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Essonne : un collège et un lycée en ZEP demandés par les parents d’élèves

7 septembre 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Parisien » du 06.09.07 : Rentrée : on se bouscule pour s’inscrire dans les cités !

L’assouplissement de la carte scolaire voulu par le gouvernement avait fait craindre une désertion des établissements situés en zone dite sensible. Surprise : c’est plutôt le phénomène inverse qui a été observé cette année pour la rentrée en Essonne. Le lycée Robert-Doisneau de Corbeil et le collège des Pyramides, à Evry, font ainsi partie des établissements les plus demandés.

Le premier a reçu 110 demandes de dérogation et en a accordé 90. Le deuxième accueille 27 élèves supplémentaires et a ouvert une nouvelle classe pour faire face à cette augmentation d’effectifs. Un paradoxe ? Pas vraiment, quand on connaît le dynamisme qui règne dans les équipes éducatives de ces établissements.

« Il y a chez nous plein de jeunes profs, qui sont très motivés et qui font un excellent travail »

« Il y a chez nous plein de jeunes profs, qui sont très motivés et qui font un excellent travail, se félicite Colette Cassili, la principale du collège des Pyramides. Au fil des ans, notre équipe a réussi à se faire identifier et respecter par les élèves, ce qui engendre un sentiment de sécurité entre nos murs, et nous permet de travailler dans de bonnes conditions. » En moins de dix ans, le collège à la réputation sulfureuse, implanté au coeur de la cité des Pyramides, a totalement transformé son image. Le bouche-à-oreille a fonctionné dans le quartier et la majorité des familles souhaitent désormais y inscrire leurs enfants même s’ils sont affectés au collège du Village.

La tendance s’explique aussi par les filières innovantes mises en place aux Pyramides et au lycée Doisneau, planté juste en face du quartier des Tarterêts. Ce dernier a noué des partenariats avec l’école Sciences-po de Paris mais aussi avec Polytechnique ou l’INT (Institut national des télécommunications) d’Evry, offrant ainsi de vraies voies royales à ses meilleurs éléments. Résultat : des habitants de villes cossues comme Saintry-sur-Seine n’hésitent pas à contourner la carte scolaire pour s’y inscrire. Du côté des Pyramides, ce sont les classes sport-études (gymnastique rythmique, rugby) ainsi que des options originales, qui dynamisent le collège et renforcent sa bonne réputation. « L’an dernier, j’étais dans la classe nature, j’ai fait plein de sorties autour des sciences, c’était super-intéressant », témoigne Jennifer, une élève de quatrième.

Au-delà des choix pédagogiques, ce sont aussi les moyens financiers et humains qui font la différence. Robert-Doisneau, comme les Pyramides, sont classés en zone d’éducation prioritaire (ZEP), et bénéficient donc de quelques coups de pouce, au niveau du matériel et des effectifs. « On a trois salles de multimédia, où les élèves peuvent accéder à l’Internet, poursuit Colette Cassili. Beaucoup de jeunes n’ont pas d’ordinateur chez eux, donc ils sont vraiment contents d’en profiter en classe, c’est devenu un outil de travail incontournable. »

C’est cette différence de moyens qui explique probablement le recul du lycée Georges-Brassens, à Courcouronnes, qui n’est pas classé en ZEP et qui a, lui, perdu 40 élèves cette année. En plein quartier du Canal, il peine à se débarrasser de sa mauvaise réputation, et malgré leurs efforts, les enseignants n’arrivent pas à infléchir la tendance. « C’est un cercle vicieux, déplore Michel Galin, professeur de physique-chimie à Georges-Brassens. Les bons élèves ont peur de venir, le taux de réussite au bac baisse, et les bons élèves veulent encore moins venir. »

Myriam Levain

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