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"Parcours scolaires et sentiment d’injustice et de discrimination chez les descendants d’immigrés" (étude INSEE, 2014)

6 mai 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

ADDITIF du 18.06.14 :

« T’as passé deux ans en troisième techno à travailler comme un fou sur du caoutchouc, c’est sûr et certain que tu veux pas être caoutchoutiste ! » lançait Jamel Debbouze dans son sketch « le Conseiller de désorientation ». Sur scène, ce fils d’immigrés marocains tournait en dérision le fameux entretien d’orientation dans l’enseignement secondaire : « Qu’est-ce que tu veux faire pour ton avenir ? Médecin ? T’es malade ! » répondait alors le conseiller à l’élève. Pour ceux issus de l’immigration, le choix est souvent contraint, vécu comme arbitraire.

Extrait de Yahoo.com} du 18.06.14 : Une étude pointe le sentiment d’injustice des élèves issus de l’immigration face aux inégalités scolaires.

 

Ecouter le sketch de Djamel Debbouze

 

Parcours scolaires et sentiment d’injustice et de discrimination chez les descendants d’immigrés
Yaël Brinbaum et Jean‑Luc Primo
ÉCONOMIE ET STATISTIQUE N° 464-465-466, 2013

Les inégalités d’éducation et le sentiment d’injustice et de discrimination à l’école (dans les domaines de l’orientation, de la notation, de la discipline ou des sanctions et dans les interactions verbales) sont mis en relation avec l’origine migratoire. L’étude des parcours scolaires révèle que plusieurs groupes de descendants d’immigrés (Algérie, Turquie, Maroc ou Tunisie, Afrique sahélienne ou Afrique centrale et guinéenne) sont surreprésentés parmi les non‑diplômés du second cycle de l’enseignement secondaire et sous‑représentés parmi les titulaires du baccalauréat. Ces inégalités s’effacent – pour la plupart des groupes – lorsque la position sociale et le niveau scolaire des parents sont pris en compte.

En termes de perception des quatre dimensions étudiées, l’orientation scolaire est l’aspect le plus souvent perçu comme injuste par les descendants d’immigrés (15 %). Sans être une expérience généralisée, l’orientation est en effet ressentie comme une injustice par un descendant d’immigrés algériens sur cinq. Cette proportion est de un sur quatre parmi les descendants d’immigrés de Turquie, du Maroc ou de Tunisie et d’Afrique centrale. Cette dimension est en revanche peu citée par les descendants d’immigrés européens ou d’Asie du Sud‑Est.

Les injustices scolaires sont fréquemment attribuées à des motifs discriminatoires à caractère ethno‑racial : parmi ceux qui déclarent des injustices, 58 % des descendants l’associent à leur origine ou à leur nationalité, 13 % à leur couleur de peau ; les deux tiers des descendants d’immigrés nord‑africains citent l’origine ou la nationalité (65 % parmi ceux de Turquie) ; la couleur est signalée par 56 % des descendants d’immigrés des pays d’Afrique subsaharienne. La confiance dans le système scolaire reste cependant élevée dans l’ensemble de la population (87 %) comme chez les descendants d’immigrés (86 %), même si elle s’affaiblit dans les groupes où la discrimination est la plus fortement ressentie.

L’étude (30 pages)

 

Voir aussi
"Les jugements des élèves issus de l’immigration sur les décisions d’orientation scolaire et les conditions de leur scolarisation" (reprise par le réseau de lutte contre les discriminations d’une étude de Jean-Pierre Zirotti, 2006)

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