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Nouvelle baisse des recrutements au Capes. Baisse également dans le primaire, notamment dans les académies de Créteil et Versailles (Le Café)

20 mai Version imprimable de cet article Version imprimable

Recrutement : La crise touche aussi le premier degré
Alors que JM Blanquer évoque fréquemment la "priorité au primaire" et les créations de postes dans le premier degré, les premiers résultats des concours montrent que tous les postes ne seront pas pourvus en 2021. Créteil et Versailles, les deux académies comptant le plus d’établissements en éducation prioritaire, sont en déficit alors que le nombre de postes proposés y est plus faible cette année.

Les résultats d’admissibilité au concours externe des professeurs des écoles montrent que tous les postes proposés ne pourront être remplis. Ainsi à Créteil 1420 postes sont proposés mais on ne compte que 1322 admissibles. A Versailles il y a 1508 admissibles pour 1408 postes proposés.

Le ministre a pourtant baissé le nombre de postes offerts. Globalement 8684 postes sont proposés au concours externe de professeur des écoles en 2021. C’est nettement moins qu’en 2020 ou 10 241 postes étaient proposés. En 2017 ils étaient 11 722.

Créteil et Versailles seront touchés également par la baisse du nombre des postes des concours spéciaux, censés rattraper le déficit du concours normal. En 2020 500 postes spéciaux étaient prévus pour Créteil et 200 pour Versailles. En 2021 le concours de Versailles est supprimé et seulement 300 postes sont prévus pour Créteil.

" L’école primaire sera ma priorité absolue jusqu’à la fin du quinquennat. Elle se traduira par un budget accru et par une action pédagogique que je souhaite toujours plus efficace", avait écrit aux professeurs JM Blanquer, à la veille d’une manifestation, en mai 2019.

En réalité en diminuant le nombre de postes mis aux concours il décourage les étudiants à s’engager dans une voie par ailleurs mal rémunérée. Là aussi la parole ne correspond pas aux actes.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 18.05.21

 

Capes : Le recrutement à nouveau en berne en 2021
2021 devrait voir une nouvelle chute dans le recrutement des enseignants. Alors que 331 postes n’avaient pas trouvé preneurs en 2020, on s’oriente vers bien davantage en 2021 si on en croit les premiers résultats de l’admissibilité. Parmi les disciplines où les enseignants vont manquer, il faut souligner l’allemand, les lettres classiques, numérique informatique et probablement les maths. La "revalorisation" Blanquer n’a pas d’impact sur les inscriptions et les résultats du concours.

Des disciplines en déficit

Les premiers résultats du capes externe sont publiés. Ils montrent un déficit d’enseignants déjà certain dans plusieurs disciplines et probables dans d’autres.

Ainsi en lettres classiques seulement 84 candidats sont admissibles pour 134 postes offerts. A coup sur il y aura encore cette année des postes vacants. Le nombre d’inscrits est stable par rapport à 2020. En lettres modernes on compte 1293 admissibles pour 810 postes et la situation est meilleure.

En allemand on n’a que 177 admissibles pour 222 postes proposés. Là aussi le nombre d’inscrits est resté stable par rapport à 2020 et la moitié des postes ne devraient pas être pourvus cette année encore.

En maths 1705 admissibles sont proposés pour 1167 postes offerts. Il y a eu dans cette discipline une légère hausse des inscrits : 3901 en 2021 contre 3652 en 2020. Cela suffira t-il à remplir les postes ? Ce n’est pas certain dans une discipline où la moitié des candidats présents sont éliminés. L’année dernière seulement 972 candidats ont été reçus pour 1200 postes offerts.

Au capes numérique c’est la dégringolade chez les candidats. 1118 inscrits en 2020 et seulement 655 en 2021. On compte 145 admissibles pour 60 postes dans une discipline où seulement 10% des présents ont été retenus en 2020.

Des concours moins attractifs

Cette situation résulte d’une chute de l’attractivité des concours. En 2021 le capes externe ne compte que 30494 candidats inscrits contre 30 797 en 2020 et 33 490 en 2019. La désaffection pour les métiers de l’enseignement perdure en 2021.

Comment expliquer cette situation ? Le ministre a beaucoup communiqué sur la revalorisation des enseignants. Du coup les candidats savent encore mieux qu’avant à quoi s’attendre. La modeste revalorisation en tout début de carrière ne cache plus l’écart de rémunération avec les carrières de la fonction publique ou du privé. Elle n’occulte pas l’absence de revalorisation pour les deux tiers des enseignants pour qui l’effort ministériel se résume à 150€ par an.

Les étudiants sont aussi sensibles à l’inversion de tendance qui a lieu depuis l’alternance de 2017 en ce qui concerne le nombre des postes proposés. Après des années où l’Education nationale a cherché à recruter un nombre important d’enseignants et crée 60 000 postes, on est passé à une chute brutale des postes proposés dans le 2d degré. L’Education nationale proposait 7315 postes au capes externe 2017, 7200 en 2015. Elle n’en propose plus que 5490 en 2020 et 5441 en 2021. Pour que les étudiants s’orientent vers les masters enseignement et se présentent aux concours il faut leur garantir des débouchés. Sans cela il est difficile de les faire entrer dans un tunnel de formation de 2 années.

La réforme de la formation des enseignants devrait dégrader davantage encore la situation. Les étudiants en master meef peuvent encore en 2021 devenir fonctionnaire stagiaire pour leur seconde année de formation et être rémunérés. Cette possibilité va disparaitre. Les futurs professeurs seront des étudiants ordinaires durant les deux années de master avec la possibilité d’avoir des stages rémunérés. Leur situation matérielle va encore se dégrader. L’écart entre le niveau exigé (master + concours plus sélectif) et la rémunération offerte ne peut qu’éloigner du métier davantage de candidats. La disparition du statut de fonctionnaire stagiaire va jouer particulièrement contre les candidats venus de milieu populaire.

Tout cela n’arrive pas par hasard. La loi de transformation de la fonction publique renforce l’appel aux contractuels. Leur part dans l’éducation nationale ne cesse d’augmenter. Ils sont passés de 8% à 14% des professeurs du 2d degré en 10 ans. C’est une révolution par étapes qui est en train de se faire.

François Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 17.05.21

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