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"Ecole", par Laurence De Kock, Edit. Anamosa, sept. 2019, coll. "le mot est faible"

3 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

ADDITIFS du 06.09.19

Le plaidoyer pour une école réellement démocratique de Laurence De Cock

"C’est à nous, nous dont les enfants ont autant de chances de traverser l’école aussi facilement qu’une rue piétonnière (...) de déjouer les pièges des classes de niveaux, des filières d’élites, des filons pour contourner la sectorisation des établissements (...), pour que l’émancipation des un.e.s ne puisse dépendre que de celle des autres (... et pour) voir s’accomplir un vrai projet d’école démocratique." Laurence De Cock sait bien que son opuscule, Ecole, sera lu par un public éduqué et de gauche, et c’est à celui-ci que s’adresse son "plaidoyer" pour "penser l’école comme espace de démocratisation, de justice sociale et de partage des connaissances".

Elle commence, en historienne de l’éducation, par un "tableau alarmant" de la situation actuelle, fruit d’une accumulation de politiques et de "beaux discours" que démentent les réalités et qui sont cause qu’ "une sorte de fatalité semble peser sur l’institution scolaire", ce dont témoigne "le peu de réactions" que suscitent dans l’opinion "les réformes récentes".

Très critique à l’égard des alternatives à l’école publique, elle propose une analyse originale des pédagogies "nouvelles" : certaines, comme celles qu’inspirent Célestin Freinet ou Paolo Freire, "ont fait de la transformation sociale leur point d’orgue (...) Dès lors, la réussite d’un enfant ne se conçoit qu’au regard de celle des autres." A l’inverse, d’autres, qui se réclament de l’héritage de Maria Montessori, "sont focalisées le bien être et le développement de l’enfant", donc sur la réussite individuelle. L’auteure vise une dérive de ces pédagogies dont Céline Alvarez est la figure emblématique et qui sont "devenues les adjuvants d’un système néolibéral, où tout pousse à la performance". L’instrumentalisation des neurosciences par Jean-Michel Blanquer vient la renforcer. Celui-ci prône "l’émancipation" qui est en réalité de "la libre entreprise de soi-même". Laurence De Cock souhaite au contraire "la construction d’une école pour tous les enfants".

Extrait de touteduc ;fr du 09.09.19

 

Laurence De Cock : Ecole

Voilà un mot qui nous est cher, qui l’est aussi à Laurence De Cock, professeure de lycée et chargée de cours à Paris Diderot, mais qui appartient à tout le monde. L. De Cock le marie avec enthousiasme à celui de démocratisation. Ce nouveau livre est un plaidoyer pour l’école publique, qu’elle connait bien. Pas tant l’école qui existe aujourd’hui que l’école qu’elle appelle de ses voeux : une école où la démocratisation est une réalité, une école émancipatrice. Alors qu’avec les réformes Blanquer on semble tourner le dos à un siècle d’efforts pour démocratiser l’Ecole, lelivre de L De Cock est aussi un cri d’alarme lancé aux enseignants et aux parents. Elle s’en explique dans cet entretien.

Extrait de cafepedagogique.net du 06.09.19

 

Présentation de l’éditeur
École est un mot doux qui nous promène entre le parfum de l’enfance et les charmes de la connaissance. Certains la rêvent sanctuarisée, protégée des violences du dehors. Mais c’est tout l’inverse, et c’est tant mieux, à condition d’accepter d’en débattre franchement, et de reposer sur ses bancs les termes d’une école résolument émancipatrice, donc définitivement politique.
Après Peuple et Révolution, un nouveau titre dans la collection "Le mot est faible" : École, dont s’empare avec brio l’historienne et enseignante engagée Laurence De Cock.

La boussole de la démocratisation débloque
L’état des lieux des réformes les plus récentes de la maternelle à l’université montre que la boussole de la démocratisation scolaire débloque et que l’idéal même d’une éducation nationale est fortement remis en cause. Il s’agira aussi ici de poser des mots sur cet idéal, de s’interroger sur d’où il vient, comment il a été théorisé et comment, malgré tous les freins et échecs, la boussole de l’accès à l’éducation pour tous les enfants a toujours guidé les différentes politiques scolaires, sauf sous Vichy (et encore).

Le mythe de l’ascenseur social par l’école
Il s’agit ici d’aborder la réalité d’une école qui trie, exclut, reproduit les dominations et de déconstruire déconstruirai un certain nombre d’idées reçues, notamment sur le " c’était mieux avant, il y avait des ouvriers à polytechnique ", sur la méritocratie scolaire et ses ambiguïtés et sur les nouvelles dominations aujourd’hui niées par l’institution comme les discriminations de genre et de race.

Les champs de bataille de la pédagogie
Seront ici abordées les scissions politiques entre les différents modèles de pédagogies alternatives ainsi que la question de savoir pourquoi Montessori séduit les plus aisés ou les moins attirés par les enjeux de la scolarisation de masse. Les neurosciences ne seront pas oubliées, dont l’usage contribue à dépolitiser les enjeux de l’école.

Enseigner, émanciper
La question de la neutralité sera ici centrale : son sens est dénaturé aujourd’hui puisqu’elle est entendue comme une caporalisation des enseignants. Il faut donc remettre la question de l’émancipation au coeur du travail enseignant. Cette posture ne peut qu’être politique, elle requiert un vrai rapport à la démocratie et la perspective de l’abolition des dominations. Cela suppose de se débarrasser de tout ce qui aliène l’école : le marché, le modèle républicain réifié et mythifié, les techniques pédagogiques pré-mâchés. L’école doit devenir un lieu où se formulent des questions et où s’élaborent des réponses collectivement ; elle doit retrouver le goût de la démocratie et réparer la boussole. C’est ici que seront abordées les questions de " disciplines ", de " programmes ", de ce qui devrait être enseigné et de qui le décide.

Biographie de l’auteur
Laurence De Cock est professeure agrégée en lycée à Paris, docteure en sciences de l’éducation, chargée de cours en didactique de l’histoire et sociologie du curriculum à l’Université Paris-Diderot. Ses recherches portent sur l’enseignement de l’histoire, les pédagogies alternatives et l’histoire de l’école.
Elle anime avec Mathilde Larrère " Les détricoteuses " sur Médiapart. Elle a co-dirigé avec Emmanuelle Picard, La Fabrique scolaire de l’histoire (Agone, 2009), réédité et entièrement refondu en 2017. Elle est notamment l’auteure de Sur l’enseignement de l’histoire, programmes, débats, pratiques (Libertalia, 2018) et de L’Histoire comme émancipation, avec Mathilde Larrère et Guillaume Mazeau (Agone, 2019).

Extrait de amazon.fr

 

« Maintien des inégalités scolaires »
Cette analyse converge avec celle de l’historienne et professeure de lycée Laurence de Cock qui, dans "Ecole", petit livre incisif, constate « l’éreintement des enseignants assommés par la valse des réformes » et s’insurge à son tour contre « l’instrumentalisation des neurosciences par le pouvoir ». Celles-ci deviennent à la fois « un substitut à toute réflexion sur les déterminations sociales » et une façon de déposséder les enseignants de « toute possibilité d’expertise pédagogique ». Alors que le ministre justifie sa quête d’efficacité par le souci du « social », Laurence de Cock juge, à l’inverse, que les principaux bénéficiaires de ses réformes seront les familles les plus favorisées, capables de compenser les « méthodes de gavage » par l’ouverture culturelle et artistique. « Le constat, estime-t-elle, est sans appel, nous entrons désormais dans l’ère de la contre-démocratisation scolaire. »

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Extrait de lemonde.fr du 30.08.19

Site de l’éditeur https://anamosa.fr

 

Le plaidoyer pour une école réellement démocratique de Laurence De Cock

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Très critique à l’égard des alternatives à l’école publique, elle propose une analyse originale des pédagogies "nouvelles" : certaines, comme celles qu’inspirent Célestin Freinet ou Paolo Freire, "ont fait de la transformation sociale leur point d’orgue (...) Dès lors, la réussite d’un enfant ne se conçoit qu’au regard de celle des autres." A l’inverse, d’autres, qui se réclament de l’héritage de Maria Montessori, "sont focalisées le bien être et le développement de l’enfant", donc sur la réussite individuelle. L’auteure vise une dérive de ces pédagogies dont Céline Alvarez est la figure emblématique et qui sont "devenues les adjuvants d’un système néolibéral, où tout pousse à la performance". L’instrumentalisation des neurosciences par Jean-Michel Blanquer vient la renforcer. Celui-ci prône "l’émancipation" qui est en réalité de "la libre entreprise de soi-même". Laurence De Cock souhaite au contraire "la construction d’une école pour tous les enfants".
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Extrait de touteduc du 06.09.19

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