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Réflexions sur ZEP - territoires et ethnies, à l’Ile Maurice

20 février 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « L’Express.mu » du 19.02.06 : « Je n’ai jamais regardé l’éducation d’un point de vue ethnique »

L’ancien président de la République livre sa vision sur la réforme de l’éducation, propose certaines solutions et s’exprime sur le très controversé Prevention of Terrorism Act (Pota).

Vous avez été parmi les premiers à adresser une lettre ouverte au ministre Dharam Gokhool pour exprimer votre opposition à la réforme. Avez-vous le sentiment d’avoir été entendu ?

Je ne sais pas si le ministre a pris connaissance de mes observations. Il n’a pas réagi. La réforme, qui a été entérinée par le gouvernement, est maintenant confirmée.

Que reprochez-vous donc à la formule actuelle ?

Je pense que le grading A + proposé et la création de neuf collèges nationaux vont réintroduire la rat race dont les effets pervers avaient été atténués par la formule de régionalisation introduite sous le précédent gouvernement. Je considère que la régionalisation doit être perfectionnée en améliorant, entre autres, le cursus et la formation des enseignants. On ne peut pas maintenir un système qui produit 40 % d’exclus. Je suis persuadé que la formule proposée va accentuer ce taux d’échec et encourager davantage la pratique des leçons particulières qui prive nos enfants de leurs plus belles années.

Que répondez-vous à ceux qui avancent que l’ancienne formule pénalise les élèves d’origine asiatique ?

Mon principal souci concerne les enfants pauvres. La pauvreté n’affecte pas spécifiquement les hindous, les musulmans ou les créoles. Il y a plus de cinq ans, un projet initié par la State House et financé par le Presidential Education Trust a pris en charge les élèves de trois institutions primaires, notamment à Vallée-Pitot, Pointe-aux-Sables, Grand-Sable et Petit-Sable. Ce projet a démontré que les enfants pauvres ne sont pas les moins intelligents. Il suffit de les encourager et de les encadrer. Je suis heureux de constater que le projet fait du chemin car je n’ai jamais regardé l’éducation d’un point de vue ethnique. Si malgré tout le gouvernement reste sur sa position, il faudra alors voir comment réduire l’échec scolaire, diminuer la pression sur les élèves et leur permettre de vivre leur enfance.

Que proposez-vous ?

Il faut bannir les leçons particulières. Cette situation pénalise les enfants qui viennent de familles démunies. Si les pédagogues considèrent que certains élèves ont besoin d’un accompagnement scolaire en dehors des heures de classe, c’est à l’État d’organiser cet accompagnement. Un gouvernement qui peut financer le transport scolaire gratuit devrait pouvoir faire cela. Il s’agit d’étendre ce qui se fait déjà dans les écoles situées dans les zones d’éducation prioritaires. Il faudrait aussi doter chaque zone de collèges dignes du QEC et du collège Royal de Curepipe et de modifier la formule d’octroi de bourses d’État.

Soyez plus précis ?

Vous n’êtes pas sans savoir qu’il existe déjà une formule de régionalisation en matière de bourses. Les étudiants rodriguais ont, par exemple, accès à des bourses qui leur sont exclusivement destinées. Pour donner plus de poids à la politique de régionalisation, je considère qu’il faut accorder des bourses aux meilleurs étudiants qui réussissent aux examens de HSC sur une base régionale. À ce rythme, on encouragera les étudiants à fréquenter les institutions situées dans leur zone.

(...)

Propos recueillis par Renaud Marie

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