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Les innovations locales et Expérithèque : "plus des expériences que des expérimentations aux enseignements transférables" (Cour des comptes, déc. 2017)

21 février 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

L’Education nationale : organiser son évaluation pour améliorer sa performance
Rapport de la Cour des comptes, décembre 2017

EXTRAIT

(pages 61-62)

2 - Le foisonnement des innovations locales : transformer des expériences en
expérimentations aux enseignements transférables

Les innovations locales sont nombreuses, elles sont plus des expériences que des expérimentations.
La base Expérithèque, qui n’en recueille qu’une partie, en recensait près de 4 600 en 2016 dont les 2/3 étaient des expérimentations dites de l’article 34, c’est-à-dire requérant une autorisation rectorale, quand le reste relevait de la catégorie « innovations » car ne modifiant ni les programmes, ni les horaires institutionnels, ni les structures de l’établissement.

Ces initiatives locales sont très inégalement réparties entre les académies ce qui peut traduire des différences de dynamisme ou des disparités de recensement : 91 à Aix-Marseille mais 384 à Nice, 61 à Toulouse mais 283 à Bordeaux, 12 en Martinique mais 295 à la Réunion.
Les 4/5 sont réalisées sans moyens financiers ou humains supplémentaires. Plus de la moitié concernent les collèges et près de 40 % l’éducation prioritaire. Pour ce qui concerne l’évaluation, la rubrique n’est pas renseignée dans 25 % des cas ; lorsqu’elle l’est, l’auto-évaluation et l’évaluation interne représentent les 4/5 des évaluations 53.

Un tiers des descriptifs de suivi ne font pas référence aux résultat des élèves. Par exemple, des expériences de « Classes sans note » se sont récemment multipliées
54. Dans un collège visité lors de l’enquête, l’effet des classes sans note, progressivement introduites durant 4 années par niveau, était mesuré par une augmentation des orientations vers la seconde générale, sans référence aux acquis des élèves pourtant directement appréhendables par les résultats du DNB.
D’une manière générale, si l’exigence d’une évaluation est souvent mentionnée, la pratique en est plus limitée et la transposition des résultats difficile car la taille critique des échantillons est rarement atteinte. Un appui méthodologique s’avère nécessaire pour transformer ce qui relève souvent plus d’expériences innovantes que d’expérimentations encadrées par un protocole reproductible, leur valorisation ultérieure est à ce prix.

La DGESCO a indiqué à la Cour que « puisque les évaluations aléatoires, pour des raisons de coût, ne sont pas toujours possibles, il est proposé de réfléchir à la mise au point d’une évaluation adaptée, mais néanmoins rigoureuse, dont les résultats permettraient aux cadres académiques de produire un discours solide sur le dispositif construit. ». Il serait aussi nécessaire d’accompagner ces expérimentations d’un dispositif de tests diagnostiques et de bilan, sous forme numérique, mis à la disposition des équipes éducatives concernées.

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