Merci à François-Régis Guillaume d’avoir réagi à mon commentaire : j’ai déjà lu sur ce site des textes de sa main et je sais combien ses propos sont solides.
Nous sommes bien d’accord sur le caractère très positif de cette relance, je commençais d’ailleurs mon propos par « Tout ce texte me semble excellent ». Vous exposez une argumentation à laquelle je souscris.
Cela dit, restent tous ces territoires dits « prioritaires » qui n’ont rien à voir avec l’éducation prioritaire, qui polluent ce dispositif et qui souffrent d’un étiquetage. Ce sont 2/3 des 1 189 territoires prioritaires actuels (voir tous les rapports successifs de l’ONZUS). Depuis 1999, on considère « prioritaire » les zones de recrutement des collèges où il y a beaucoup d’élèves de milieu populaire. C’est absurde et dangereux.
J’ai participé cette semaine à un « stage ZEP » où se trouvaient des enseignants d’un RRS qui n’a rien à voir avec l’éducation prioritaire. Les enseignants sont convaincus de travailler dans une zone défavorisée alors que c’est un quartier populaire représentatif de la France ordinaire, convaincus que leurs élèves sont particuliers (puisqu’en ZEP), hors normes et souffrant de différentes pathologies éducatives et sociales (on en revient au handicap social de 1965). Ils travaillent sérieusement mais, à mon avis, s’estiment dans une situation irréelle.
Il y a déformation de la réalité. C’est grave :
– pour la scolarité de ces élèves à qui l’on plaque l’étiquette « élève de ZEP » avec tous les fantasmes que cela implique,
– pour les enseignants, à qui l’on fait croire qu’ils sont dans une situation professionnelle déplorable (et qui réclament évidemment des indemnités),
– pour l’environnement, à qui l’on montre du doigt l’école et le collège publics de façon négative, renforçant les fuites vers le privé,
– par les illusions de moyens supplémentaires qui ne pourront arriver vite (2017 ! )
– par le sentiment d’usurpation que cela entraîne chez les jeunes militants de zones véritablement défavorisées qui voient avec effarement une liste de quartiers prioritaires dans des communes fort riches.
La question est de savoir ce qu’est l’éducation prioritaire.
S’il s’agit de distribution inégale de moyens, comme on est toujours plus pauvre qu’un autre, tous les territoires sauf Neuilly-sur-Seine peuvent être en ZEP. Si c’est cela, reprenons l’idée de M. Obin (1990 : c’est vieux !) de doter tous les collèges et toutes les écoles de France proportionnellement à la richesse locale indiquée par les déclarations annuelles des revenus. Plus d’éducation prioritaire, ça simplifie la question, et on peut se parer de la vertu d’équité.
En revanche, si l’éducation prioritaire est une politique de projets territoriaux de réussite scolaire pour des écoles et des collèges où l’Education nationale ne parvient pas – de façon massive et manifeste – à remplir l’essentiel de ses missions, en particulier des sorties positives du système éducatif (un diplôme, un emploi possible), alors le nombre de REP doit se limiter aux REP+ annoncés.
Evidemment, une grande souplesse doit régir l’application de cette évidence et le temps doit être long pour que les transformations se fassent sans trop de douleur. Mais l’annonce du maintien de la carte scolaire actuelle de l’éducation prioritaire est consternante : on reste dans l’erreur et le mensonge.
François-Régis Guillaume pense possible la coexistence d’un réseau REP+, dont la nécessité est incontestable, avec un réseau REP dont la suppression est, à mes yeux, aussi incontestable. Je sais son attachement à l’éducation prioritaire et respecte donc sa position. Je regrette néanmoins que l’OZP n’ait pas mis une 6ème condition à la réussite de ce plan si nécessaire : c’était mon propos initial.
Aller les jeunes des quartiers de relégation il faut recommencer novembre 2005 les violences en moins et les profs et les éducs en plus il faut mettre hors-la-loi tout ces profiteurs de la politique ville et des ZEP si on dit rien on n’aura rien AC ! les profiteurs !
D’accord pour une éducation prioritaire à 2 étages !
D’une part, les 350 réseaux les plus difficiles. Demander un pilotage fort, le suivi des projets pédagogiques,un accompagnement dense, une politique active de ressources humaines (trouver et affecter sur les fonctions de pilote, de coordonnateur et de professeur référent les personnes les plus aptes), cela ne peut se réaliser que dans un dispositif resserré qui mobilise l’encadrementainsi que les moyens de formation. Et c’est bien ce que prévoit le plan de refondation.
D’autre part, environ 700 réseaux qui ne bénéficient pas actuellement de ressources supplémentaires extra ordinaires:un coordonnateur et 2 élèves en moins par classe, en moyenne. Le ministre leur promet d’ici 2017 (comme aux 350 REP+)un accueil plus fréquent à 2 ans en maternelle et dans chaque école un maître de plus que le nombre de classes. En quoi cela pourrait-il contrarier l’impulsion donnée au coeur de l’éducation prioritaire ?
Votre critique rejoint-elle celles qui ne voient de salut que dans la diminution massive du nombre d’élèves par classe ? L’important dans ce plan, c’est l’entrée par la pédagogie, le choix de "la transformation des pratiques et des organisations pédagogiques et éducatives". Pour cela les 350 REP+ qui bénéficient déjà depuis 2006 de 4 professeurs référents, devront recevoir l’appui persévérant de toute l’institution et mobiliser leurs équipes. C’est là que se jouera la réussite de la refondation.
François Régis GUILLAUME
FC a raison mais il va être déçu :
il a raison, évidemment, et c’était jusqu’ici la position de l’OZP si j’ai bien lu. Peut-être l’OZP n’estime-t-il plus que la réduction de la carte de l’éducation prioritaire est une nécessité ?
FC va être déçu si j’en juge par les déclarations de François Lamy le ministre de la ville
http://www.ozp.fr/spip.php?article14750
rapportées sur ce site et l’article du "Monde" de ce matin
dont j’extrais ces phrases :
"L’ambition affichée par M. Lamy n’était pas mince : permettre aux quartiers populaires défavorisés de retrouver les mêmes atouts que les quartiers plus privilégiés. On en est loin car d’abord la cure d’amaigrissement annoncée n’a pas eu lieu : les 500 puis 1 000 quartiers "vraiment prioritaires" sont devenus 1 350. Selon l’aveu de François Pupponi, député PS du Val-d’Oise et rapporteur du projet de loi, peu de quartiers sortiront du dispositif. Le lobbying des maires, peu désireux, à moins de 3 mois des municipales, de voir leur ville sortir de la carte des quartiers prioritaires, a eu raison de la volonté de concentration proclamée par le ministre."
Le lien entre les cartes du ministère de la ville et de l’Education nationale n’arrangera donc rien.
Les détenteurs de ces cartes, après avoir souligné depuis 1 an et demi la nécessité de réduire leur carte prioritaire se sont dégonflés devant les maires, pour le 1er, et devant les syndicats d’enseignants, pour le second.
Dans le même journal un sondage montre que les Français font de moins en moins confiance au Gouvernement et réclament une autorité forte au sommet de l’Etat. Cette affaire de carte des REP leur donnera un motif supplémentaire pour le penser.
L’OZP a écrit "Ce plan rend possible une refondation. Celle-ci ne sera réelle que si..." et poursuit avec 5 conditions. Tout ce texte me semble excellent sauf qu’il manque une 6ème condition.
Il s’agit du nombre de REP et REP+.
Si le nombre reste le même, si l’on conserve ces centaines de territoires classés "prioritaires" où rien de particulier ne se passe et où l’étiquetage est négatif pour les élèves et les profs...
Si les crédits continuent à être dilués dans des centaines de collèges et des milliers d’école où ne se posent que des problèmes normaux d’adaptation du système scolaire aux élèves de milieux populaires (problèmes à résoudre dans un cadre général mais pas sous le terme "prioritaire")...
Si l’on maintient le nombre délirant, absurde, politiquement immoral, financièrement intenable, mensonger, dangereux (on est passé de 350 à 558 puis à 1 189 zones)...
Si l’on ne concentre pas sur un petit nombre de réseaux où les missions essentielles de l’Education nationale ne parviennent pas se réaliser, quel que soit le travail des enseignants...
Alors toute cette relance sera inutile ou, tout au moins, freinée et décevante.
Espérons que l’alignement sur la carte de la politique de la ville (si celle-ci procède à cette concentration nécessaire sur les quartiers en très grande difficulté) sera, en avril prochain, sera forte.
Tout le monde peut s’estimer "le pauvre" du voisin, on trouve toujours plus favorisé que soi. Il est de la responsabilité de l’Etat de sortir de la dérive mortifère de 1999 où n’importe quel territoire a pu entrer dans le dispositif prioritaire, trompant enseignants et parents d’élèves.
Pour le moment, la diminution nécessaire à la moitié ou aux 3/4 du nombre de territoires concernés ne semble pas être décidée. L’application du plan de relance aura à le faire !
Bravo pour le travail d’annonce : 18 / 20.
Maintenant, il faut une même note pour la mise en œuvre.
Bon courage !
à France-Inter ce matin 8 h, on a dit qu’on allait "créer des REP, réseaux d’éducation prioritaire, nouveau sigle de l’éducation prioritaire". Est-ce vrai ? ça n’a pas l’air le cas à première vue de ce texte.
Enfin ! Depuis le printemps 2012 on se demandait ce que deviendrait l’éducation prioritaire. On avait déjà eu des indices avec la petite augmentation des classes de 2-3 ans après 10 ans de baisse. A première vue, c’est positif, il va falloir examiner ça en détail.
Comment peut-on prendre les con-tribuables pour de tels abrutis ; Je cherche a remplir un formulaire 1447 et veux simplement savoir si je suis dans une ZFU, une ZRU, ou un bassin d’emploi à redynamiser (terme officiel utilisé dans le formulaire).
Je dois être con(tribuable) : j’ai déjà du mal a comprendre pourquoi il faut cocher les cases alors que les personnes qui traitent les dossiers connaissent tout cela mieux que moi. Je dois être encore plus con(tribuable) puisque je ne comprends pas si le BASSIN d’EMPLOI a redynamiser, c’est pareil que la ZONE de revitalisation urbaine (ZRU).
Je dois être définitivement con(tribuable) car je ne parviens pas a trouver de carte simple, je tombe sur des milliers de pages de ce genre oui l’on explique que DE PLUS selon que l’on est en 2011, en 2006 ou dans un futur compromis, ce n’est pas pareil.
Quel fatras......
Quelle accumulation de dispositifs couteux induisant la nécessité d’un nombre de fonctionnaires et de personnel territoriaux imposant, avec une valeur ajoutée nulle....
En réponse au mot ’fatras’, je n’ai jamais vu un résultat (de travail, de recette, de congrégation, etc) tiré d’un seul élément. Alors, laissons l’architecture aux architectes et occupons-nous de notre responsabilité en rendant un résultat bien calibré, bien ciblé pour qu’il puisse servir à un mélange plus fructueux plus loin dans le convoi. La terre est bien composée de grains de sable ? Hein ? Cordialement, JA
En réponse à la remarque sur l’incompréhensible et la critique sur l’efficacité, je dis ’ce que l’on ne comprends pas, est-ce que l’on peut condamner ? Laisser faire les cerveaux en collectif. Cela, c’est aller de l’avant. Cordialement, JA
Une très bonne initiative de la part de la ville de Nantes.
L’accompagnement éducatif et pédagogique est un réel plus pour les étudiants de première année, puisque certains sont souvent livrés à eux même, sans réelle aide extérieure lorsqu’ils arrivent en résidence étudiante.
P.S. : Il faudrait corrigé le titre de l’article de Ouest France, car c’est un peu péjoratif d’oublier le "r" a boursiers :)
Il me semble que 1,1 heure ne fait pas 1h10 mais 1h06. Non !
Très intéressantes ces propositions mais je ne m’y retrouve pas. Etant coordonnateur RRS , je ne me sens plus du tout considérée comme une enseignante : je n ia pas droit à la prime ZEP et pourtant je travaille en plein dedans (93), je n’ai pas droit à la nouvelle prime ASAE qui sera versée aux "autres", apparemment je n’aurai pas droit à la décharge de temps horaire, ni le passage en hors classe facilité...Qui suis je ?Et pourtant je suis face élèves régulièrement, je mène des projets avec des enseignants et des élèves ...Si je rendais mon tablier je pense que beaucoup d’actions ne pourraient se réaliser.J’aime ce que je fais, mais je ne comprends pas pourquoi cette institution sépare les personnels.Je vais peut être regarder pour aller travailler ailleurs !
Chic chic chic ! Enfin du temps ! Cent réseaux : lesquels ???