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Thèse sur l’évolution de l’éducation populaire à Peuple et culture : "Elite populaire : de l’éducation populaire à l’égalité des chances", par Stéphanie Coiffier, Paris V, 2010

30 janvier 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Elite populaire : de l’éducation populaire à l’égalité des chances

COIFFIER Stéphanie

Date de soutenance : 2010

De nombreuses questions se posent sur la construction des élites, notamment au sujet des enjeux de la démocratisation de la culture et de l’éducation. Pour qu’une élite issue du peuple puisse apparaître, la société doit être suffisamment ouverte afin que les individus ne soient pas dépendants de leurs conditions sociales d’origine.
Pour les mouvements d’éducation populaire, comme Peuple et Culture, la création d’une élite passe par une méthode pédagogique active s’appuyant sur une mise en commun de la culture et sur l’utilisation du temps libre. Elle est nécessaire pour éviter l’aliénation et la manipulation des masses.
À la fin des années quatre-vingt, on assiste à un changement de modèle concernant la construction d’une élite populaire. Permettre une ascension sociale aux couches populaires est devenue une nécessité politique et une revendication sociale. Le thème de l’égalité des chances est privilégié.
Des programmes de discrimination positive sont mis en place. Soutenir les jeunes des quartiers sensibles à travers la réussite éducative se présente comme une priorité pour la promotion sociale des individus. Nous pouvons nous questionner sur la composition de ces élites, apparues dans les processus de transformation sociale et sur ce qu’elles représentent. Peut-on comprendre l’éducation populaire et l’égalité des chances comme des modèles théoriques pour l’inscription dans les représentations et le corps social d’élites issues de l’ensemble de la stratification sociale ?

Extrait de sudoc.abes.fr

Extrait de ens-lyon.fr : Veille et analyses

 

L’analyse de la thèse par Tout Educ

Pourquoi et comment la discrimination positive et l’égalité des chances ont-elles remplacé "le modèle humaniste sous-jacent aux propositions de l’éducation populaire" ? C’est le thème d’une thèse soutenue en sociologie à Paris-V par Stéphanie Coiffier.

L’auteure remarque qu’une société démocratique suppose, "idéalement", un partage des pouvoirs et donc sur une certaine mobilité sociale. "Si la démocratie est faite par le peuple et pour le peuple, alors l’utopie sociale est d’être fondée sur la compétition libre de l’accès aux élites", même si cette égalité "reste souvent illusoire".

Elle s’attache à décrire le fonctionnement du réseau d’associations d’éducation populaire, "Peuple et Culture", de l’après-guerre au début des années 80, et montre combien il diffère de celui des PRE (projets de réussite éducative). "Cette association de lutte contre les inégalités culturelles et pour le droit au savoir tout au long de la vie présente souvent les autodidactes comme des figures modèles de réussite" tandis que "dans les dispositifs de réussite éducative, on propose aux jeunes un plan d’action pour corriger leurs faiblesses et combler les manques (...) L’éducation est une nouvelle fois mise à l’honneur, car elle reste présentée comme la voie royale de la promotion sociale des individus." Mais ces dispositifs, fondés sur la discrimination positive "sont-ils favorables à la création d’une élite populaire" ?

Pour l’éducation populaire, l’émancipation de l’individu "rejaillira de manière bénéfique sur le corps social", chacun développe sa propre sensibilité. "On part donc du principe qu’il existe un pouvoir immanent de la culture permettant la pleine réalisation de l’être". Au contraire, la réussite éducative "étaye l’individu pour permettre l’extraction sociale (...) Il est surtout question d’indiquer les normes à suivre et les codes de conduites pour intégrer/posséder une place sociale. (...) Une fois le parcours abouti, la place sociale acquise, la réussite atteinte, il n’est pas évident que les jeunes promus deviennent, et souhaitent devenir, des moteurs, ou les représentants de leurs milieux."

Stéphanie Coiffier évoque une société "optimiste, sûre d’elle. Les intellectuels ne sont pas en crise, ils croient en la possibilité de transmettre des valeurs collectives" et, aujourd’hui, une société qui "est dans la crainte", qui "se rassure en mettant en exergue quelques réussites", qui "doute de la possibilité de créer des valeurs collectives" et où "les élites se disputent la promotion d’un modèle unique de vérité".

Dès lors, "on ne se soucie pas du développement de la sensibilité des individus" et "la valeur travail est surinvestie par les cadres sociaux qui entourent les jeunes (...) Avec Peuple et Culture, le temps sans travail était recherché pour réaliser un développement personnel."

Cette thèse, "Elite populaire, de l’éducation populaire à l’égalité des chances" est signalée par le service de veille de l’Ifé (ici). Elle devrait être prochainement publiée par L’Harmattan.

Extratid e touteduc.fr ) du 27.01.12 : "Peuple et Culture" et la réussite éducative, deux visions de la constitution d’élites populaires (thèse)

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