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Selon une étude de l’OCDE fondée sur 15 années de résultats de Pisa, le tri académique ou social des élèves fait baisser le niveau général (Source Café pédagogique)

29 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Pour l’OCDE, le tri académique ou social des élèves fait baisser le niveau général

La ségrégation scolaire est nuisible à tous. On le savait depuis une récente conférence de consensus du Cnesco sur la mixité sociale. Mais c’est maintenant l’OCDE qui l’atteste en se basant sur 15 années de résultats de Pisa. Pour l’organisation internationale, l’affaiblissement de la carte scolaire et la montée de la sélection des élèves, soit sociale, soit par les résultats, fait baisser la performance des systèmes éducatif sans pour autant tirer les plus forts ou les plus favorisés vers le haut. Une analyse particulièrement intéressante au moment où le ministère renforce la concurrence entre les lycées et instaure avec la loi Blanquer l’école à deux vitesses.

Pas plus d’élèves dans le privé...

Faut-il ou non supprimer la carte scolaire ? Le débat a fait rage sous Sarkozy au moment où le ministère "assouplissait" la carte scolaire. Aujourd’hui la question revient dans le débat éducatif avec le libre choix des spécialités (et donc des établissements) en lycée et la décision dans la loi Blanquer de créer des établissements d’élite (EPLEI) dont on se sait pas encore s’ils seront des raretés ou une banalisation de filières élitistes.

Pour son étude, l’OCDE se base sur les 15 années de résultats de Pisa entre 2000 et 2015. L’organisation observe une évolution divergente de la sélection scolaire.

D’une part, de 2000 à 2015, la part des élèves scolarisés dans le privé a augmenté dans quelques pays comme le Royaume-Uni (où la hausse est énorme). Mais elle a diminué dans d’autres, comme les Pays Bas, la Corée ou l’Espagne. Globalement la part du privé est restée à peu près stable dans l’OCDE.

Mais plus de sélection...

D’autre part, dans la majorité des pays de l’OCDE, moins d’élèves sont affectés par la seule carte scolaire. Dans 11 pays sur 38 leur part a diminué depuis 2000, relève l’OCDE. Elle n’a augmenté que dans 5 pays dont la Hongrie ou la Pologne. Globalement, la tendance à sélectionner les élèves a progressé depuis 2010 et le pourcentage d’élèves sélectionnés a augmenté dans 34 des 59 pays de l’étude. La tendance est donc à la mise en concurrence des écoles. Et cette concurrence qui s’installe se fait entre écoles publiques.

La sélection académique des élèves augmente

Dans la plupart des pays le tri effectué par le niveau scolaire est plus fréquent que la ségrégation sociale. Le tri par les résultats augmente dans 15 pays dont la France, l’Allemagne ou l’Espagne. Dans certains pays, il prend la forme d’une mise à l’écart des élèves les plus faibles et dans d’autres des plus forts. La France se caractérise par la mise à l’écart des élèves les plus faibles regroupés dans les mêmes écoles. Si la ségrégation sociale est un peu inférieure dans les écoles publiques que la moyenne de l’OCDE, celle des écoles privées est supérieure.

Faut-il garder une carte scolaire ?

Pour l’OCDE, la carte scolaire a aussi des effets négatifs. Elle augmente la ségrégation résidentielle par le marché immobilier. Seuls les plus aisés peuvent habiter auprès des écoles les meilleures. Et on voit sur les sites de vente d’appartement que la carte scolaire figure dans les éléments de fixation du prix de l’immobilier.

Mais diminuer l’affectation par la carte scolaire a un impact sur la performance générale du système éducatif. En effet les élèves plus faibles sont affaiblis quand ils sont regroupés dans des écoles qui les concentrent. La mise à l’écart des élèves les plus forts est elle aussi associée à des scores plus faibles dans Pisa. Cette baisse touche les élèves les plus défavorisés sans augmenter pour autant celui des plus favorisés.

Les effets négatif du tri scolaire

Les programmes de libre choix de l’école augmentent de fait le tri scolaire. Car seules les familles les mieux informées sur le système éducatif en bénéficient. Et les plus démunis peuvent aussi ne pas pouvoir faire face aux frais annexes liés à la scolarisation dans une école favorisée comme ceux relatifs à des activités extra scolaires. C’est ce qui a été constaté aux Etats-Unis et en Suède par exemple, selon l’OCDE.

Ajoutons que la scolarisation dans une écoles plus favorisée peut nécessiter aussi des aides pédagogiques particulières. C’est aujourd’hui ce qui bloque le développement de plusieurs projets de mixité sociale, les académies refusant ce soutien.

Pour l’OCDE, trier les élèves entre les écoles en fonction de leur niveau ou de leur statut social peut affecter l’efficacité et l’équité d’un système éducatif. Par exemple les élèves faibles sont plus sensibles à la composition des classes. Aussi trier les élèves selon leur niveau peut avoir un effet négatif sur le niveau moyen. Un élève défavorisé peut aussi avoir du mal à l’école parce qu’il ne bénéficie pas du même soutien familial qu’un plus favorisé. La ségrégation sociale ou académique ajoute des barrières au succès scolaire des enfants défavorisés. A long terme cela a des conséquences négatives sur la mobilité sociale.

L’OCDE recommande aux pays qui veulent une liberté de choix de l’école (elle est constitutionnelle par exemple en Belgique) de mettre en place des programmes de compensation. Par exemple elle invite les états à veiller à une information effective des familles défavorisées. Ou à ne donner de chèque scolaire qu’à ces mêmes familles.

F Jarraud

School Choice and Equity

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Extrait de cafepedagogique.net du 27.05.19

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