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B* L’alliance avec les parents à l’école REP La Rucklin de Belfort : avec le lancement récent d’une capsule et une action commune depuis 4 ans de lutte contre le harcèlement scolaire

7 novembre 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

L’alliance avec les parents, ça se construit. L’école La Rucklin de Belfort (REP) y travaille depuis des années. Elle met en ligne maintenant des capsules vidéo accessibles à tous les parents pour les aider à connaitre et maitriser l’école. Une première capsule concerne l’inscription à l’école.

La capsule

Extrait de cafepedagogique.net du 02.11.16 Des capsules pour communiquer avec les parents

 

Harcèlement : Comment l’école La Rucklin améliore son climat scolaire
Pour Sylvain Obholtz, directeur de l’école Rep La Rucklin de Belfort (90), améliorer le climat scolaire est une oeuvre de longue haleine. Et c’est surtout un travail collectif. De l’écoute active à la classe ouverte, des discussions de trottoir à la rédaction en commun du règlement, l’école s’est engagée dans un lent travail d’alliance avec les parents pour améliorer le climat scolaire et favoriser la réussite scolaire.

Entourée par les barres d’immeubles d’un quartier populaire de Belfort, l’école La Rucklin compte plus de 200 élèves répartis en 9 classes. Sylvain Obholtz, son directeur, est une personnalité reconnue par les enseignants du primaire qui fréquentent nombreux ses sites personnels.

L’école s’est engagée depuis 4 ans dans un travail sur le climat scolaire qui s’est approfondi d’année en année. L’école cherche à multiplier les contacts avec les parents. Elle travaille aussi sur la justice scolaire et l’apprentissage de l’expression des sentiments par les enfants. Tout un travail d’équipe sur lequel S Obholtz revient. A La Rucklin pas de miracle. De la ténacité...

Sur votre site, vous mettez en premier l’alliance avec les parents. Comment fait-on pour la construire ?
J’ai le sentiment que ce sont les micro solutions qui provoquent les micro changements. Ce qui est central pour nous c’est l’écoute active des parents et élèves. Ecouter ce n’est pas obéir. Un de nos objectifs c’est d’essayer de toucher les parents qu’on voit très peu. On multiplie les initiatives : l’accueil des parents dans la cour avec la cour ouverte, ou dans la classe ; la remise des bulletins en main propre, le fait qu’un enseignant soit là à chaque entrée ou sortie. Moi même je multiplie mon temps de présence sur le trottoir devant l’école pour discuter avec les gens. De nombreuses personnes ont peur de l’Ecole. Et pour redonner confiance il faut entamer le dialogue quelque soit le sujet.

Classe ouverte, cour ouverte ça veut dire que les parents entrent dans les locaux scolaires ?
On a lancé la cour ouverte il y a 2 ans. On a proposé à toutes les familles de venir observer une cour de récréation. L’idée c’est de partager des valeurs sur le rapport à l’autorité, la capacité à dire non, que les parents tiennent le même discours que l’école. La cour ouverte a alimenté un discut’café, l’écriture du règlement par les enfants.

La classe ouverte c’est plus compliqué car il faut que l’enseignant se sente prêt à le faire. On invite des parents à venir observer la classe par groupe de deux. On ne le fait pas dans toutes les classes. On partage ainsi un discours sur l’école et son rôle. A l’issue de l’opération il y a une réunion avec tous les parents pour qu’ils parlent de ce qu’ils ont vu. Les parents disent souvent leur surprise de voir leur enfant dans un dispositif scolaire qui a beaucoup changé depuis leur jeunesse. On n’a pa s de retour négatif. A chaque fois on arrive à capter une ou deux familles de plus. Mais on n’arrive jamais à capter toutes les familles.

Pourtant on est convaincu que la réussite scolaire est liée à l’entente avec les familles. On construit ainsi un climat scolaire favorable aux apprentissages. Et on outille les parents sur ce que c’est que l’école.

Il y aussi un travail auprès des élèves ?
L’écoute active s’exerce aussi auprès d’eux. Il y a des dispositifs comme des débats philosophiques, l’expression des sentiments , l’apprentissage des conflits avec les messages clairs, la rédaction d’un règlement collectif. Ca ne suffit pas Il faut aussi un travail sur la pédagogie.

Des choses ont changé dans la pédagogie des enseignants de l’école ?
Je pense que oui. Car le fait de partager et de parler ca laisse des traces. On a des classes tellement hétérogènes, on fait face à de telles difficultés que ca devient une nécessité.

Vous êtes aidé pour ces changements ?
On ne peut pas développer ce genre de projet seul. Rien n’est possible sans le soutien de mes collègues enseignants. Ma grande chance c’est d’avoir des collègues qui sont un peu sur la même posture.

Ensuite il y a de la formation. Déjà on partage de l’information . On construit une culture commune. J’alimente l’équipe en articles, en réflexions. Ensuite on a des moyens de formation. Par exemple on a obtenu de la municipalité une formation à l’écoute active. On a fait un stage Occe sur la démarche coopérative. On essaie de mettre en place une formation en interne qui renforce la dynamique des échanges entre nous.

Comme parents et enseignants changent sans cesse j’imagine que c’est quelque chose qui est à refaire tout le temps ?
J’ai la chance d’avoir depuis quelques années une équipe assez stable. C’est une grande chance car c’est quelque chose qu’on construit dans le temps. Cela tient au fait que les enseignants sont en rep et qu’en début de carrière il faut bien rester. Mais cela vient aussi du fait qu’on se soutient quand il faut prendre sur soi pour garder son calme par exemple.

Au final ca repose sur un projet qu’on a le sentiment de partager et des jeunes qui n’ont pas trop le choix. Mais il faut aussi que les enseignants s’y retrouvent.

Ça veut dire quoi ?
Il faut que le projet collectif apporte une plus value à chacun. Tout le travail c’est de trouver cette plus value personnelle. Si les enseignants perçoivent ce sentiment d’utilité ca les motive.

C’est une véritable ingénierie du changement que vous avez développée ?
Je parlerais de parti pris pour l’école. Je suis source de questionnement et on essaie d’avancer ensemble dans une démarche collaborative. Ca repose sur le partage des connaissances. Etre directeur c’est s’appuyer sur les compétences des collègues. On est plus fort à plusieurs que seul. Par exemple, on fait en sorte que les réunions soient productives. Elles sont donc très préparées par moi ou par des collègues à travers un système de pilotage.

Quel bilan peut on dresser de ces années de travail sur le climat scolaire ?
On a clairement une amélioration du climat scolaire. On n’a pas d’intrusions dans l’école , pas de conflits. Les gens viennent nous parler. De ce point de vue on a progressé. Mais on est incapable de mesurer les effets sur les résultats car les cohortes changent énormément.

Vous avez appris quoi de ces 4 années de travail sur le climat scolaire ?
Peut-être la tolérance et l’empathie. Mon regard a changé sur la difficulté scolaire y compris celle des familles. Je prends plus en compte la globalité de l’enfant. Mais tout ces progrès reposent sur les efforts de mes collègues.

Propos recueillis par François Jarraud

Le numéro 77 de la Gazette de La Rucklin https://directeur90.files.wordpress.com/2015/12/gazette-nc2b077-climat-scolaire-le-temps-du-bilan1.pdf

Non à la violence La Rucklin https://directeur90.wordpress.com/2016/05/29/2539/

Mai 2016 : Prix harcèlement http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/05/10052016Article635984599671050751.aspx

Comment l’école Baudricourt travaille sur le harcèlement http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/05/10052016Article635984599660442479.aspx

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2016/11/03112016Article636137561005448832.aspx

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