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Comment faire venir les parents qu’on ne voit jamais ? (Extraits du dossier du Café pédagogique du 28.09.12)

1er octobre 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Comment parents et enseignants pourraient-ils faire alliance dans l’intérêt des enfants ? Dominique Sénore, directeur adjoint d’IUFM, regroupe dans ce petit livre [Dominique Sénore (dir.), Parents et profs d’école, De la défiance à l’alliance, Chronique sociale, Lyon, 2009, 128 p.] à la fois des pratiques de terrain, notamment celles de stagiaires, des analyses d’experts et des regards extérieurs : ceux de parents, de pédagogues.

[...] Comment signifier aux parents qu’ils sont bienvenus ? Et comment faire venir ceux qu’on ne voit jamais ?

Faire venir les parents « qu’on ne voit jamais » est assurément la tâche la plus difficile. Je crois que les propositions présentées dans le livre, les témoignages des enseignants mais aussi les regards croisés et l’enquête inédite présentée à la fin de l’ouvrage, offrent des pistes très prometteuses qui pourront aider les collègues enseignants dans les écoles. On ne peut échanger qu’avec des personnes avec lesquelles on partage un projet commun ! Aussi, est-il vain, nous le savons et cela est démontré maintenant (lire l’enquête de Georges Fotinos et l’article de Jacqueline Costa Lascoux), de croire que les parents franchiront le portail de l’école uniquement pour entendre des consignes et des remontrances…

Si nous ne leur proposons pas des objets de travail et de réflexion, ils resteront sur le trottoir, à la porte de l’école. Aussi, aborder avec eux la question de l’aide aux devoirs (interdits mais qui persistent) ; proposer de tester les sites Internet à éviter et ceux à conseiller ; présenter des jeux vidéos et expliquer en quoi ils peuvent être nocifs ou, au contraire intéressants ; réfléchir à l’impact des publicités vues à la télé et discuter des programmes visibles pour mieux les sélectionner ; expliquer la différence entre apprendre par cœur et savoir une leçon ; informer sur ce que l’on entend par « relis bien ce que tu as écrit » et dire ce que l’on en attend ; etc., sont autant d’activités qui peuvent « faire venir les parents » dans les écoles (lire les propositions de Sylvain Grandserre et de Philippe Meirieu).

Il ne faut pas oublier aussi le travail et l’implication des collectivités territoriales et de tout le tissu associatif qui devraient pouvoir utiliser, sous certaines conditions, les locaux quand ils sont libres…

Parents et profs : défiance ou alliance ?

 

Mais toutes se difficultés font qu’on peut de moins en moins séparer les deux rôles de l’Ecole : instruire, mais aussi former pour transformer.

Or, les enquêtes [du sociologue Pierre Périer] lui montrent que si les familles ont conscience de l’enjeu scolaire, si elles élèvent leurs ambitions , si elles perçoivent l’attente de l’école, elles ne savent pas toujours comment y répondre, trouver la "bonne distance" avec les enseignants. "Il suffit de regarder ce qui se passe à la sortie de l’école pour observer comment chacun trouve -ou non- sa place". Donc, il lui semble que l’attente légitime de respect et de reconnaissance mutuels nécessite d’être formalisée dans des accords explicites.

En effet, souligne-t-il, le respect des règles et des valeurs, de la soumission à l’autorité est très rarement remis en cause par les parents. Mais à l’inverse, ils attendent généralement que lorsque leur enfant est à l’école, sous la responsabilité des enseignants, c’est à ceux-ci qu’il incombe d’instruire et de régler les problèmes éventuels. Réagissant "au coup par coup", sans vision stratégique, les parents des familles populaires espèrent que l’Ecole ne fasse pas appel à elles, et se cantonnent souvent à une position d’attente : "si on a besoin de nous, qu’on nous le dise...".

Dans ce contexte, le chercheur pense qu’il n’est pas étonnant que ces familles n’osent pénétrer le monde scolaire, peinent à s’y sentir légitime, même quand l’Ecole réclame explicitement de "rencontrer les familles" : de quoi peut-on parler ? à quelle heure ? pour quoi faire ? En tout état de cause, ce questionnement de la "norme" de l’association école-parent entraine, plus qu’un malentendu, un "différend" qui nécessite à coup sûr "explicitation et négociation pour que le partage des rôles entre famille et école soit réellement organisé".

Extrait de cafepedagogique.net du 28.09.12 : Pierre Périer : les familles populaires face à l’école.Trouver la bonne distance ?

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