais ou d’allemand, d’économie et d’institutions politiques. Ce stage intensif dit d’intégration a également permis de calmer les esprits récalcitrants à la convention. L’accord avait en effet provoqué une levée de boucliers de la droite étudiante. Son syndicat, l’UNI, avait même déposé un recours qu’il a aujourd’hui retiré. « Ils se sont rendu compte que les élèves ZEP ne faisaient pas baisser le niveau de Science-po, assure le responsable de la formation, Cyril Delhay. Au contraire, ils contribuent à la diversification du recrutement social. Ils s’investissent dans la vie de l’école. Beaucoup sont élus délégués de conférence et dament le pion aux autres. » Sans l’alliance précieuse et sans bourse au mérite (6 000 €) attribuée aux élèves défavorisés sur leurs bons résultats scolaires, la plupart des étudiants ZEP - la promotion 2001 est en 4 e année - n’auraient sans doute pas passé les barrières sociales et psychologiques pour intégrer l’école. « Quand j’ai su les frais d’inscription, je me suis dit que ce n’était pas pour moi. Après avoir vu un reportage sur les élèves des grandes écoles, leur milieu social, je restais fière de mes bons résultats scolaires, mais j’ai pensé que j’avais sans doute été un peu naïve et voulais tout arrêter », confie une ancienne élève d’Auguste-Blanqui. Aujourd’hui, elle commence sa 4ème année.

Marie-Pierre Bologna.

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