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Le rapport Larcher "La nation française, un héritage en partage"

16 avril 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Rien de commun entre les rapports de Gérard Larcher, le sénateur UMP des Yvelines et Claude Bartolone, le député socialiste du 93. Le seul point commun c’est que tous deux attendent beaucoup de l’École qui devrait s’engager dans des projets globaux très différents et donc peu susceptibles de faire l’unanimité chez les enseignants et les élèves.

"La nation française, un héritage en partage", le rapport de G. Larcher, s’appuie sur une vision très traditionnelle d’une "identité nationale". Sa définition de la nation vient de Renan. Ses inspirateurs sont de Gaulle, Pierre Chaunu, un grand historien proche du FN décédé en 2009, et Finkielkraut. Pour G. Larcher, l’identité nationale est pré existante et la capacité d’intégration du pays n’en peut plus. L’objectif c’est la soumission de tous les enfants à cette identité d’ailleurs mal définie.

Reprenant Finkielkraut, G Larcher exige que "les élèves puissent oublier leur communauté d’origine et penser à autre chose qu’à ce qu’ils sont pour pouvoir penser par eux-mêmes". Le droit à la différence n’est une liberté que s’il est assorti du droit et de la capacité d’être indifférent à sa différence". Cette vision d’un élève totalement déculturé en arrivant à l’école et reniant sa culture familiale est évidemment totalement irréelle. C’est l’utopie d’une éducation totalitaire. Surtout c’est en contradiction avec ce que l’auteur écrit plus loin sur la place déterminante des parents dans l’école.

Mais ce n’est pas la seule incohérence. G Larcher veut des enseignants dont l’autorité est assurée. " Cette responsabilité et cette ambition supposent, pour l’État, de faire respecter certaines conditions, à commencer par l’autorité du maître qui transmet à l’élève et la primauté des savoirs sur tout « pédagogisme »" Mais cette autorité est nuancée plus loin par la volonté de chefs d’établissement et de directeurs tout puissants choisissant les enseignants.

[...] L’enseignement de l’histoire au service du roman national

La place de l’École dans la politique d’intégration républicaine occupe beaucoup moins de place que la description de ce que devrait être l’École pour G Larcher. Dans le rapport Larcher l’école au final est là pour transmettre "le roman national". L’enseignement de l’histoire n’ a pas pour finalité de transmettre des savoirs et des techniques d’analyse documentaire et de développement de l’esprit critique, mais tout au contraire de diffuser des histoires, une mythologie française. "Il s’agit de donner à l’enseignement de l’histoire un sens et une portée effectives en matière de sentiment d’appartenance : grandes dates, grands personnages, grands événements, grandes idées, doivent ponctuer cet enseignement et chaque élève doit pouvoir y trouver une source d’intelligence et de réflexion, d’identification et de fierté." Nous voilà ramenés loin en arrière...

Extrait de cafepedagogique.net du 06.04.15 : Soumettre l’élève à une identité nationale

Le rapport Larcher

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