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L’école française face aux discriminations. Une tribune de George Pau-Langevin

25 mars 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

La ministre délé­guée à la Réussite éduca­tive a énuméré ven­dredi les poli­tiques gou­ver­ne­men­tales visant à lut­ter contre la dis­cri­mi­na­tion raciale à l’école, et à garan­tir l’égalité des chances pour les élèves issus de l’immigration.

A l’occasion de la Journée inter­na­tio­nale pour l’élimination de la dis­cri­mi­na­tion raciale, ven­dredi 21 mars der­nier, la ministre délé­guée à la Réussite éduca­tive George Pau-Langevin a détaillé dans une tri­bune publiée par le Huffington Post les axes de tra­vail du gou­ver­ne­ment pour lut­ter contre les dis­cri­mi­na­tions raciales à l’école : "Pilier du modèle répu­bli­cain, l’École a voca­tion à pro­té­ger les enfants de ce mal", sou­ligne la ministre.

L’école de la République n’échappe pas aux préjugés
"L’espace sco­laire n’échappe ni aux pré­ju­gés véhi­cu­lés par la société, ni aux pra­tiques qui même invo­lon­tai­re­ment sapent le prin­cipe d’égalité répu­bli­caine", rap­pelle George Pau-Langevin. "Source d’un espoir d’émancipation et de mobi­lité sociale, l’École est aussi (...) confron­tée à un crois­sant sen­ti­ment de défiance chez des enfants issus de l’immigration qui la jugent injuste et dis­cri­mi­nante à leur égard."

Selon les der­niers résul­tats de l’enquête Pisa de l’OCDE, les élèves fran­çais issus de l’immigration sont "au moins deux fois plus sus­cep­tibles de comp­ter parmi les élèves en dif­fi­culté", à milieu social équivalent.

Meilleure for­ma­tion des ensei­gnants en matière de discrimination
Pour y remé­dier, trois axes poli­tiques "nova­teurs" ont été fixés par le gou­ver­ne­ment. En pre­mier lieu, "l’affirmation d’une poli­tique de Réussite éduca­tive qui consiste en par­ti­cu­lier à sou­te­nir et à mettre en œuvre des actions de sou­tien per­son­na­lisé, de pré­ven­tion des dis­cri­mi­na­tions et de pro­mo­tion de l’égalité". Ensuite, la loi de refon­da­tion de l’école "qui affirme clai­re­ment les droits de l’enfant", en par­ti­cu­lier le devoir de "l’accueillir, quelle que soit son ori­gine". Enfin, "la refon­da­tion de la poli­tique d’égalité répu­bli­caine et d’intégration lan­cée par le Premier ministre", impul­sée par une feuille de route adop­tée le 11 février dernier.

Ces trois axes de tra­vail s’appuieront sur une meilleure for­ma­tion ini­tiale et conti­nue des ensei­gnants per­son­nels éduca­tifs en matière de lutte contre les dis­cri­mi­na­tions, un ren­for­ce­ment de la coopé­ra­tion entre les parents et l’école, la réforme de l’éducation prio­ri­taire, et une décons­truc­tion des "orien­ta­tions sté­réo­ty­pées et des méca­nismes d’autocensure qui biaisent les par­cours sco­laires et professionnels".

Extrait de vousnousils.fr du 24.03.14 La lutte de George Pau-Langevin contre la discrimination à l’école

 

L’école face aux discriminations
Discours de George Pau-Langevin du 21/03/2014

George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la réussite éducative, s’est exprimée sur le thème "L’école face aux discriminations", dans une tribune publiée le vendredi 21 mars 2014 sur l’Huffington Post.

En cette période où s’affichent volontiers instinct de transgression et volonté de rupture avec les valeurs humanistes, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale s’avère salutaire. Pilier du modèle républicain, l’École a vocation à protéger les enfants de ce mal.

Il faut rendre hommage aux dizaines de milliers de professeurs qui transmettent aux jeunes dans toute leur diversité, la beauté de la langue et de la culture françaises, mais aussi les principes et les valeurs de la République. La réussite de tous les élèves, sans distinction, dépend de leur engagement.

Pourtant, l’espace scolaire n’échappe ni aux préjugés véhiculés par la société, ni aux pratiques qui même involontairement sapent le principe d’égalité républicaine. Source d’un espoir d’émancipation et de mobilité sociale, l’École est aussi le lieu même involontaire de traitements inégalitaires. L’institution scolaire est confrontée à un croissant sentiment de défiance chez des enfants issus de l’immigration qui la jugent injuste et discriminante à leur égard. Ainsi, les derniers résultats de l’enquête "Pisa" (produite par l’OCDE) révèlent une plus faible performance des élèves issus de l’immigration, à milieu social équivalent. Ils sont en effet "au moins deux fois plus susceptibles de compter parmi les élèves en difficulté". Même après la prise en compte du critère lié à l’origine socio-économique, leurs résultats en mathématiques sont inférieurs à ceux des autres jeunes. Les autres pays de l’OCDE parviennent mieux à gérer l’accès au savoir de publics hétérogènes.

C’est pour répondre à cette réalité que le gouvernement a impulsé trois axes politiques novateurs. :


- D’abord, l’affirmation d’une politique de Réussite éducative qui consiste en particulier à soutenir et à mettre en œuvre des actions de soutien personnalisé, de prévention des discriminations et de promotion de l’égalité, en partenariat avec l’ ACSE et d’autres institutions, mais aussi à expérimenter de nouvelles pratiques pédagogiques.

- Ensuite, la loi de refondation de l’école qui affirme clairement les droits de l’enfant : l’accueillir, quelle que soit son origine conformément à l’article L131-1 du code de l’éducation ; lui transmettre, à travers l’enseignement moral et civique, un socle de valeurs communes : la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité, la laïcité, l’esprit de justice, le respect, l’égalité entre les femmes et les hommes et l’absence de toutes formes de discrimination ; lui garantir une égalité réelle dans les parcours et l’orientation.

- Enfin, la refondation de la politique d’égalité républicaine et d’intégration lancée par le Premier ministre a donné lieu à une feuille de route adoptée le 11 février dernier. Cette initiative traduit une prise de conscience par les plus hautes autorités de la République que si l’intégration est acquise pour des millions d’hommes et de femmes qui font des études, travaillent, participent à la vie sociale, économique culturelle et politique de notre pays, en revanche il faut traiter les failles du processus qui peuvent chez certains, et notamment dans une partie de la jeunesse semer le doute sur la force de notre modèle républicain.

Le plan de refondation de l’intégration prévoit ainsi plusieurs mesures essentielles pour l’école :

- développer la formation initiale et continue des personnels éducatifs en matière de lutte contre les discriminations ;
- améliorer la coopération entre les parents et l’institution scolaire, car dans l’intérêt de l’enfant, les parents ne sauraient être mis à distance du fait de leur origine réelle ou supposée, ou encore de leur religion ;
- s’appuyer sur la réforme de l’éducation prioritaire pour lutter contre les inégalités scolaires ;
- déconstruire les orientations stéréotypées et les mécanismes d’autocensure qui biaisent les parcours scolaires et professionnels.

Les agents de l’éducation nationale, acteurs essentiels de la vie scolaire doivent être dotés d’un savoir faire utile face à un public hétérogène, et être accompagnés pour y faire face. Ainsi les nouveaux cahiers des charges de la formation des enseignants et des autres personnels de l’éducation, précisent que ces derniers "font partager les valeurs de la République" et "prennent en compte la diversité des élèves". Ils doivent fournir les outils nécessaires à la compréhension des discriminations.

Ce programme d’action traduit l’engagement fondamental d’un quinquennat présidentiel placé sous le sceau de la jeunesse. Nombre de politiques initiées par nous depuis vingt mois, prennent ainsi tout leur sens, car elles concernent souvent ces jeunes modestes, issus de l’immigration, qu’il s’agisse de la réforme de l’éducation prioritaire, de la lutte contre le décrochage scolaire, ou d’une meilleure coopération entre les parents et l’institution scolaire.

Après la scolarité, pour leur assurer un accès à l’emploi plus équitable, figurent aussi dans cette feuille de route des mesures réclamées depuis longtemps par le monde associatif et les progressistes : ainsi les méthodes de recrutement par compétences et non principalement par diplômes, ou la généralisation du label diversité dans les administrations.

Ce programme d’action traduit l’engagement fondamental du quinquennat placé sous le sceau de la jeunesse. Il nous revient à chacun, dans nos responsabilités respectives, de le faire vivre.

Extrait du site education.gouv.fr du 21.03.2014 : L’école face aux discriminations

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